Guerres des égos et des « justes »

Qu’y a-t-il de pire et de plus dangereux que les guerres des « égos » et des « justes » ?

Ce sont pourtant de telles guerres qui empoisonnent aujourd’hui la vie internationale occidentale. L’égo d’un chef américain se mesure à celui d’un chef français soutenu par ses alliés allemand et anglo-saxon et par les cheffes de la Commission et de la diplomatie européennes. Quant aux justes, ce sont tous ceux qui revendiquent le titre de « défenseurs du bien » contre « le mal ». Certains le font – ô trahison ! – au nom de la religion (et il n‘y a certes pas que le chef américain qui soit dans ce cas, car le christianisme n’est pas la seule religion récupérée par les chefs politiques !) ; d’autres agissent au nom de leur civilisation « des droits de l’homme », inspirée certes du christianisme, mais aplatie par une laïcisation qui en a fait une arme d’auto-justification au lieu d’une force de paix. Tous se prévalent d’une démocratie dont ils ignorent splendidement les exigences réelles.

Comment sortir de ce choc des égos et de cette auto-glorification des « justes » qui rendent vains ou presque dangereux tout essai de discussion raisonnable, toute tentative de règlement réfléchi ? Pour ces chefs malades de leur autosatisfaction, les morts ne comptent pas. Ils sont prêts à envoyer « les enfants de leur Pays » se battre – même éventuellement contre leurs frères – donc risquer de se faire tuer, pour assurer le triomphe de leur conception du juste et du bon. Ils rêvent d’être des « chefs » couronnés de victoire, fût-ce aux dépens des peuples dont ils sont responsables et qu’ils ne savent souvent plus comment conduire. Certains sont assez aveugles pour prétendre au Nobel de la paix (entre nous, si on le leur remettait et que je l’eusse reçu précédemment, je renverrais le mien car je considérerais que ce prix n’est donc qu’une farce !).

Il faut avoir la culture, la lucidité et la force de caractère des humbles pour être un bon chef d’Etat et pouvoir contribuer à la paix. Autrefois, la neutralité de la Suisse pouvait y aider.

 

 

 

 

 

 

Silence ou diplomatie efficace?

Un citoyen suisse, ancien officier de milice, M. Jacques Baud, est confiné dans son appartement à Bruxelles, privé de tout accès à ses biens, interdit de retour dans son propre pays par un ukase européen prononcé en violation des règles les plus élémentaires du droit international, des droits de l’Homme, de la liberté d’opinion. Le Conseil fédéral semble muet. Que se passe-t-il ?

Notre Gouvernement négocie-t-il en toute discrétion, avec l’Union européenne, afin d’obtenir la libération d’un de ses citoyens, ancien serviteur du Pays, scandaleusement maltraité par Bruxelles, ou bien regarde-t-il ailleurs afin de ne pas déplaire aux seigneurs de Bruxelles dont il souhaite nous faire accepter les clauses économiques futures ?

Dans le premier cas, puissions-nous connaître bientôt le résultat positif et être fiers de nos Autorités qui en ont bien besoin après leur silence au sujet de Gaza.

Dans le second cas, nous saurons alors que, par rapport à l’Union Européenne, notre Gouvernement n’est pas libre. On ne pourra dans ce cas qu’inciter les Parlementaires encore courageux à vérifier ce bruit étonnant qui court dans des milieux économiques, selon lequel le Conseil fédéral aurait, au printemps 2025, refusé un tarif douanier de 10% de la part des USA, donc inférieur à celui accordé à Mme von der Leyen, pour ne pas compromettre les chances d’acceptation par le peuple du paquet de nouveaux contrats avec l’Union européenne.

Il y a des cas où la cause d’un silence peut équivaloir à une trahison.

 

 

Vœux tardifs!

Il est admis d’adresser des vœux jusqu’au 31 janvier, paraît-il !

Je vais donc en profiter pour vous souhaiter à tous une année 2026 de paix, de bonheur, de succès.

Elle semble avoir mal commencé, cette année, mais on peut encore l’améliorer, la « remettre droite », parce que rien n’est jamais perdu. Cette affirmation n’est valable que personne par personne. C’est ce qui rend la vie passionnante, parce que l’on est responsable pleinement de ses actes et que rien n’est plus stimulant que la responsabilité.

Alors je vous/nous souhaite une année où chacun pourra assumer pleinement ses responsabilités, lucidement, librement, joyeusement. En avant !

 

Les « valeurs de l’Union européenne » ou le zéro absolu

Même la RTS en a parlé, il y a quelques soirs, aux nouvelles : M. Jacques Baud, ex-colonel des services suisses de renseignements, ex- expert de l’ONU, ex-délégué auprès de l’OTAN, auteur de plusieurs livres et de maintes conférences relatives aux faits historiques en rapport avec le  conflit ukraino-russe, domicilié à Bruxelles, est séquestré chez lui sur ordre de l’UE, privé de tout accès à ses comptes, d’ailleurs gelés, avec interdiction de sortir de chez lui donc de regagner la Suisse, de se procurer  même de quoi manger. Aucune décision judiciaire, aucun droit d’être entendu, une absolue présomption de culpabilité. De quelle culpabilité au fait ? D’avoir, au sujet de la guerre en Ukraine, exposé des faits et des opinions contraires à la doctrine européenne. Le voilà donc présumé « suppôt de Poutine » ; un violeur d’enfants serait moins mal traité. Plusieurs parlementaires européens, par bonheur, sont indignés d’un traitement si honteux et le disent même à Bruxelles. Ces parlementaires semblent au demeurant découvrir le règlement applicable (par chance non [encore?] repris par la Suisse !).

Alors quatre questions viennent à l’esprit :

  • Qui peut bien avoir fabriqué un tel règlement ? Selon quel processus démocratique ?
  • En quoi ce règlement est-il conforme aux « valeurs occidentales », telles que le respect des droits de l’homme et la liberté d’opinion?
  • Qui peut avoir envie de se rapprocher d’une Union européenne capable d’une telle infamie ?
  • Comment le Conseil fédéral va-t-il réagir face au traitement ignoble réservé à un de ses Citoyens ?

La crise économique, les désordres intérieurs et la guerre en Ukraine semblent avoir rendu fous certains hommes d’Etat européens !

Puisse l’année 2026 les ramener à la raison !

 

 

La grève des services publics ou l’art des prises d’otage

A quoi servent les services publics ? A accomplir pour les citoyens les tâches que ces mêmes citoyens ont demandé dans la loi aux pouvoirs publics d’accomplir au moyen des impôts payés par ces mêmes citoyens.

Conséquence : quand les services publics font la grève, ils prennent en otage les citoyens qui n’y peuvent « mais » pour faire plier les autorités. La grève des services publics est fondamentalement un acte lâche. Ce sont les otages qui en souffrent le plus car eux n’ont pas de moyen de forcer les autorités à changer d’avis, sinon par un referendum éventuel ou les élections (moyens également à disposition des citoyens membres du service public, mais non pas à la disposition d’éventuels membres non citoyens qui deviennent alors de simples traitres au pays qui les abrite). L’inconvénient c’est que ces moyens ne sont que très rarement efficaces dans l’immédiat qui seul intéresse les grévistes.

Ce qu’il y a de particulier en outre, en ce qui concerne les otages, c’est que ce sont souvent  des personnes en état de faiblesse : les malades dans les hôpitaux, les enfants et les adolescents dans les écoles. Même si des grévistes font en sorte d’assurer un « service minimum », pendant la grève, les soins vont être moins bons, voire défaillants et des élèves  laissés sur le carreau s’inquiètent du retard pris sur le programme annoncé en début de trimestre et craignent la surcharge d’un  rattrapage nécessaire voire l’échec en  relation avec des carences.  Enfants et adultes peuvent voir leur programme totalement chamboulé. Et on ne parle pas de l’exemple catastrophique que les enseignants en grève donnent à leurs élèves. Qu’ils ne se plaignent pas, après cela, ces mêmes enseignants, de l’indiscipline croissante de leurs élèves qui ont évidemment « compris la méthode » !

Tristes services publics qui  font la grève !

 

La pub massacreuse du français!

La publicité est décidément une massacreuse du français !

Depuis des années déjà la pub pour la fondue – et je précise que j’adore la fondue ! – nous assomme avec un « plus ça sent, plus c’est bon ». Evidemment que dire « plus ça sent, meilleur c’est », ne sonne pas aussi bien et pourtant, cela « pue » moins aux oreilles. Quelle langue barbare ne nous impose-t-on pas pour vendre !

Depuis des années, notre journal préféré nous annonce fièrement que « nous serons livrés par porteur ». Merci vraiment beaucoup ! Livrer quelqu’un c’est le trahir, le remettre à l’ennemi, alors que livrer un journal à une personne, c’est le lui faire parvenir ou le lui remettre. J’ai essayé une fois d’expliquer cela au service des abonnés de mon journal préféré. On m’a répondu qu’il fallait « voir avec la direction ». J’ai laissé tomber.

Mais cette fois, la moutarde vient vraiment de me monter au nez :  je lis sur un site que si on veut s’abonner, on « sera facturé » chaque année. Décidément, la pub ne nous prend jamais que pour des choses ou des traitres ou des imbéciles. On facture un abonnement à une personne et non pas une personne à un abonnement. Je me suis permis de faire cette remarque à la personne responsable. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas mais je la sais trop intelligente pour ne pas avoir envie de corriger ce massacre d’une langue qu’elle maîtrise au demeurant avec élégance.

Pitié ! Pitié ! Pitié ! Il est parfaitement légitime de vouloir vendre un produit mais quand on a l’amabilité de faire la pub autrement qu’en anglais, alors qu’on ne massacre pas le français. Merci d’avance!

 

 

 

 

Les guignols de la démocratie

« Liberté d’opinion, liberté de manifestation ! », sans doute oublient-ils aussi de revendiquer « liberté d’abuser de tous les droits » tous ceux qui n’hésitent pas à menacer physiquement les Parlementaires – in casu vaudois –  s’apprêtant  à siéger, et qui sont d’ailleurs tellement aveuglés par leur passion qu’ils finissent pas molester par erreur les défenseurs de leurs propres revendications salariales au Parlement  (voir Le Temps du 3 décembre, p. 9 « Les débats sur le budget tournent à la foire d’empoigne » ) . Quelle triste image de la liberté démocratique que celle donnée par les grévistes de ces derniers jours et par les excités d’hier autour du Parlement ! L’exemple français serait-il à ce point contagieux?

 

La démocratie est-elle ici si déliquescente que ceux qui s’en prévalent doivent recourir aux méthodes révolutionnaires nécessaires dans les dictatures ?

 

Mais peut-être devrait-on aussi se demander si les « autorités » ont perdu tellement de la confiance des citoyens que ceux-ci n’ont plus que les moyens de la violence pour faire valoir leurs espoirs ?  Il est vrai que lorsqu’un Conseil d’Etat dit officiellement, dans sa prise de position écrite pour le Grand Conseil, qu’une erreur fiscale de 40 ou 80 millions (estimation purement subjective! de la part du fisc!) ne vaut pas la peine qu’on nomme une commission d’enquête parlementaire pour en rechercher les causes (Voir notre billet du 18.09.25 : « La grande amnésie du fisc vaudois »), on peut douter de son intérêt pour la diminution de quelques millions ici ou là infligée à des salaires ou pour la suppression de quelques postes dans l’enseignement ou la santé… Et si les Parlementaires ne se montrent pas plus curieux et désireux de faire enfin toute la lumière sur une affaire dont l’opacité est un véritable tour de passe-passe, on peut aussi douter de leur sérieux dans la représentation des intérêts des citoyens.

 

La démocratie – et tout particulièrement la démocratie directe – exige des citoyens comme des autorités de la bonne foi, de la fidélité à la parole donnée, du respect et de la confiance réciproques, de la capacité à s’écouter pour négocier. Ce sont des qualités d’adultes de moins en moins compatibles, à vrai dire, avec la culture infantilisante actuelle de l’image, des émojis  et des selfies. Quand les autorités et les administrés/citoyens perdent ces qualités, ils ne deviennent plus que des guignols de la démocratie. Triste spectacle!

 

 

 

Les affres d’une protestante vaudoise

 

L’Editeur, P.-M. FAVRE : Alors, Mme Sandoz, quand allez-vous parler de votre livre sur votre blog ?

Mme Sandoz : Mais, cher Monsieur, ce n’est pas une protestante vaudoise, de surcroît élevée dans une école catholique, qui va vanter ses mérites sur son propre blog ! Vous n’y pensez pas.

L’Editeur : Ce n’est quand même pas moi qui vais aller sur votre blog raconter que vous avez réuni, à ma demande, dans un petit volume de quelque cent-soixante pages, sous le titre « Grain de sable », avec une merveilleuse préface de Mme Ariane Dayer, la septantaine de chroniques que vous avez écrites pour l’émission de radio/télévision « Les Beaux Parleurs », entre 2016 et 2024, précédée, à ma demande aussi, d’une courte autobiographie!

Mme Sandoz : Bon ! C’est vous qui l’avez dit, mais pour ma pénitence, j’avouerai, toute honte bue, qu’à la page 121, j’ai commis une grossière erreur : j’ai cité « Théodore de Banville » alors qu’il s’agit de Jacques Bainville. Que voulez-vous, l’âge avançant, la mémoire est parfois défaillante. Etes-vous satisfait ?

L’Editeur : Ego te absolvo !

 

Corruption à ciel ouvert

Six capitaines d’industrie, suisses, officiellement et publiquement reçus dans le bureau ovale du Président des Etats-Unis, en présence de celui-ci. Six capitaines d’industrie dont on apprend qu’ils ont offert de très beaux cadeaux à ce Président (une montre Rolex, un lingot d’or) pour essayer d’obtenir une baisse des droits de douanes infligés à leur pays, donc à leurs entreprises, comment qualifie-t-on cela ? De corruption active du côté des capitaines d’industrie, de corruption passive du côté du Président des Etats-Unis ? Le tout, au grand jour, « ad majorem Dei gloriam ». Quelles conclusions en tirer ?

 

La première conclusion, c’est que l’économie est en train de mettre la politique et la diplomatie au rancart

Le développement de la globalisation et de toute la technique informatique (gonflée par l’IA), a permis aux grands de l’économie de devenir les premiers décideurs mondiaux. Seuls ont vraiment de l’influence ceux dont la richesse égale ou dépasse le PIB des Etats. Ils parlent les yeux dans les yeux avec les chefs d’Etat et ne cherchent d’entente qu’avec leurs égaux. Ils ignorent les frontières, les cultures, les libertés politiques. Ils veulent être les maîtres du monde et s’y emploient.

 

La deuxième conclusion est d’abord une question : Dans quelle mesure, côté suisse, le Conseil fédéral était-il au courant de la démarche économique et l’appuyait-il ?

Si c’était le cas, cela signifierait que le Conseil fédéral est composé de fins stratèges et de fins psychologues. Il aurait décidé de se défendre sur le même terrain que le Président américain et serait parfaitement de mèche avec les capitaines d’industrie. Côté éthique, la démarche ne serait pas très reluisante, mais côté machiavélisme, ce serait le premier prix.

 

La troisième conclusion est aussi une question

Si la démarche réussit et que nous obtenions une vraie diminution des taxes, quel prix les capitaines d’industrie ont-ils – si le Conseil fédéral était de mèche – ou vont-ils, dans le cas contraire, exiger pour leurs services ?

 

La quatrième conclusion rejoint la première mais sous forme également d’une question

Comment la politique va-t-elle pouvoir reprendre la main, car l’économie n’aime pas la démocratie qui lui fait perdre du temps et quelle crédibilité ont les « valeurs démocratiques » quand le président de l’Etat le plus puissant du monde qui se vante de sa démocratie est aussi officiellement et publiquement corrompu ?