L’Eglise confrontée à elle-même

Les accusations de violences sexuelles auxquelles nos Eglises chrétiennes (catholiques et protestantes exclusivement ?) doivent répondre depuis quelques années sont la cause d’une terrible souffrance pour les fidèles qui découvrent soudainement ces « lâchetés » ou ces « trahisons ». Et la vox populi, joyeusement soutenue par la presse, se repaît de ces scandales imputables à ceux qui « prêchent l’amour et le pardon » !!! « Faites ce que je dis, et pas ce que je fais ! »

Bon ! La dénonciation des « violences faites aux femmes » est à la mode et « les plus vieux souvenirs reviennent à la surface » d’autant plus vivaces qu’ils ont été « enterrés » plus longtemps. Laissons à la justice des hommes le soin de punir ce qui peut l’être encore après avoir – non sans peine, vu le temps écoulé – établi les faits. Cette « justice » aura d’ailleurs pris soin, tout en rappelant la présomption d’innocence, de « ternir » sans appel la réputation des accusés, avec d’autant plus de courage que ceux-ci sont, parfois, déjà morts ou au moins très âgés. Pour la justice des hommes, pas d’oubli, pas de pardon ! Mais pendant ce temps, les fidèles, eux, sont de plus en plus désemparés. Ils aimeraient que l’Eglise ne se contente pas de « faire amende honorable », de reconnaître les faits, de punir de son côté, mais qu’elle se manifeste clairement en tant que lieu de « réconciliation et de pardon ».

C’est une démarche d’autant plus difficile qu’elle sera vite prise, dans le public, pour un moyen de « noyer le poisson » alors qu’elle devrait être l’affirmation qu’en chrétienté, la recherche de la justice « passe parfois par un autre chemin ».

 

Une égalité mortifère ?

Le Temps du samedi 13 juin consacrait quelques articles à l’égalité Homme Femmes sous l’angle salarial et titrait, en p. 3, un article sur le sujet : « L’écart salarial est d’abord un fossé entre pères et mères ».

Le résumé, en gras, en tête de l’article se concluait ainsi : « La pénalité maternelle est « le dernier obstacle à l’égalité » entre hommes et femmes, estime une économiste. »

Ce constat est exact techniquement, mais quel est l’avenir d’une société qui proclame que seule la suppression de la maternité permet d’atteindre l’égalité entre hommes et femmes, parce que cette égalité ne se mesurerait qu’au salaire ?

Réponse : c’est la disparition donc la mort par simple refus de la vie. C’est exactement ce qui frappe la société occidentale actuelle rongée par « La peste blanche » ainsi que l’avaient baptisée, en 1976, l’Historien Pierre Chaunu et le Journaliste Georges Suffert dans leur ouvrage intitulé « La peste blanche   Comment éviter le suicide de l’Occident ».

 

Regarder la réalité en face

Notre époque est particulièrement difficile à vivre pour les femmes. En effet, nous avons accès à toutes les formations et à toutes les études au même titre que les hommes, mais il faut parfois choisir entre maternité et carrière. Ce choix peut être torturant. Selon les carrières, il signifie confier le plus possible l’enfant à des tiers bénévoles (les grands-parents) ou payés (garderies, crèches, mamans de jour, journées continues à l’école et devoirs surveillés) par des fonds privés ou publics ou renoncer à une carrière brillante. Dans un nombre croissant de cas, le choix débouche sur un refus d’enfant. L’attrait de la carrière l’emporte. Il faut ajouter que la société incite à favoriser la carrière avant tout et dit clairement que les « aides financières » apportées aux femmes (voire aux parents) ont principalement pour but d’assurer le maximum de main d’œuvre à l’économie.

Mais le pire des maux, c’est l’idée que l’égalité salariale entre hommes et femmes dépend de la « pénalité maternelle ». Notre société matérialiste et égalitariste à en être malade voit la maternité comme une sorte de malédiction, le pire obstacle à l’égalité « de fait ». Or….

 

Il n’existe pas d’égalité de fait entre hommes et femmes.

Par une erreur de traduction, l’art. 8 al. 3 de la constitution fédérale dit : « La loi pourvoit à l’égalité de droit et de fait…. » (c’est nous qui soulignons). Mais le texte allemand parle d’une « tatsächliche Gleichstellung », c’est-à-dire « dans les faits », « dans la pratique », mais aucun esprit honnête ne peut parler d’une « égalité de fait » entre les hommes et les femmes, une telle égalité non seulement n’existe pas mais, pire, est absolument contre nature. La loi doit assurer que la différence de fait entre les hommes et les femmes ne justifie pas des inégalités arbitraires et supprimer les conséquences arbitraires éventuelles de ces différences.

Aucune loi ne peut favoriser ou protéger une maternité pour un homme ! Le choix entre une carrière et la maternité est une décision personnelle de la femme ou d’un couple. La société doit faire en sorte que ce choix soit possible (dans nos pays riches, la pauvreté l’exclut souvent) dans l’intérêt des enfants autant que des adultes mais elle n’a pas le droit de réduire l’enfant à une valeur marchande : futur cotisant pour l’AVS de ses parents ou simple obstacle à l’égalité salariale entre ses parents.

Malheur à la société qui réduit l’enfant à une valeur marchande ! Elle ne croit pas à la vie ! C’est une société qui sent la mort !

De la proportionnalité en rapport avec le droit à la liberté de manifester

L’approche de la Réunion du G7 à Evian impose au Conseil d’Etat et à la Ville de Genève de réfléchir à la manière de respecter le droit fondamental de la liberté d’exprimer son opinion tel qu’exercé par un groupe de personnes sous la forme du droit de manifester.

Les anti G7 prétendent avoir non seulement le droit de manifester en Suisse leur opposition à la réunion du G7 en France, opinion dont la France se moque royalement, mais de la manifester quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent. Ils crient à l’atteinte illégitime à l’essence de leur droit fondamental quand Genève (Ville ou Canton) veut imposer à leur manifestation un parcours précis et certaines règles d’ordre. Ils oublient tout simplement que si, comme le dit la Constitution fédérale (art. 36 al. 4), « L’essence des droits fondamentaux est inviolable » – ce qui signifie qu’on ne peut interdire totalement et définitivement de manifester -, il peut en revanche être restreint, mais à la condition que toute restriction soit « justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit fondamental d’autrui » et reste « proportionnée » au but visé. (art. 36 al. 2 et 3).

 

Les restrictions constitutionnelles au droit de manifester

Le fait d’interdire un certain parcours aux manifestants et de leur en imposer un autre ne supprime pas leur droit de manifester ; reste à savoir si cette restriction est justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit fondamental d’autrui et si elle est donc proportionnée au but visé.

 

Intérêt public à l’itinéraire interdit ou imposé

Cet intérêt dépend du degré d’inconvénient ou de danger que la manifestation peut entraîner pour les droits fondamentaux d’autrui, c’est-à-dire pour la liberté de mouvement de chacun (art. 10 al. 2 Constituion féd.), pour la garantie de la propriété (art. 26 al. 1er), pour le libre accès à une activité économique lucrative privée et à son libre exercice (art. 2).

Tous ces droits fondamentaux des citoyens peuvent être menacés ou restreints par une manifestation ; il est d’intérêt public que l’Etat prenne toutes les mesures nécessaires à leur protection puisqu’il appartient à la Confédération et aux Cantons, dans les limites de leurs compétences respectives, de pourvoir à la protection de la population (art. 57).

 

Proportionnalité des interdictions ou des itinéraires imposés

L’interdiction d’un certain itinéraire représente-t-elle la meilleure manière de protéger les droits individuels susmentionnés menacés par la manifestation ? C’est aux pouvoirs publics de le prouver. Des expériences antérieures peuvent naturellement servir de références et de moyens de projection dans le futur. Doivent aussi être prises en considération les différences de coûts entraînés par les mesures de police nécessaires selon l’itinéraire suivi.

 

Il n’appartient pas à une Vaudoise, pis, à une Pulliéranne, de répondre à ces questions qui concernent la Ville et le Canton de Genève, mais il serait utile que des réponses claires et étayées soient rendues publiques de manière à couper court à toute élucubration politico-médiatique source de violence.