Postfinance a cédé à la tentation des cookies

Surprise, ce matin : en voulant accéder à mon compte de Postfinance, j’apprends que je ne peux y parvenir que si j’accepte les cookies. Pas d’avis préalable, pas de choix possible dans les cookies, juste un accès aux conditions garanties (donc imposées!), et aux promesses de protection auxquelles personne ne croit, sachant que le monde d’internet est celui de l’impunité, du vol et de la tricherie, quelles que soient les lois votées par des parlementaires aussi crédules que pleins de bonne volonté !

Quel prix Postfinance a-t-elle négocié pour nous vendre ? Apparemment pas même de quoi supprimer les 5 frs de frais mensuels puisque Postfinance n’a pas eu l’élégance de nous offrir à l’avenir la gratuité de son travail (bien fait jusqu’à présent, il faut le reconnaître) en échange du pillage de nos données.

A qui nous a-t-elle vendus ? A Google ? En tous les cas aux Etats-Unis ou à quelque autre pillard sans scrupules. Mon écran va donc être envahi de réclames pour je ne sais quoi, d’offres de voyage ou autres entourloupes, soigneusement choisies, dit-on, en fonction de mes goûts. A bon entendeur : mon goût dominant est une allergie à la pub.

Le système des cookies est d’une malhonnêteté exceptionnelle. Personnellement, je n’accepte jamais aucun cooky, ce qui m’empêche de prendre connaissance d’un certain nombre de textes ou d’entretiens, voire d’accéder à certains spectacles. Tant pis ! Je n’ai pas envie de mettre ma messagerie à la disposition des abuseurs d’énergie et du temps des autres, des rouleaux compresseurs de la variété des goûts et des opinions, des voleurs patentés d’identité.

Maintenant, je suis coincée par la malhonnêteté de Postfinance. Comment échapper à la pieuvre informatique ?

Le Général avait-il tort ou raison?

« Le Temps » vient de publier plusieurs articles fort intéressants rappelant les relations secrètes et personnelles du Général Guisan avec des généraux français au début de la 2e guerre mondiale, voire des plans stratégiques communs – secrets – au cas où l’armée allemande envahirait certains points du territoire suisse, menaçant ainsi la France.

Il ne s’agit pas ici de revenir sur les différentes péripéties qui ont suivi la découverte des documents secrets concernant ces relations et que le Temps a rappelés, mais de se pencher sur la qualification de ces relations entre généraux, qui se déroulaient à l’insu de leur gouvernement respectif : s’agissait-il d’une sorte de trahison, voire, pour la Suisse, d’une entorse à la neutralité ? Nous aimerions assister à un débat entre spécialistes du droit international à ce sujet, ou mieux, entre diplomates, car la réponse à la question n’est nullement évidente.

Il convient, selon nous, de se placer à deux points de vue successifs : celui d’un chef de guerre, in casu, le Général Guisan, et celui de la neutralité.

En sa qualité de chef de l’armée, le Général doit prendre toutes les mesures – de nature militaire – pour assurer la protection de son pays. S’il constate l’existence de points faibles, voire de trous dans les lignes de défense frontière, il peut être de son devoir de prendre contact avec des responsables militaires étrangers qui pourraient souffrir, eux aussi, de l’existence de ces « trous de sécurité ».  Ce sont alors des contacts entre professionnels parlant la même langue professionnelle, en dehors de toute dépendance du pouvoir politique qui doit rester tenu à l’écart. La neutralité n’est pas en jeu. La responsabilité personnelle du Général, voire sa réputation, étaient en jeu et il le savait sans doute et assumait ce risque.

La neutralité, elle, relève du pouvoir politique. Si c’était le gouvernement suisse qui avait pris ce genre de contact avec des généraux français, il aurait violé son obligation de neutralité et trahi tant le Pays que les belligérants quels qu’ils soient.

Certes, c’est facile à dire, aujourd’hui, après plus de 80 ans. Mais c’est aussi l’occasion de réfléchir, en pleine période de désordre politico-militaire mondial, aux exigences, aux nuances, au courage et aux complications diplomatiques qu’implique une neutralité responsable.

 

 

Vous avez dit « Neutralité armée »?

Un pays neutre n’est pas crédible s’il n’a pas une armée crédible. Mais encore faut-il s’entendre sur la notion d’«armée crédible ». Ce n’est pas qu’une question de capacité militaire, c’est aussi  et avant tout peut-être, la capacité et la volonté d’être « prêt à se défendre par soi-même ».

Il s’agit donc autant d’un état d’esprit que d’une aptitude technique. Osons le reconnaître, nous ne remplissons, en ce moment, aucune des deux conditions, pollués que nous sommes, depuis des décennies, par l’état d’esprit qui règne (régnait ?) au sein des pays de l’OTAN. L’OTAN, c’était l’Oncle Sam et on pouvait dormir !

 

Prêt à se défendre par soi-même ne signifie pas ignorer les autres et la complexité européenne

Cela signifie être le premier responsable de sa propre sécurité et concevoir le risque d’être menacé, en tant que pays neutre, comme lors de la dernière guerre mondiale. La neutralité armée n’implique pas d’ignorer les réalités. Il pourrait parfaitement s’avérer nécessaire, pour notre propre sécurité, d’être capable de collaborer avec d’autres. C’est une situation particulièrement délicate, la collaboration n’ayant pas pour but de participer à une guerre concernant les autres, pour se montrer solidaire et avoir la conscience tranquille, au risque de ne servir à rien. La collaboration doit éviter d’accroître le danger pour les autres pays  et pour nous-mêmes, en devenant une sorte de « trou tactique » dans leur défense globale. La capacité – suivant la situation – de se défendre avec les autres Etats européens, exige une aptitude à collaborer avec eux sur le plan militaire. Il s’avère ainsi logique que nous ayons des contacts militaires avec l’OTAN, mais…

 

Comme toujours dès qu’il s’agit de la neutralité, la difficulté réside dans la manière de communiquer

Il ne s’agit à aucun moment de « se rapprocher de l’OTAN » comme on le lit et l’entend souvent, mais bien de chercher, en tant que pays neutre, à ne nuire ni à notre sécurité, ni à celle de l’Europe. Un matériel compatible, des exercices communs peuvent représenter un moyen adéquat – ce à quoi nous veillons déjà mais en laissant trop souvent planer un doute quant à l’étendue de notre soumission à l’OTAN. Il ne doit s’agir que d’une coopération dans des situations précises de danger comme le dit l’initiative sur la neutralité soumise au vote en septembre prochain.

 

La neutralité doit être armée pour être crédible, mais elle doit aussi être sans cesse expliquée. Or, la communication est un art mal exercé, depuis des années, par notre monde politique. Comment être honnête et nuancé dans un monde devenu binaire ?  Difficile aussi d’être clair quand on veut feinter avec la vérité. La position du Conseil fédéral et du Parlement par rapport à l’initiative « sur la neutralité » est extrêmement inquiétante. Si le peuple et/ou les cantons la refusent, ce sera un suicide et le reste du monde rigolera. Si les deux l’acceptent, quelle confiance pourrons-nous avoir en nos autorités ? Puissent alors les élections fédérales de 2027 être l’occasion d’un sérieux coup de balai !

Une pandémie de haine

Qu’y a-t-il de plus contagieux que la haine ?

Pour s’en protéger, aucun vaccin, aucun remède, aucun confinement : beaucoup d’intelligence, de finesse, de maturité, d’humilité, de connaissance de l’histoire et de l’être humain, des qualités actuellement démodées.

La haine s’infiltre sans bruit, insidieusement, généralement sous le masque de la vengeance ou de la défense « légitimes » ou pour le moins « compréhensibles », de la justice, de la prévention. Elle franchit les frontières, elle pourrit peu à peu les sociétés civiles.

Les prémices de l’actuelle pandémie de haine remontent, en Europe, à l’invasion de la Crimée par la Russie (2013/14), aux troubles politiques internes en Ukraine, puis plus directement à l’invasion de l’Ukraine par la Russie (22 avril 2022). Au Proche-Orient, le coup d’envoi est donné par le massacre de Juifs perpétré le 7 octobre 2023 par le Hamas. Envahis ou massacrés, les peuples s’estiment légitimés à toute réaction. Chaque acte des uns constitue la justification des actes des autres, sans nuances, sans recherche de compréhension des causes.

A vrai dire, des foyers haineux avaient déjà « pré essaimé » aux Etats-Unis, à l’OTAN et dans toute l’Union européenne et ont saboté, dès l’origine, tout effort de paix diplomatique.

Rien n’est plus prolifique que la haine. On assiste maintenant à l’extension inquiétante de cette pandémie dans la société civile elle-même : l’Etat d’Israël rétablit la peine de mort, racisée, pour certains acte commis par des Palestiniens ; la France voit se réveiller dans le peuple le « goût de l’échafaud ».

Combien de temps résisterons-nous à cette dernière tentation ? Après tout, il y a toujours eu et il y a encore dans le monde des Etats qui pratiquent la peine de mort. !… Et même des Etats dits démocratiques ! Il suffira donc de demander son avis au peuple ! Quand on l’aura suffisamment biberonné à la haine, ce peuple – et à la peur ! – peut-être qu’il votera oui à la réintroduction de la peine de mort! … par « amour » de la justice et de la sécurité !… Parce que, en plus, la haine rend sourd, aveugle et idiot !

 

 

 

L’Eglise confrontée à elle-même

Les accusations de violences sexuelles auxquelles nos Eglises chrétiennes (catholiques et protestantes exclusivement ?) doivent répondre depuis quelques années sont la cause d’une terrible souffrance pour les fidèles qui découvrent soudainement ces « lâchetés » ou ces « trahisons ». Et la vox populi, joyeusement soutenue par la presse, se repaît de ces scandales imputables à ceux qui « prêchent l’amour et le pardon » !!! « Faites ce que je dis, et pas ce que je fais ! »

Bon ! La dénonciation des « violences faites aux femmes » est à la mode et « les plus vieux souvenirs reviennent à la surface » d’autant plus vivaces qu’ils ont été « enterrés » plus longtemps. Laissons à la justice des hommes le soin de punir ce qui peut l’être encore après avoir – non sans peine, vu le temps écoulé – établi les faits. Cette « justice » aura d’ailleurs pris soin, tout en rappelant la présomption d’innocence, de « ternir » sans appel la réputation des accusés, avec d’autant plus de courage que ceux-ci sont, parfois, déjà morts ou au moins très âgés. Pour la justice des hommes, pas d’oubli, pas de pardon ! Mais pendant ce temps, les fidèles, eux, sont de plus en plus désemparés. Ils aimeraient que l’Eglise ne se contente pas de « faire amende honorable », de reconnaître les faits, de punir de son côté, mais qu’elle se manifeste clairement en tant que lieu de « réconciliation et de pardon ».

C’est une démarche d’autant plus difficile qu’elle sera vite prise, dans le public, pour un moyen de « noyer le poisson » alors qu’elle devrait être l’affirmation qu’en chrétienté, la recherche de la justice « passe parfois par un autre chemin ».

 

Une égalité mortifère ?

Le Temps du samedi 13 juin consacrait quelques articles à l’égalité Homme Femmes sous l’angle salarial et titrait, en p. 3, un article sur le sujet : « L’écart salarial est d’abord un fossé entre pères et mères ».

Le résumé, en gras, en tête de l’article se concluait ainsi : « La pénalité maternelle est « le dernier obstacle à l’égalité » entre hommes et femmes, estime une économiste. »

Ce constat est exact techniquement, mais quel est l’avenir d’une société qui proclame que seule la suppression de la maternité permet d’atteindre l’égalité entre hommes et femmes, parce que cette égalité ne se mesurerait qu’au salaire ?

Réponse : c’est la disparition donc la mort par simple refus de la vie. C’est exactement ce qui frappe la société occidentale actuelle rongée par « La peste blanche » ainsi que l’avaient baptisée, en 1976, l’Historien Pierre Chaunu et le Journaliste Georges Suffert dans leur ouvrage intitulé « La peste blanche   Comment éviter le suicide de l’Occident ».

 

Regarder la réalité en face

Notre époque est particulièrement difficile à vivre pour les femmes. En effet, nous avons accès à toutes les formations et à toutes les études au même titre que les hommes, mais il faut parfois choisir entre maternité et carrière. Ce choix peut être torturant. Selon les carrières, il signifie confier le plus possible l’enfant à des tiers bénévoles (les grands-parents) ou payés (garderies, crèches, mamans de jour, journées continues à l’école et devoirs surveillés) par des fonds privés ou publics ou renoncer à une carrière brillante. Dans un nombre croissant de cas, le choix débouche sur un refus d’enfant. L’attrait de la carrière l’emporte. Il faut ajouter que la société incite à favoriser la carrière avant tout et dit clairement que les « aides financières » apportées aux femmes (voire aux parents) ont principalement pour but d’assurer le maximum de main d’œuvre à l’économie.

Mais le pire des maux, c’est l’idée que l’égalité salariale entre hommes et femmes dépend de la « pénalité maternelle ». Notre société matérialiste et égalitariste à en être malade voit la maternité comme une sorte de malédiction, le pire obstacle à l’égalité « de fait ». Or….

 

Il n’existe pas d’égalité de fait entre hommes et femmes.

Par une erreur de traduction, l’art. 8 al. 3 de la constitution fédérale dit : « La loi pourvoit à l’égalité de droit et de fait…. » (c’est nous qui soulignons). Mais le texte allemand parle d’une « tatsächliche Gleichstellung », c’est-à-dire « dans les faits », « dans la pratique », mais aucun esprit honnête ne peut parler d’une « égalité de fait » entre les hommes et les femmes, une telle égalité non seulement n’existe pas mais, pire, est absolument contre nature. La loi doit assurer que la différence de fait entre les hommes et les femmes ne justifie pas des inégalités arbitraires et supprimer les conséquences arbitraires éventuelles de ces différences.

Aucune loi ne peut favoriser ou protéger une maternité pour un homme ! Le choix entre une carrière et la maternité est une décision personnelle de la femme ou d’un couple. La société doit faire en sorte que ce choix soit possible (dans nos pays riches, la pauvreté l’exclut souvent) dans l’intérêt des enfants autant que des adultes mais elle n’a pas le droit de réduire l’enfant à une valeur marchande : futur cotisant pour l’AVS de ses parents ou simple obstacle à l’égalité salariale entre ses parents.

Malheur à la société qui réduit l’enfant à une valeur marchande ! Elle ne croit pas à la vie ! C’est une société qui sent la mort !

De la proportionnalité en rapport avec le droit à la liberté de manifester

L’approche de la Réunion du G7 à Evian impose au Conseil d’Etat et à la Ville de Genève de réfléchir à la manière de respecter le droit fondamental de la liberté d’exprimer son opinion tel qu’exercé par un groupe de personnes sous la forme du droit de manifester.

Les anti G7 prétendent avoir non seulement le droit de manifester en Suisse leur opposition à la réunion du G7 en France, opinion dont la France se moque royalement, mais de la manifester quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent. Ils crient à l’atteinte illégitime à l’essence de leur droit fondamental quand Genève (Ville ou Canton) veut imposer à leur manifestation un parcours précis et certaines règles d’ordre. Ils oublient tout simplement que si, comme le dit la Constitution fédérale (art. 36 al. 4), « L’essence des droits fondamentaux est inviolable » – ce qui signifie qu’on ne peut interdire totalement et définitivement de manifester -, il peut en revanche être restreint, mais à la condition que toute restriction soit « justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit fondamental d’autrui » et reste « proportionnée » au but visé. (art. 36 al. 2 et 3).

 

Les restrictions constitutionnelles au droit de manifester

Le fait d’interdire un certain parcours aux manifestants et de leur en imposer un autre ne supprime pas leur droit de manifester ; reste à savoir si cette restriction est justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit fondamental d’autrui et si elle est donc proportionnée au but visé.

 

Intérêt public à l’itinéraire interdit ou imposé

Cet intérêt dépend du degré d’inconvénient ou de danger que la manifestation peut entraîner pour les droits fondamentaux d’autrui, c’est-à-dire pour la liberté de mouvement de chacun (art. 10 al. 2 Constituion féd.), pour la garantie de la propriété (art. 26 al. 1er), pour le libre accès à une activité économique lucrative privée et à son libre exercice (art. 2).

Tous ces droits fondamentaux des citoyens peuvent être menacés ou restreints par une manifestation ; il est d’intérêt public que l’Etat prenne toutes les mesures nécessaires à leur protection puisqu’il appartient à la Confédération et aux Cantons, dans les limites de leurs compétences respectives, de pourvoir à la protection de la population (art. 57).

 

Proportionnalité des interdictions ou des itinéraires imposés

L’interdiction d’un certain itinéraire représente-t-elle la meilleure manière de protéger les droits individuels susmentionnés menacés par la manifestation ? C’est aux pouvoirs publics de le prouver. Des expériences antérieures peuvent naturellement servir de références et de moyens de projection dans le futur. Doivent aussi être prises en considération les différences de coûts entraînés par les mesures de police nécessaires selon l’itinéraire suivi.

 

Il n’appartient pas à une Vaudoise, pis, à une Pulliéranne, de répondre à ces questions qui concernent la Ville et le Canton de Genève, mais il serait utile que des réponses claires et étayées soient rendues publiques de manière à couper court à toute élucubration politico-médiatique source de violence.

Que l’initiative pour une Suisse à 10 millions d’habitants passe ou ne passe pas, cela ne résoudra pas le problème du manque de médecins

Selon Le Temps du 26 mai (p. 3), « Pour la première fois dans cette campagne, la FMH sort de sa réserve. » Interviewé par Annick Chevillot, M. Philippe Eggimann, vice-président de la FMH, déplore une fois de plus le tragique manque de médecins suisses. Très logiquement, la journaliste interroge : « Alors pourquoi ne pas en former davantage en Suisse ? ». La réponse résumée dans le journal est la suivante : « cela tient notamment aux limitations des places d’études (numerus clausus), au coût de la formation, que les cantons rechignent à assumer, et au manque de places de stage clinique pour les étudiants. »

 

C’est une honte !

Apparemment les cantons « rechignent à assumer » la formation du nombre de médecins nécessaires, maintiennent un numerus clausus (ou est-ce une ukase fédérale ?) – qui aboutit chaque année au rejet d’étudiants ayant réussi leur examen – et contraignent ainsi le pays à enlever des médecins aux Etats étrangers qui ont été d’accord, eux, de financer leur formation !

Quand avons-nous entendu ou lu que des parlementaires cantonaux, voire des élus fédéraux, sont montés à l’attaque de ce véritable scandale politique pour demander, proposer, imaginer des moyens de remédier dans le Pays et à nos frais, à ce manque catastrophique de médecins ? Défenseurs de l’initiative à 10 millions ou pourfendeurs de celle-ci, quand sont-ils intervenus pour réclamer une politique de la santé fondée notamment sur la formation du corps médical nécessaire ? Il est beaucoup plus porteur de s’insurger – sans le moindre effet ! – contre l’augmentation des primes maladie que de demander la levée d’un numerus clausus, la recherche, voire la création de places de stage, peut-être même simplement,  comme on est en Suisse et qu’on  ne commence jamais un grand projet sans une « étude préalable » , une étude de l’ensemble des mesures – et de leur coût –  qui devraient – et pourraient même  peut-être déjà – être prises pour que nous devenions capables d’assumer nos responsabilités en matière de santé domestique. Il conviendrait naturellement de veiller scrupuleusement aux déclarations d’intérêts des membres d’une telle commission d’études. Mais est-ce possible?

 

Ouf! En fin de compte, quel soulagement!

J’ai d’abord failli m’étrangler de colère, mais, réflexion faite, j’éprouve de la reconnaissance envers le Service de la protection des monuments historiques des CFF d’avoir enfin compris la souffrance infligée depuis des années au Général Guisan, aux anciens conseillers fédéraux vaudois Chaudet, Chevallaz et Delamuraz, de devoir vivre dans ce Buffet de Gare où ils ne peuvent jamais humer le fumet d’une saucisse aux choux, d’un jambon rôti, d’un filet de porc aux morilles, d’une côte de bœuf sur le grill, d’un gigot d’agneau doucement aillé et qui sait, en période de chasse, d’une petite caille farcie aux épinards et foie gras. .. C’est assurément un peu grossier d’avoir prétexté – pour les faire jeter – que les photos de ces quatre grands Vaudois, faute d’être des portraits à l’huile, n’avaient pas de valeur artistique.   Mais un service des CFF ne pouvait quand même pas avouer qu’il comprenait que nos quatre grands Vaudois habitués à voir dans un Buffet de gare un lieu d’accueil où l’on vous sert aimablement à votre table, où se croisent des voyageurs de tous les milieux et cultures, aspirant à un moment de calme entre deux trains, souffraient le martyre dans ce nouveau Buffet sectaire  (strictement végane et végétarien), self service, où l’on doit faire la queue pour payer sa consommation au risque de manquer le prochain train. Peut-être que ce Service CFF prévoit d’orner les murs du Buffet des photos actuelles de la place de la Gare que les archéologues de l’an 3’000 étudieront avec intérêt, spéculant sur la cause d’un tel cataclysme.

Bonne nouvelle!

Enfin une interview de Mme Dittli !

Dans le Matin Dimanche d’hier 17 mai, M. Christophe Passer consacre deux pages à une interview de Mme Dittli qui répond sans fard, heureuse qu’on lui donne une fois la parole. Les questions sont pertinentes, les réponses claires et logiques, sans accusation de tiers, sans médisance, sans détours. Aucune langue de bois. C’est un régal qui donne plus envie que jamais d’entendre une fois, officiellement, la réalité telle que décrite par Mme Dittli et refusée jusqu’à présent par le Parlement, la presse « officielle » et une majorité politique du Canton.