Destituer un(e) élue du peuple ?

Le Canton de Vaud vit, depuis quelques mois, une mini-tempête : son Conseil d’Etat est gravement perturbé à cause de l’un de ses membres et, comble de « l’horreur », par une jeune femme, de surcroît « importée » de Suisse allemande.  A son entrée en fonction au Conseil d’Etat, après les élections générales, le 1er juillet 2022, la nouvelle élue, fruit de la coalition électorale entre le PLR, l’UDC et le Centre, parti à peine naissant dans le Canton de Vaud, se voit confier par ses pairs le lourd et délicat département des finances. Peu de temps après son entrée en fonction éclate, dans le Département de la nouvelle élue, la fameuse affaire dite du « bouclier fiscal », énorme dérapage financier ayant duré plus de dix ans, pratiquement jusqu’aux élections de 2022, et ce apparemment à l’insu de tous les citoyens et du chef de département lui-même. La « petite nouvelle » est prise dans la tourmente à laquelle elle ne pouvait « mais » et son personnel administratif est secoué par des turbulences essentiellement attribuées à son mode de gouvernance. Deux rapports à ce sujet sont demandés par ses collègues, respectivement à une importante personnalité politique neuchâteloise, puis à un ancien juge cantonal vaudois.   Selon ces rapports, l’élue du peuple (conseillère d’Etat), aurait commis des abus d’autorité et de pouvoir, aurait caché des informations à ses collègues, leur aurait menti, aurait utilisé 10’000 frs d’argent public pour honorer un mandat de faveur et obtenir ainsi du mandataire un retrait de plainte pénale contre elle.

Une première enquête pénale a blanchi la prévenue de certaines accusations, une seconde enquête pénale serait en cours, dont on ne sait rien. Après le premier rapport susmentionné, ses collègues, inquiets, lui ont retiré le lourd Département des finances pour lui confier, en remplacement, le Département « plus léger » de l’agriculture, de la durabilité, du climat et du numérique – où elle semble faire du bon travail. Après le second rapport susmentionné, les mêmes collègues de cette « mouton noir » songent à la priver à nouveau d’une partie de ses fonctions, ce qui serait problématique. Mais surtout, des députés, tout comme des citoyens ,  (et ses propres collègues ?) souhaiteraient qu’elle soit destituée. Cela soulagerait les six autres membres du Conseil d’Etat du souci et de la tension causés par cet « électron libre ». Mais le Canton de Vaud ne connaît pas la procédure de destitution. Se pose alors la question de principe :

Peut-on destituer une autorité politique élue par le peuple et qui plus est au système majoritaire ?

Différentes réponses sont envisageables selon le point de vue auquel on se place

  1. En théorie, et d’un strict point de vue juridique (respect du parallélisme des formes), la réponse serait « oui, c’est possible » à la condition sine qua non que la décision soit, comme l’élection, le résultat d’un vote populaire majoritaire. Mais encore faudrait-il que la constitution prévoie une telle destitution (de même qu’elle prévoit l’élection) et que les causes et les modalités en soient au moins fixées par une loi (comme c’est le cas pour les conditions et modalités de l’élection).
  2. Toutefois, le seul point de vue juridique ne suffit pas, car une destitution pose de nombreuses questions politiques, donc d’opportunité, et c’est là que les vraies difficultés surgissent. Nous en voyons au moins six.
  • Quels devraient être le/les motifs d’une destitution ? Pénaux ? En vertu de la présomption d’innocence , seule une condamnation définitive devrait pouvoir entrer en considération, mais pour quel genre d’infraction ? Motifs administratifs ? Désordre dans son départements, démissions multiples etc… ?
  • Comment s’assurer que la destitution soit prononcée pour des motifs prouvés donc après une enquête sérieuse à charge et à décharge et non pas sur la base d’une « conjuration » politique ou de simples rapports ?
  • Que faire du « mouton noir » pendant la durée d’une telle procédure probatoire ? Ce membre du Conseil d’Etat peut-il être encore fonctionnel, crédible, respecté, efficace ? Quelle serait la durée tolérable de cette période ?
  • D’une manière générale, de quelle autorité peut jouir un gouvernement entier dont les membres s’entredéchirent ? Quelle efficacité peut avoir une autorité perturbée par une guerre intestine ?
  • Quelle devrait être l’autorité compétente pour déclencher la procédure de destitution ? Le Conseil d’Etat ? L’autorité collégiale avouerait ainsi son incapacité à maîtriser son propre fonctionnement, son président, à remplir son rôle de lien entre les membres du collège et, in casu, la coalition politique à l’origine de la candidature du « mouton noir », son échec. A quelle majorité faudrait-il prendre la décision de déclencher la procédure ? Avec quel quorum ? Il importe en effet d’éviter que ce déclenchement soit une cause de division entre les six autres membres du collège.
  • Une fois la destitution votée, une élection complémentaire serait nécessaire, mais quelle serait la liberté d’action du nouveau membre ? Aurait-il le sentiment d’être sans cesse observé à la dérobée, comparé au déchu, accueilli par un « clan » ? Cela pourrait nuire à l’atmosphère générale du collège voire à la liberté d’action du « nouveau ».

La meilleure manière de sortir de l’impasse ne serait-elle pas de prévoir une fin   anticipée de la législature, donc de nouvelles élections générales, car tout le collège existant a été fragilisé par son incapacité à former un corps ?

Une réflexion de fond sera nécessaire plutôt que de décider, sur un coup de tête, de voter la possibilité d’une destitution, sorte de mesure d’extrême urgence. Une telle réflexion serait en l’occurrence d’autant plus nécessaire que la cause du problème actuel réside dans une décision même du collège où « les anciens » (les 3 réélus sur 7 en 2022) ont joué un rôle décisif au moment de la répartition des départements. Ils ne pouvaient guère ignorer que, pendant la législature achevée, le département des finances avait connu de très grosses turbulences fiscales ayant conduit à une modification de la loi fiscale peu avant la fin de la législature. En avaient-ils informé les nouveaux élus et en particulier la « petite nouvelle » placée précisément, par eux, à la tête de ce Département ?

En résumé, la possibilité de demander la destitution d’un membre du Gouvernement pose plus de problèmes politiques qu’elle n’en résout. Le seul fait qu’une telle situation puisse être nécessaire révèle une incapacité générale des membres d’un gouvernement de se conduire en « collège » comme l’exige l’art. 116 al. 1er de la constitution cantonale. C’est pourquoi, plutôt que l’expulsion (= destitution) d’un seul membre, le meilleur moyen de repartir dans une saine atmosphère pourrait être de prévoir, dans la constitution et dans la loi, à des conditions claires, une fin de législature anticipée suivie d’élections générales.

Dilemme démocratique

Entendez-vous les purs et durs de la politique appeler à la destitution de Mme Dittli ? Pas un seul d’entre eux ne se demande s’il serait compatible avec la démocratie qu’un Parlement destitue une autorité politique élue directement par le peuple.

Seule une loi au sens strict du terme ou éventuellement une disposition constitutionnelle pourrait conférer cette compétence et  préciser  quelle autorité – nouveau vote populaire ?  Parlement ? – en serait détentrice et pour quels motifs précis et prouvés.

Dans le cas de Mme Dittli, non seulement une telle disposition légale ou constitutionnelle n’existe pas, mais au stade actuel le ou les motifs ne sont ni précis ni prouvés. Les rapports Studer et Meylan – parfaitement respectables – ne sont pas des enquêtes pénales à charge et à décharge, ce que, d’ailleurs, M. Studer précisait en son temps à propos de son rapport. Sachant le large soutien populaire dont Mme Dittli semble bénéficier, il ne reste qu’à souhaiter que le Conseil d’Etat se révèle capable de surmonter l’enchaînement des malaises dont l’origine remonte au mystère du bouclier fiscal et que Mme Dittli tienne bon car elle en a l’étoffe.

Il y a fort à parier que les Députés vont réclamer l’élaboration d’une « loi de destitution ». Si tel est le cas, ce sera l’occasion ou jamais de se demander si la destitution d’un élu du peuple est conciliable avec la démocratie, quel danger de manœuvre politicienne représente une telle solution, ou s’il serait peut-être souhaitable – pour échapper aux erreurs des choix populaires – d’en revenir au système électoral d’autrefois soit à l’élection des membres de l’exécutif cantonal au second degré, donc par le législatif (Grand Conseil), comme pour le Conseil fédéral. Il faudrait certes, dans ce cas aussi, qu’un texte législatif confère précisément au législatif la compétence de voter la destitution de ses élus.

Voter la destitution d’un élu n’est pas une compétence « naturelle » de l’organe qui l’a élu, car cette compétence peut favoriser les coups d’État donc mettre en danger la stabilité de l’État et la paix politique, deux qualités recherchées et favorisées par la démocratie.

 

 

 

Protégez-moi de mes amis…

Ouf ! Le rapport Meylan relatif à Mme Dittli permet au PLR de lâcher celle qui a permis à une droite de hasard d’obtenir un 4e siège au Conseil d’Etat, puis, probablement, l’année prochaine, de se rapprocher sérieusement de l’UDC qui a nettement le vent en poupe, à la différence du minuscule Parti du Centre. Et pendant que la presse se gargarise d’une possible disparition prochaine du « trublion zougois » – il y a du sang dans l’air ! – chacun oublie sagement de s’intéresser à cette mystérieuse enquête pénale spontanée dans l’affaire du bouclier fiscal. Tout sera bientôt prescrit. On ne va pourtant pas s’exciter pour un éventuel demi-milliard soustrait aux finances vaudoises sur dix ans – par erreur ! – quand une « petite jeunette d’Outre-Sarine » a éventuellement « utilisé 10.000 frs pour financer un mandat public – bidon ? – afin d’échapper à une plainte pénale !».

L’histoire dira-t-elle une fois – dans un siècle ? – si Mme Dittli n’a jamais servi au PLR que de moyen d’utiliser une alliance avec l’UDC – un Parti qui, normalement, sent le soufre ! – pour faire élire une candidate de droite qui n’était pas UDC, puis justifier, après avoir proprement assassiné celle-ci, le soutien réel à l’élection, en 2027, d’un (e) candidat(e) UDC « momentanément purifié » par les « péchés » de la sortante ? Auteurs de romans policiers, à vos plumes !

Et si l’Europe profitait de négocier la paix en Ukraine?

M. Trump est très occupé au Moyen-Orient où il fait hélas la preuve de son ignorance maladive; il a, à ce jour, raté toutes ses tentatives de paix avec la Russie au sujet de l’Ukraine ; l’Union européenne s’est plainte d’être écartée de ce processus de paix ; l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN donc l’attaque par la Russie ne concerne les Etats européens que parce que l’Ukraine est située en Europe et que l’art. 5 de la charte de l’OTAN a été interprétée de manière truquée;  d’ailleurs, l’OTAN n’est plus prise au sérieux par M. Trump sauf si elle peut lui être utile. Ne serait-ce donc pas le moment rêvé pour que la paix soit négociée entre Ukrainiens et Russes avec les bons offices de l’Union européenne ?

Or plus personne ne s’intéresse actuellement à la « campagne d’Ukraine » sinon pour essayer d’échapper au coût qu’elle génère en hommes, en armes et en argent et pour détourner éventuellement les regards des problèmes de politique intérieure. Ne serait-ce pas l’occasion de négocier avec la Russie la fin des sanctions ? L’Europe ne pourrait-elle, dans l’intérêt des belligérants autant que dans son intérêt propre, mettre tout en œuvre pour essayer de « liquider » ce conflit cruel et désolant ? Sans doute a-t-elle « peur », cette Union européenne en plein effilochement, d’un retour de bâton éventuel de M. Trump sous forme de taxes douanières, mais la peur est mauvaise conseillère. Peut-être serait-il judicieux de profiter de l’énorme perte de crédibilité de « l’Oncle Sam » tant sur le plan intérieur que sur la scène mondiale…

La diplomatie a besoin de silence et de temps. Puisse-t-elle être déjà en train d’œuvrer entre Russes et Ukrainiens, dans une totale discrétion ! Et puisse même la Suisse – qui sait ? – être déjà à nouveau « utile » notamment grâce à sa présidence de l’OSCE!

Une civilisation de la peur

L’Occident européen est devenu peureux.

L’Union Européenne a peur de la Russie qu’elle soupçonne de vouloir peu à peu l’envahir ; résultat : elle est incapable de s’émanciper de l’OTAN.

L’Ukraine a peur de la Russie et n’a pas vraiment confiance en l’Union européenne ; résultat : elle voudrait se rapprocher de l’OTAN mais se méfie des Etats-Unis qui l’ont plus ou moins lâchée après lui avoir promis, sous M. Biden, un soutien « indéfectible », et qui entendent, sous M. Trump, faire la paix sans prendre sérieusement en compte son avis et ses besoins.

La Suisse a peur de l’Union européenne qui menace de la faire chanter économiquement et politiquement sous couvert des bilatérales III. Résultat : elle n’ose pas défendre son propre ressortissant, Jacques Baud, contre la tyrannie liberticide de l’Union européenne qui bafoue allègrement la liberté d’opinion, la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable.

Toute l’Europe a peur du sionisme théologique de M. Netanyahou qui manie allègrement son chantage à l’antisémitisme.

Et tout le monde a peur, en fin de compte, de la « Maison- Blanche », voire du « Bureau ovale » d’où l’on boute le feu n’importe où au risque de provoquer un désastre mondial et qui soutient M. Netanyahou dans son délire « purificateur ».

Le résultat de toutes ces peurs est catastrophique : personne n’ose exercer son esprit critique, celui ou celle qui pose une question, ceux qui osent pleurer les milliers de morts de Gaza du Liban, de l’Iran, de l’Ukraine et de la Russie, parler d’attaque de l’Iran par les Etats-Unis et par Israël, de colonialisme en Cisjordanie, de violation de la liberté d’opinion à l’égard de M. Jacques Baud, etc… sont considérés comme des traitres à la « cause du Bien ». Au mieux, on les ignore, au pire, on les bâillonne, voire les sanctionne.

Puisse renaître enfin la civilisation de la diplomatie courageuse, intelligente, cultivée, efficace et désintéressée ! La paix en dépend !

 

 

 

Pleure, ô mon Pays détruit!

Si le régime des mollahs était définitivement renversé que resterait-il aux patriotes qui appelaient à l’aide pour obtenir ce résultat ? Des ruines, de la destruction, plus de morts et de déracinés encore qu’il n’y en avait déjà eu sous le Régime honni! Et MM. Trump et Netanyahou se vanteront sans doute d’avoir été « les libérateurs » des Iraniens. Ils pourront revêtir leur agression illégale du costume de « l’aide aux opprimés » et donner libre cours à leur ego maladif. Et si le régime n’est pas renversé, tout le peuple sera encore plus pauvre et les patriotes opposants risquent de se voir imputer par le régime qu’ils combattaient la destruction de leur Pays à cause de leur appel à l’aide et d’être punis comme traitres.

Il ne faut jamais, jamais demander l’aide de l’étranger pour une guerre civile. La Syrie l’a vécu à ses dépens il y a quelques années. Sous prétexte de libérer les victimes d’un régime honni, des « prédateurs » se proclamant « libérateurs » profiteront sans remords de leur « victoire » éventuelle pour engranger le produit de leurs vols camouflés.

Ces guerres totalement déshumanisées

La guerre a toujours été un fléau causé par les êtres humains, tuant, détruisant, violant, pillant, mais elle est en train de devenir encore pire : elle devient un « jeu » technique où la mort n’a qu’un rôle statistique. Ce qu’il faut, c’est être le plus fort en technologie de destruction et de renseignement. Peu importe les morts et les blessés. Ceux-ci ne représentent qu’une sorte de dommage collatéral, source de joie ou de fierté pour le belligérant qui a réussi à « liquider » un « chef adverse ». Des enfants, des femmes, des civils tués ou blessés, on ne retient qu’une statistique – preuve de l’excellence du matériel technique utilisé -, on ne voit qu’éventuellement, parfois, une ou quelques « rangées » de cercueils ou de « grands sacs noirs ».

La menace de destruction brandie par chaque Belligérant concerne des installations techniques vitales, des bâtiments indispensables, des joyaux architecturaux ou historiques ; et si des humains s’y trouvent, c’est à leurs risques et périls. Si ces destructions plongent la population civile de l’adversaire dans la misère et le dénuement, peu importe : la technique a fait la preuve de son excellence ; les nouvelles du monde « s’enrichissent » des images de colonnes de fumée noire, de gigantesques gerbes de flammes, de monceaux de ruines. Le ciel s’anime de mille feux de drones et de fusées, le spectacle est « magnifique », chaque Belligérant se gonfle de fierté. Au mieux, « récupérera-t-il » une victime de son pays pour justifier plus de vengeance et plus de haine, pour mieux vanter la perfection technique de son matériel de guerre.

Quand la guerre n’est plus qu’une compétition technique entre des chefs d’Etat gonflés de certitudes fanatiques, la civilisation agonise.

 

 

A quoi sert une commission d’éthique ?

La Loi sur la procréation médicale assistée (LPMA) prévoit, à son art. 28, que « le Conseil fédéral institue une Commission nationale d’éthique» dont le rôle consiste, notamment, à « favoriser la discussion sur les questions d’éthique au sein de la société ».

Avez-vous déjà lu dans les journaux ou entendu parler à propos d’une discussion au Parlement au sujet de la PMA d’une question d’éthique posée par la Commission d’éthique ? Personnellement, jamais, ou en tous les cas jamais de la question fondamentale dans ce domaine : existe-t-il un « droit à l’enfant », comme il existe un droit aux prestations complémentaires, un droit aux vacances, un droit à l’AVS etc ? Pour résumer : l’enfant est-il une bien  (une chose) que l’on a le droit de se procurer ou de revendiquer à certaines conditions ?

 

Certes, la LPMA dispose, à l’article 3, que : « La procréation médicalement assistée est subordonnée au bien de l’enfant », mais le « droit à l’enfant », s’il existe, serait un droit des parents et non pas un « bien de l’enfant ». Quant à la subordination du don de sperme au bien de l’enfant, la question n’a jamais été posée officiellement, à notre connaissance, de déterminer dans quelle mesure le fait (comme le dit la loi) d’interdire à un enfant conçu au moyen d’un tel don d’avoir pour père le donneur dont il tient la moitié de lui-même et d’entretenir avec lui des relations de filiation contribue à son bien. C’est pourtant l’interdiction qui frappe en particulier l’enfant d’un couple de lesbiennes depuis l’introduction du mariage pour tous.

 

Vu l’état actuel du droit suisse, selon lequel le don d’ovule et la mère porteuse sont encore interdits, on n’a évidemment pas eu l’occasion de poser la question du bien de l’enfant à qui l’on interdirait d’avoir pour vraie mère la femme qui l’a porté ou/et celle dont il a reçu la moitié de lui-même.

 

A la différence de maints droits étrangers, en Europe ou dans le monde, le droit suisse n’autorise pas une femme seule à recourir à un don de sperme pour avoir un enfant à elle seule. Or, selon les dernières informations, la question de la levée de cette interdiction est en discussion au Parlement fédéral.

Quel journaliste demandera et publiera la position officielle de la Commission d’éthique sur le sujet ? Quel parlementaire développera à la tribune la notion du « droit à l’enfant » ? Qui expliquera en quoi ce mode de PMA est subordonné au bien de l’enfant ?

Ce que l’on entendra ou lira probablement c’est que, du moment que seuls des pays étrangers – et non la Suisse – permettent à des femmes seules de recourir au don de sperme et qu’un traitement à l’étranger coûte cher, voire très cher, le droit suisse crée une inégalité entre les femmes seules pauvres – qui ne peuvent s’offrir le traitement à l’étranger – et les femmes seules riches qui le peuvent. On relèvera avec des trémolos dans la voix que cette « inégalité » sociale constitue une « injustice sociale ». Mais qui osera affirmer que cette « injustice » n’est réelle que s’il existe un « droit à l’enfant » ? Et nous voilà revenus au point de départ où l’on attend toujours l’avis de la Commission d’éthique et une vraie réflexion générale.

 

 

 

Et si les parents donnaient l’exemple?

La question est d’actualité : comment faire pour empêcher les enfants de passer trop de temps sur leur téléphone portable ? Faut-il interdire ces objets ? Dans certains lieux ? Par exemple dans les préaux scolaires – avec succès, semble-t-il ! –  A certaines heures ou à certains moments ? Pendant les repas, au lit, pendant les cours, en marchant ?

Une seule question fait toujours défaut : les parents devraient-ils donner l’exemple ? Et pourtant, n’est-ce pas la première question qui devrait venir à l’esprit ?

Est-il souhaitable qu’une mère ou un père se promène avec son enfant – à la main ou en poussette, voire côte à côte – et regarde ou écoute son téléphone plutôt que de sourire ou parler à son enfant ?

Est-il heureux que les enfants et les adolescents voient les adultes déambuler sur les trottoirs, traverser la route, le nez, l’oreille ou les doigts collés sur leur téléphone ? A vrai dire, les transports publics dont on ne cesse de nous vanter les avantages, ne cherchent-ils pas à nous obliger à nous promener en tenant notre téléphone à la main afin de vérifier les horaires, d’oblitérer à temps un billet pour éviter une contravention ?

Comme maints pédagogues l’ont déjà découvert et dit à souhait : la meilleure éducation des enfants, c’est  … la conduite des adultes… dont leurs parents font partie… en principe !

Rien de nouveau sous le soleil

Si vous êtes, comme moi, lecteur du journal « Le Temps », vous aurez découvert, hier 13 mars, en page 11, un article du plus haut intérêt scientifique intitulé « Notre projet scientifique de compostage humain naturel est une première ».

A vrai dire, je ne suis pas sûre que ce soit « une première », puisque, le dimanche 29 février 2020, j’avais lu, lors de l’émission des Beaux Parleurs, la chronique suivante , intitulée « Compostinhumation » qui commençait ainsi :« Sans doute avez-vous appris comme moi par la presse de début janvier que l’Etat de Washington vient d’admettre, en tant que pionnier, le compostage humain, c’est-à-dire le recyclage des corps des défunts en engrais naturel. Je ne plaisante pas. »

Certes, à la question du journaliste  du Temps du vendredi 13 mars 2026 :« est-ce que vous vous basez sur des expériences déjà menées dans d’autres pays ? », le professeur lausannois supervisant l’expérience dont le but est de « déterminer si ce procédé de transformation des corps pourrait être proposé dans le futur comme alternative à l’incinération et à l’inhumation » a répondu ce qui suit :  « Le compostage humain en milieu confiné dans un caisson et contrôlé est lui déjà légalisé dans plusieurs Etats des Etats-Unis, mais il a un coût énergétique… Cependant nous, nous étudions directement cette finalité, avec un but scientifique… ».

On apprend alors dans l’article du Temps que l’Université de Neuchâtel a fait une expérience avec des corps de cochons laissés dans un bois pour observer leur décomposition. Mais un problème tient au fait que, je cite « les cochons ne fument pas », qu’on ne connaît ni leur « statut diabétique », ni « leurs maladies cardiovasculaires » et que « ils ne mangent pas la même chose que nous ». Sur ce dernier point, entre nous, on pourrait facilement corriger le tir puisque les porcs sont, comme nous, omnivores !

Mais revenons à ce projet scientifique qui est une « première ».

Je prétends, en toute immodestie, avoir fait un premier tour des problèmes dans la chronique de 2020 – publiée dans le petit livre « Grain de sable » paru à fin 2025 – en écrivant notamment ce qui suit :

« Il faudra… déterminer quelle catégorie de corps conviendra mieux à tel ou tel genre de terre ou à telle ou telle culture.

 » Pour un sol pauvre, on recommandera des morts gras. On choisira évidemment les nains compostés pour la culture des choux de Bruxelles, dits aussi « petits choux » ; on privilégiera les diabétiques pour la culture de la betterave sucrière et les blondes pour le blé.

… Certaines familles risquent d’être plus demandées que d’autres, ce qui pourrait nuire à l’égalité et justifier une compensation par des taxes personnalisées de compostage.

… Certains morts ne pourront pas être compostés dans la mesure où la cause du décès serait une maladie très contagieuse, telle l’Ebola…  On retrouvera donc une ségrégation après le décès, ces macchabées-là étant classés « inutilisables ». Peut-être faudra-t-il prévoir une extension de la norme pénale anti-discrimination pour éviter les appels à la haine et au mépris.

Pour des raisons de santé publique, il va de soi qu’il faudra aussi vérifier si la consommation régulière et souvent abondante de médicaments ne risque pas d’être à l’origine d’une pollution chimique du sol pire encore que les actuels pesticides. Il faudra donc des compostés certifiés « bio ».

…. Enfin, pour finir sur une note plus joyeuse, on imagine avec un certain attendrissement les jardinets individuels dont chaque carreau, chaque arbre, chaque buisson portera un écriteau avec le nom de l’engrais utilisé. Ce sera les géraniums tante Gémina, les scorsonères Grand’Mère, les radis Oncle Picsou, les courgettes Suzette, les cardons Macron… »

Et je vous fais grâce du reste. L’imagination n’a pas de limite, même quand il s’agit de la science…