Une civilisation de la peur

L’Occident européen est devenu peureux.

L’Union Européenne a peur de la Russie qu’elle soupçonne de vouloir peu à peu l’envahir ; résultat : elle est incapable de s’émanciper de l’OTAN.

L’Ukraine a peur de la Russie et n’a pas vraiment confiance en l’Union européenne ; résultat : elle voudrait se rapprocher de l’OTAN mais se méfie des Etats-Unis qui l’ont plus ou moins lâchée après lui avoir promis, sous M. Biden, un soutien « indéfectible », et qui entendent, sous M. Trump, faire la paix sans prendre sérieusement en compte son avis et ses besoins.

La Suisse a peur de l’Union européenne qui menace de la faire chanter économiquement et politiquement sous couvert des bilatérales III. Résultat : elle n’ose pas défendre son propre ressortissant, Jacques Baud, contre la tyrannie liberticide de l’Union européenne qui bafoue allègrement la liberté d’opinion, la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable.

Toute l’Europe a peur du sionisme théologique de M. Netanyahou qui manie allègrement son chantage à l’antisémitisme.

Et tout le monde a peur, en fin de compte, de la « Maison- Blanche », voire du « Bureau ovale » d’où l’on boute le feu n’importe où au risque de provoquer un désastre mondial et qui soutient M. Netanyahou dans son délire « purificateur ».

Le résultat de toutes ces peurs est catastrophique : personne n’ose exercer son esprit critique, celui ou celle qui pose une question, ceux qui osent pleurer les milliers de morts de Gaza du Liban, de l’Iran, de l’Ukraine et de la Russie, parler d’attaque de l’Iran par les Etats-Unis et par Israël, de colonialisme en Cisjordanie, de violation de la liberté d’opinion à l’égard de M. Jacques Baud, etc… sont considérés comme des traitres à la « cause du Bien ». Au mieux, on les ignore, au pire, on les bâillonne, voire les sanctionne.

Puisse renaître enfin la civilisation de la diplomatie courageuse, intelligente, cultivée, efficace et désintéressée ! La paix en dépend !

 

 

 

Pleure, ô mon Pays détruit!

Si le régime des mollahs était définitivement renversé que resterait-il aux patriotes qui appelaient à l’aide pour obtenir ce résultat ? Des ruines, de la destruction, plus de morts et de déracinés encore qu’il n’y en avait déjà eu sous le Régime honni! Et MM. Trump et Netanyahou se vanteront sans doute d’avoir été « les libérateurs » des Iraniens. Ils pourront revêtir leur agression illégale du costume de « l’aide aux opprimés » et donner libre cours à leur ego maladif. Et si le régime n’est pas renversé, tout le peuple sera encore plus pauvre et les patriotes opposants risquent de se voir imputer par le régime qu’ils combattaient la destruction de leur Pays à cause de leur appel à l’aide et d’être punis comme traitres.

Il ne faut jamais, jamais demander l’aide de l’étranger pour une guerre civile. La Syrie l’a vécu à ses dépens il y a quelques années. Sous prétexte de libérer les victimes d’un régime honni, des « prédateurs » se proclamant « libérateurs » profiteront sans remords de leur « victoire » éventuelle pour engranger le produit de leurs vols camouflés.

Ces guerres totalement déshumanisées

La guerre a toujours été un fléau causé par les êtres humains, tuant, détruisant, violant, pillant, mais elle est en train de devenir encore pire : elle devient un « jeu » technique où la mort n’a qu’un rôle statistique. Ce qu’il faut, c’est être le plus fort en technologie de destruction et de renseignement. Peu importe les morts et les blessés. Ceux-ci ne représentent qu’une sorte de dommage collatéral, source de joie ou de fierté pour le belligérant qui a réussi à « liquider » un « chef adverse ». Des enfants, des femmes, des civils tués ou blessés, on ne retient qu’une statistique – preuve de l’excellence du matériel technique utilisé -, on ne voit qu’éventuellement, parfois, une ou quelques « rangées » de cercueils ou de « grands sacs noirs ».

La menace de destruction brandie par chaque Belligérant concerne des installations techniques vitales, des bâtiments indispensables, des joyaux architecturaux ou historiques ; et si des humains s’y trouvent, c’est à leurs risques et périls. Si ces destructions plongent la population civile de l’adversaire dans la misère et le dénuement, peu importe : la technique a fait la preuve de son excellence ; les nouvelles du monde « s’enrichissent » des images de colonnes de fumée noire, de gigantesques gerbes de flammes, de monceaux de ruines. Le ciel s’anime de mille feux de drones et de fusées, le spectacle est « magnifique », chaque Belligérant se gonfle de fierté. Au mieux, « récupérera-t-il » une victime de son pays pour justifier plus de vengeance et plus de haine, pour mieux vanter la perfection technique de son matériel de guerre.

Quand la guerre n’est plus qu’une compétition technique entre des chefs d’Etat gonflés de certitudes fanatiques, la civilisation agonise.