Monsieur le Président de la Confédération,Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil fédéral,
C’est le cri presque désespéré d’une vieille citoyenne que j’essaie de vous faire entendre avant le 27 septembre prochain. Merci de ne pas l’étouffer d’entrée de cause.
Avez-vous réfléchi au message que donne à l’international votre incitation à voter NON à l’initiative sur la neutralité ?
Vous savez bien évidemment que la neutralité est sans doute la seule question politique de notre Pays qui intéresse les autres États du monde, car elle est partie intégrante et de notre rayonnement politique et de notre prospérité et ce pour une raison principale, c’est qu’elle nous permet de bénéficier d’une présomption de bonne foi : nous ne « travaillons en sous-main pour aucune puissance étrangère camouflée ». Nous ne sommes pas, en soi, une « puissance » du point de vue des rapports de violence, ni une menace « envahissante », au sens démographique du terme. Mais nous sommes fiables ainsi que le prouve notre fidélité à notre parole donnée de neutralité.
Que peut signifier alors, pour les Etats étrangers – que notre « importance internationale », tant politique que commerciale et économique, irrite au plus haut point -, cette incitation que vous formulez, en tant que Gouvernement fédéral, à voter NON à une initiative sur la neutralité, sinon que vous êtes prêts à abandonner cette neutralité ? Car – et vous devez bien le savoir – à l’étranger, on ne se préoccupe pas des « finesses » que devrait illustrer votre explication selon laquelle la formulation du texte de l’initiative diminuerait votre nécessaire marge de manœuvre quand il s’agit de prendre des mesures indispensables à la protection du Pays ou à sa crédibilité dans le monde. A l’étranger, la lecture de votre attitude est la suivante : « le Gouvernement suisse ne veut plus de la neutralité ». D’ailleurs, c’est déjà ce qu’avaient cru comprendre et avaient donc claironné notamment M. Biden et M. Poutine, en 2022, au moment des sanctions contre la Russie après l’attaque de l’Ukraine ; ils avaient proclamé alors : « La Suisse n’est plus neutre ».
Les Gouvernements étrangers peuvent préciser maintenant : « La preuve, son Gouvernement s’oppose à un article constitutionnel ancrant les principes de base de la Neutralité ». Un vote négatif le 27 septembre serait une preuve supplémentaire de notre abandon de la neutralité même si subsistent, dans la constitution fédérale les art.173 al. 1 let. a et 185 al. 1er consacrant respectivement la compétence de l’Assemblée fédérale et celle du Conseil fédéral pour « prendre les mesures nécessaires pour assurer l’indépendance et la neutralité de la Suisse ». Personne à l’étranger n’a jamais lu ces articles-là, repris d’ailleurs de la Constitution de 1874.
Et que se passera-t-il si – par bonheur – l’initiative sur la neutralité est approuvée le 27 septembre ? Qui, à l’étranger respectera encore un Gouvernement collégial (7 membres) désavoué par la majorité de son peuple et des Cantons ? Vous aurez perdu la confiance de vos concitoyens et le Pays aura perdu toute crédibilité à l’étranger, en tous les cas jusqu’aux élections de l’automne 2027 et c’est long, une année sans crédibilité sur le plan international. Cela causerait beaucoup de tort à notre Pays.
Au stade actuel, afin de limiter les dégâts et peut-être de sauver la face, la seule attitude serait au moins de ne pas prendre part à la campagne en précisant que c’est par respect pour la liberté de décision des citoyens et des Cantons. Il faut parfois beaucoup d’humilité et de patriotisme pour se taire !
Bravo Madame. J’espère qu’ils vous repondront.
Tout est dit et tellement bien dit, chapeau bas Madame Sandoz.
Merci Madame Sandoz pour votre avis éclairé.
Tout est dit et si bien dit!
Il n’est guère fréquent que les membres du Conseil fédéral se mobilisent de manière aussi véhémente pour inciter le peuple à rejeter cette initiative.
Quant aux médias mainstream et qui plus est dits de service public, ils se font servilement le relai, en matière de propagande gouvernementale, des « Neinsager » surnommés autrefois « »Les Sept Sages ».
Brandir la menace Poutine et les intérêts financiers de Christophe Blocher, comme principaux arguments pour rejeter cette initiative, se ranger du côté des va-t-en guerre et des sanctions de l’Union européenne plutôt que de jouer le rôle des va-t-en paix vaudra à notre pays une définitive perte de crédibilité internationale.
La Suisse a atteint le sommet du ridicule diplomatique. Il s’appelle Bürgenstock.
« Il faut parfois beaucoup d’humilité et de patriotisme pour se taire ! » A cette suggestion faite au Conseil fédéral par Suzette Sandoz, j’ajouterai le courage et la lucidité pour gouverner.
Vous n’êtes pas une vieille citoyenne, chère Madame,
À mes yeux vous êtes encore la jeune femme passionnée par la vie publique, cultivée, respectueuse de ses racines, aimant et servant son pays inlassablement, rayonnante, joyeuse, belle!
En avoir, des comme vous, dans les fauteuils de ceux à qui vous vous adressez ici, ça aurait de la gueule et ferait exister à nouveau notre pays à l’international, alors qu’il s’approche toujours plus du cloaque UE et d’autres sombres joyeusetés!
Je vous exprime mon admiration, ma gratitude.
Se mi permette, Signora, anche il mio affetto, celui qu’on ne peut dire que dans sa langue maternelle!
Chère vieille (mais toujours alerte) citoyenne au cri désespéré (et cependant prometteur),
Sachez que votre lettre ouverte a été portée ce jeudi soir à l’ordre du jour du traditionnel apéro du Conseil fédéral, à la Galerie des Alpes.
Il est vrai que les États étrangers ne comprennent rien à nos finesses, ni à notre démocratie. Un système dans lequel, faut-il le rappeler, le souverain n’est ni le roi ni le président, ni même un quelconque Collège, mais le Peuple. Ce même Peuple qui nous a d’ailleurs maintes fois désavoué par le passé et dont nous autres, membres dudit Collège, savourons chaque gifle qu’il nous inflige comme une preuve supplémentaire de l’ineffable perfection de notre organisation politique.
Et que cela puisse nous discréditer aux yeux du monde, voilà qui ne nous empêchera pas d’écluser cette topette de Chasselas de Bursins. D’ailleurs, eussiez-vous fait partie de nos sept grandes Sagesses, que vous auriez fini par penser de même, soyez-en sûre.
Merci de mettre vos grandes connaissances juridiques pour le OUi.
Il faut maintenant convaincre la Suisse allemande.
Votre billet devrait être traduit et envoyé sux médias alémaniques.
Et tessinois.
Car dans mon canton aussi, les médias ne volent pas haut!
Sans compter « mon » conseiller fédéral qui me fait honte.
Attendre de l’humilité et du patriotisme de la plupart de nos Conseillers fédéraux n’est-ce pas pure utopie ?!
Chère Madame Sandoz,
Votre lettre ouverte au Conseil fédéral me laisse perplexe. Mais pourquoi ? Parce que cette collégialité officielle de ses membres en faveur du non , représentée par M. Ignacio Cassis, et que vous déplorez vivement, n’est pas sans fondements.
Mais alors, comment les deux représentants politiques du grand parti UDC au sein de ce même Conseil fédéral vont-ils voter eux-même ? Personne n’en sait rien et c’est tant mieux ! Mais, pour ma part, je vais voter non.
Merci, Madame, de veiller chaque jour sur notre Nation avec bon-sens et clairvoyance… et de rappeler l’Etat à la raison.
Chère Madame Sandoz,
Je voulais simplement vous dire combien votre lettre au Conseil fédéral m’a touché. Quelle belle leçon de courage, de lucidité et d’amour de notre pays !
Il faut aujourd’hui beaucoup de courage pour exprimer avec autant de clarté et de conviction ce que l’on pense être juste. Votre voix, votre expérience et votre attachement profond à la Suisse donnent à vos paroles une force toute particulière.
Je vous félicite très sincèrement pour cette magnifique prise de position. Vous avez eu le courage de dire les choses, avec dignité mais aussi avec cette petite pointe d’humilité et de sagesse qui fait tant défaut dans le débat politique actuel.
Merci pour votre engagement et pour cette voix qui, je l’espère, sera entendue. Avec toute mon admiration et ma très chaleureuse sympathie.
Merci Madame pour votre intervention. Je me demande qui sont les citoyens ayant encore confiance en ce Conseil fédéral.
bravo et merci Madame Sandoz
Tout est dit ! Il ne reste plus qu’à souhaiter que les destinataires de votre magnifique missive aient suffisamment de clarté dans l’esprit pour en comprendre l’importance, et même plus, l’urgence. Merci encore une fois pour votre lucidité, et votre talent à la partager.
Tout est dit chère Madame Sandoz..et si vous participiez à une émission TV.. INFRAROUGE..? MISE AU POINT ??
L’émission au sujet de cette votation a eu lieu le 2 septembre dernier.
Déjà le titre « Faut-t’il blinder la neutralité? » m’a énervée, le trouvant orienté.
Mais peut-être suis-je devenue parano, et depuis pas mal d’années, en suivant les événements politiques, les médias (que je ne lis ni n’écoute plus, sauf certains alternatifs) et les votations, bien avant celles sur le covid.
Déjà le modérateur, au ton faussement sympathique et ouvert au partage des opinions, m’a énervée, percevant immédiatement son penchant pour le NON.
Mais peut-être suis-je parano. Complotiste, ignorante, ce qu’on veut.
Puis, avant même qu’ils ne s’expriment, les invités: en faveur du OUI, M. Samuel Sommaruga, déjà suivi ailleurs et admiré pour sa parole libre, franche, avec sourire, courtoisie, respect de l’adversaire, et admiré pour son discours on ne peut plus clair (dans la ligne, si je puis dire, de Madame Sandoz, sans le passé professionnel, l’expérience politique et les études de cette dernière, mais peu importe. Un citoyen qui a le courage de prendre position devant la doxa, aimant son pays et relié à une transcendance divine qu’il ose exprimer est chose rare).
À ses côtés hélas, j’aurais aimé la présence rayonnante de notre hôte (eût-elle accepté une éventuelle invitation, je l’ignore), Mme Céline Amaudruz, depuis toujours incapable d’un discours posé, clair, brouillonne, émotive, voix acide, langage corporel peu avenant (je ne fais pas ici du « dénigrement corporel » mais à l’évidence devant un public le charisme a de l’importance: je suis cantatrice, pianiste, actrice, et suis bien placée pour le savoir. Après bien sûr compte AUSS le contenu!).
Du coté du NON, « mon » conseiller fédéral tessinois qui me fait honte.
Rien que de le voir à l’écran me fait immédiatement l’éteindre.
Et M. Bendahan, parti socialiste, que je ne connaissais pas.
Pour moi, jamais encartée à un parti, mais ayant toujours voté depuis que j’en ai eu le privilège: pas le droit, LE PRIVILÈGE, que tous mes nombreux amis étrangers m’envient! je n’ai d’estime profonde que pour de rares socialistes, en particulier M. André Chavanne, conseiller d’État genevois (on a été avec ma famille de pauvres tessinois des émigrés en Romandie) de 1961 à 1985. Je suis fière que tous mes diplômes scolaires et du Conservatoire de Musique soient signés de son magnifique paraphe qui s’envole vers les hauteurs, et qu’il ait permis à mon père simple ouvrier de devenir un ingénieur en créant le Technicum du soir pour adultes.
Le modérateur a donné d’abord la parole à Madame Amoudruz, seule femme sur le plateau, par politesse j’imagine: ladies first.
Non sans une courte intro où ma paranoïa était immédiatement alertée.
Hélas, Madame Amoudruz, avec tout le respect, etc…
J’ai éteint.
Et j’ai adressé un courrier pas piqué des vers à l’équipe de l’émission.
Réponse rapide: langue de bois, rien d’orienté dans l’émission ni à la TRS/RSR, nous prenons note, nous vous remercions pour votre fidélité (j’avais pourtant spécifié d’emblée que je ne regardais plus la TSR depuis des années: je reconnais comme entrée en matière ce n’est pas gentil).
Veuillez pardonner, Madame Marie-France, ce long écrit très énervé.
Je suis effectivement très énervée, complotiste, parano depuis pas mal de tours de votations.
Je me sens impuissante face au rouleau compresseur de la doxa pro NON.
J’ai mal pour mon pays, avili, moqué à l’international.
Mais tout cela Madame Sandoz l’a exprimé dans une remarquable interview sur le site You Tube de Pro Patria, avec une clarté, une intelligence, un calme que moi simple citoyenne je ne possède pas.
La seule toute petite chose que je fais depuis quelques années: je me déplace en personne dans mon local de vote pour glisser mon vote dans l’urne. Je ne rencontre jamais d’autres citoyens faire pareil.
@Micaela Bonetti
Si cela peut veut rassurer, j’ai eu exactement le même ressenti que vous en visionnant ce débat et j’ai eu beaucoup de mal à ne pas l’interrompre. Comme vous, j’ai écrit un courriel à la rédaction de la RTS qui m’a répondu certes gentiment mais sans plus. J’ai été déçue par les propos de M. Bendahan. Il a mentionné lors de ce débat qu’il avait un PETIT désaccord avec M. Cassis sur la Guerre qu’Israël a menée contre la bande de Gaza suite au massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Rappelons que notre Ministre a qualifié ce conflit de guerre civile. J’ai aussi eu le sentiment que le « modérateur » comme vous le nommez, n’était pas totalement impartial lors de ce débat. Il y a en effet un langage corporel qui ne trompe pas les téléspectateurs. Finalement j’ai posé quelques questions par le biais d’un courriel à M. Bendahan, questions qui portaient notamment sur le bien-fondé des sanctions qui ont été imposées à la Russie et à l’Iran dès 1976 et je n’ai pas eu de réponse de sa part.
100% d’accord avec vous chère Mme Bonetti! Je ne regarde plus Infrarouge car le présentateur n’est pas neutre et m’agace. Votre conseiller fédéral I.C. aussi me fait honte par ses mensonges. Le titre » blinder la neutralité » annonçait déjà la partialité « chronique » de la RTS, un me(r)dia à la solde de notre gouvernement décadent! Comme vous je voterai OUI avec le coeur…et pour la Paix! Avec tout mon respect pour vos commentaires sains et pertinents.
Bravo Mme Bonetti. Je partage tout à fait votre sentiment.
Magnifique!
Magnifique ???
Je ne suis pas partisan de l’UDC, mais ce dénigrement systématique au sujet de Mme Céline Amaudruz est inadmissible de la part d’une cantatrice, pianiste et actrice.
Moralité: je désire ne plus reçevoir des commentaires de ce genre.
Mea culpa, Monsieur.
Je vous rassure sur un point, le « Magnifique! » était adressé à Madame Sandoz, et non à moi-même.
La ligne verticale sur la gauche en est la preuve.
Rendons à César ce qui est à César!
Ensuite, étant certaine que Madame Sandoz en personne donne son aval à la publication d’un commentaire avant qu’il n’apparaisse, cela signifie qu’elle ne l’a point jugé indigne d’être lu.
Je reconnais que le paragraphe blâmé par vous est peu élégant, le méchant énervement qui m’habite ayant pris le dessus sur ma plume.
Énervement plus que décennal face à la doxa dispensée par les médias écrits et visuels, une grande majorité de nos politiciens, lobbyistes, va-t’en guerre, va-t’en UE, va-t’en OTAN.
Déception que cette fois encore le service public ne fasse pas appel aux meilleurs pour la défense du point de vue des deux parties opposées, vu l’importance de cette votation et les passions extrêmes qu’elle suscite.
Je vous prie d’accepter mes excuses pour avoir offensé le gentleman que vous êtes.
Je suis heureuse que cet échange se termine ainsi, car les blogs sont porteurs, dans leurs commentaires, d’une analyse passionnante de la société.
Chère Madame Sandoz, merci pour cette excellente lettre ouverte ! Espérons que le Conseil fédéral comprenne que son rôle est justement de ne pas avoir de marge de manœuvre, du moins dans le sens où il l’entend de prendre ouvertement et activement parti, et de protéger la neutralité, mission dont le charge la Constitution !
Bonjour Madame,
comme simple citoyen de classe moyenne, en quelques mots, ca fait plaisir d’entendre tellement de bon sens.
Par contre le Conseil fédérale m’inquiète au plus haut niveau. Comme beaucoup de responsables politiques, du patronat et des médias (les médias sont tout de même responsable d’informer et non de propagande).
Merci pour vos mots extrêmement lucide.
Madame Sandoz,
Je pense en effet que la question de la perception de la Suisse par le reste du monde est ici cruciale. A mon sens, la société suisse, si diverse, est en partie soudée par les regards extérieurs assurés de notre « bonne foi », comme vous dites, et par notre neutralité qui constitue ou contribue à l’unité nationale et au fameux particularisme helvétique.
Ma crainte en cas de NON, réside dans une sorte d’implosion du pays, avec la dilution progressive des différentes populations linguistiques dans les nations voisines, passant des simples affinités au partage dogmatique, puisque la neutralité ne nous contraindra plus à la retenue. Mais peut-être – je l’espère – suis-je un peu trop alarmiste et sans doute y a-t-il d’autres raisons profondes qui assurent notre cohésion.
Merci en tout cas de partager ainsi vos opinions, toujours pertinentes!
Vous avez raison, chère Madame, la neutralité contribue considérablement à la cohésion interne du Pays.
A ne pas.oublier : la neutralité suisse est née au XVIIe siècle afin de garantir la cohésion interne de la Confédération et d’éviter que celle-ci ne d’autodétruise suite aux guerres de religion !
Merci, Mme Sandoz, pour votre désespoir et l’énergie décuplée qui l’accompagne, pour votre engagement, pour votre amour de la Suisse telle que nous aimerions qu’elle perdure. Puissent les Conseillers fédéraux vous lire et ainsi sentir la petite musique du doute s’insinuer dans ce qui semble certitudes. Puissent surtout les personnes convaincues ne pas oublier de mettre un oui dans l’enveloppe ou, pour celles décidées à dire non, remettre leur réflexion sur le métier à la lecture de votre appel.
Hier aux « Beaux parleurs », que vous connaissez bien, Myret Zaki a commis une chronique parfaite, propre à faire pencher vers le oui tout électeur honnête. Peut-être l’avez-vous déjà entendue. Si jamais, et pour tout autre lecteur intéressé, chercher: ttps://www.rts.ch/audio-podcast/2026/audio/le-prix-des-mots-29355690.html
(Ajouter le h au début de l’adresse, le papier de Mme Zaki est à 28’30’’)
Chère Madame, merci pour cette excellente lettre ouverte.
Un petit commentaire pour vous dire que je suis totalement d’accord avec Monsieur Pascal Décaillet sur la question des sondages avant les votations. Il avait joliment intitulé son billet « Foutez-nous la paix avec les sondages ». Je pense que les sondages influencent les citoyens. Lorsque vous faites partie des 35 % de la population qui a décidé d’accepter ou de refuser un texte, vous pouvez très rapidement être influencé par le résultat d’un sondage et cela vous incite à penser que vous êtes dans l’erreur. Vous oubliez très rapidement qu’une minorité de la population peut avoir raison. L’être humain est hélas influençable et se rallie très, trop rapidement à la majorité.
Merci, Madame, d’avoir éveillé ma curiosité au sujet du billet de Pascal Décaillet, que j’ai toujours suivi avec gourmandise et griserie du temps où il animait Forum, et un blog sur la « Tribune de Genève », un vrai journaliste d’une culture ébouriffante mais toujours accessible de 7 (!) à 77 ans, d’une intelligence, charisme qui foudroyait les ondes de mon poste de radio, une maîtrise de la langue française à la Alexandre Dumas.
Temps révolu, hélas…
Évidemment j’ai immédiatement dévoré son billet, et, enchantée, me suis inscrite à son blog.
Cette votation à venir, qui me fait tellement craindre le pire pour mon pays, m’a au moins fait retrouver au hasard d’un clic sur mon ordinateur, deux personnes pour lesquelles j’ai toujours éprouvé admiration, estime et gratitude, notre hôte ici, et M. Décaillet.
Tout cela pour vous vous dire que j’ai failli m’ étrangler en découvrant un des titres de la « Tribune » d’aujourd’hui:
Sondage Tamedia
EN GROS CARACTÈRES: « Un échec retentissant attend l’initiative sur la neutralité. »
Je ne suis pas abonnée mais mon papa l’ayant été, je reçois les gros titres par mail, les parcours rarement et à toute allure, n’ayant bien sûr pas accès aux articles, lisant parfois les commentaires pour comprendre de quoi il retourne.
Les commentaires font peur.
« Une analyse passionnante de la société. », les définissait plus haut Madame Sandoz.
Et vous imaginez bien que la teneur, la vulgarité, les attaques ad hominem, la langue française massacrée sont à cent lieues de ce que nous lisons sur ce fil-ci de commentaires.
On n’est pas sortis du cloaque.
J’avais aussi beaucoup apprécié le blog de M. Pascal Décaillet, mais c’était avant le 24 février 2022, date de l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine.
Dès ce jour, M. Décaillet a averti les contributeurs de son blog qu’il ne publierai aucun commentaire mettant en question l’agression russe en Ukraine.
Je l’ai vérifié à mes dépens, et cela à plusieurs reprises.
Depuis, M. Décaillet a perdu tout crédit à mes yeux.
C’est assez curieux que les partisans du non, qui comptent des adeptes à l’entrée de la Suisse dans l’Otan, ne réalisent pas que dans ce cas la Suisse abandonne la neutralité ce qui alors lui autorisera à vendre des armes sans restriction….
Quand comprendra-t-on en Suisse que cet ersatz de neutralité, gluant de morale, que les autorités s’échinent à appeler neutralité « active », est en fait le cercueil de la neutralité ! Preuve en est la décision russe de transférer les actifs de Nestlé en Russie à une société russe, selon un décret du président Vladimir Poutine publié jeudi ! Et ce parce que la Suisse, qui prend des sanctions illégales contre la Russie, est maintenant un pays « inamical’ ! La solution Cassis, bons contre méchants, est un ratage phénoménal qui nous ruine ! Dire oui est un acte de sauvetage pour notre pays.!
Ô, chère Madame, comme cette lettre reflète bien la réalité. Cette notion de neutralité est bien l’image que nous avons donnée à l’étranger et qui est ressentie comme l’ADN des Suisses sur le plan politique – et sans doute aussi pour de nombreux étrangers vivant dans notre pays.
Mais qu’est-ce que la neutralité ? Notre Constitution ne fait que la mentionner dans deux articles éloignés des articles fondamentaux, et faute d’être développée, on ne peut que recourir aux dictionnaires pour en connaître le sens. Et là, on n’y trouve qu’une définition très sommaire, mais reflétant bien le sens qu’on lui attribue.
Le fait de préciser ce sens par les quelques alinéas proposés au vote ne fait que donner du corps à son application politique. Cet article ne fait que compléter et renforcer notre Constitution.
Si nos Autorités l’appuyaient, elles montreraient leur volonté à l’appliquer formellement et ceci renforcerait notre crédibilité. Le fait de s’y opposer montre au contraire qu’elles sont prêtes à ôter toute consistance à cette notion et donc à jouer selon les influences intérieures ou extérieures du moment. Ce qui est inadmissible.
Bravo Madame! avec toute ma gratitude
Neutralité armée. De quoi vous mêlez-vous, vous qui n’avez fait d’armée que par procuration familiale.
Vous, ancienne conseillère nationale, qui avez réduit à la misère les soldats atteints dans leur santé en soutenant l’adoption de la LAM1992 qui a conduit à une indemnisation à la hauteur de 28 % de la perte de gain dès l’âge de 65 ans. En effet, 80 % de la perte de gain à l’ER devenant 56 % d’indemnisation (faute d’adaptation) à l’âge de 64 ans et 28 % à 65 ans. Et oui à 65 ans l’invalide militaire voit ses vivres divisés par deux, ce qui n’est pas le cas des femmes et des étrangers, la LAA ne prévoyant rien de tel.
Renvoyant ainsi aux cantons une part de l’indemnisation des assurés militaires.
Provoquant la mort anticipée de ceux qui se suicident pour ne pas devenir une charge pour leur proche et des cas sociaux.
Mais là où vous n’avez vraiment plus de légitimité c’est suite à votre intervention au Conseil national pour défendre les officiers qui ne bénéficiaient plus de la première classe hospitalière suite à la LAM1992 et vous êtes fait remettre à votre place par le Conseil fédéral puisque l’administration ne faisait qu’appliquer la loi par vous voulue. Première classe pour toutes les atteintes à la santé s’agissant des professionnels de l’armée; c’est dire une intervention relevant un conflit d’intérêt pour être une intervention favorable à votre famille.
Neutralité armée, certes, mais cela ne vous regarde pas.
Ce texte est tellement plein de fake news que c’est un cas d’école de ratage de l’IA.
Professeure Sandoz, je vous admire sincèrement de supporter avec autant d’humour et surtout d’intelligence acérée tout le fiel distillé par CEDH sur divers sujets. Complimenti / Congrats / Félicitations / Gratulation.
Au plaisir de vous lire …. eab
1. La Loi sur l’assurance militaire (LAM) prévoit une indemnisation à hauteur de 80 % de la perte de gain éprouvée. Celle-ci est réduite à 40 % à compter de l’âge AVS au vu de la teneur de l’article 47 LAM1992, LAM1992 que vous avez concouru à adopter. Un tel principe était ignoré par la loi antérieure.
https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1993/3043_3043_3043/fr#art_47
Encore s’agit-il de 80 % de la perte de gain éprouvée, non pas à l’âge de 64 ans mais lors de la survenance du dommage ou peu d’année après. Au vu de l’augmentation usuelle des revenus avec l’âge, ce taux de 80 % diminue année après année et atteint, à l’âge de 64 ans, 56 % de la perte de gain à l’âge de 64 ans et, par conséquence la moitié, soit 28 %, à l’âge de 65 ans.
Et avec cela, pour peu que le revenu de référence ne soit pas très élevé, l’assuré prend le chemin du droit au Prestations complémentaires. Avec une certitude de la nécessité des Prestions complémentaires en cas de fin de vie en EMS. Prestations complémentaires largement à charge des cantons. C’est lamentable et n’est pas conforme au droit constitutionnel fédéral. Vous ne l’avez certes pas voulu, faute de l’avoir envisagé. Mais alors pourquoi vous croire lorsque vous préconisez une « solution » politique ?
2. Aucune diminution pareille n’existe en matière d’accident civil survenu avant l’âge de 45 ans. Il est vrai que la LAA concerne aussi les femmes et les étrangers.
https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1982/1676_1676_1676/fr#art_20
3. Evidemment cela ne concerne pas les officiers instructeurs bénéficiant d’une indemnisation dans le cadre de la LPP.
Comme aurait dit mon professeur de français, en biffant ce texte et le précédent: hors sujet. Je ne pratiquerait pas la censure éducative.
Votre professeur de français devait faire la distinction entre l’oeuvre et et l’auteur. Très bien. Mais s’agissant d’un discours politique, et votre prise de position est un discours politique, il n’y a pas lieu de séparer le discours et son auteur. Votre prise de position sur la neutralité armée doit êtes mise en relation avec le fait que vous avez en 1992 participer à enfoncer les invalides militaires, et tenter ridiculement (pour une fois merci à Mme Dreifuss) de sauver les intérêts des officiers de carrière. Quant à la censure, libre à vous, cela alimenterait les réseaux sociaux. Cela étant, puisque vous ne niez pas le fond, vous contentant de deux pirouettes rhétoriques, je pense que chacun se ferra une idée. Ici et ailleurs.
Merci d’illustrer de manière si probante la méthode totalitaire qui consiste à essayer de tuer la personne quand on n’a pas d’arguments intéressants à lui opposer pour nourrir la discussion.
1. Pour mémoire voici votre intervention du 6 juin 1994 au Conseil national en faveur des officiers instructeurs supérieurs telle qu’elle ressort du Bulletin officiel de l’Assemblée fédérale, CN, 1994, II, p. 860 (accessible sous ttp://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/setLanguage.do?lang=FR&currWebPage=searchHome).
« 94.5090
Frage Sandoz
Instruktoren und Militärversicherung
Question Sandoz
Officiers instructeurs et assurance militaire
Texte de la question du 6 juin 1994
L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions de la loi sur l’assurance militaire a eu pour conséquence – en vertu d’une interprétation de la loi et non pas en vertu de la loi elle-même, muette sur ce point – que les officiers instructeurs supérieurs doivent dorénavant payer tout ou partie des primes des assurances privées complémentaires de l’assurance de base. Cette obligation équivaut à une baisse de salaire, puisque, jusqu’au 1er janvier 1994, l’entier de la prime d’assurance était à la charge de l’administration. Tous les officiers instructeurs ont-ils subi ce nouveau régime ou bien y a-t-il des exceptions? Si oui, lesquelles?
Dreifuss Ruth, conseillère fédérale:
Ce n’est pas seulement en vertu d’une interprétation de la loi, «muette sur ce point» – si vous me permettez cette citation, du nouveau droit de l’assurance militaire entré en vigueur le 1er janvier 1994, mais expressément de l’article 17 de la nouvelle loi qui prescrit que l’assurance militaire ne paie plus que les frais pour la division commune des hôpitaux à tous les assurés, y compris aux officiers instructeurs de l’armée. Autrefois, les officiers avaient droit, selon leur grade militaire, à l’indemnisation pour la division privée ou semi-privée. Ils subissent donc effectivement un préjudice financier par rapport à jadis. En effet, s’ils veulent continuer d’être couverts pour la division privée ou semi-privée, ils peuvent et doivent souscrire une assurance complémentaire à leurs frais. Cette réglementation est applicable à tous les officiers instructeurs, sous réserve du droit transitoire. En harmonie avec les décisions des Chambres fédérales, le Conseil fédéral a effectivement fixé, à l’article 38 de l’ordonnance sur l’assurance militaire, une réglementation transitoire appropriée grâce à laquelle les officiers instructeurs reçoivent une indemnité respectivement de 750 et de 500 francs pendant trois ans en compensation de leur prime d’assurance. Une mesure d’exception a été prévue pour les personnes hospitalisées au-delà du 1er janvier 1994, en raison d’une affection antérieure, et qui ne peuvent pas souscrire une assurance complémentaire. »
2. Pour vos lecteurs il y lieu de préciser que votre famille n’est pas avare d’ honorables officiers, instructeurs ou non.
ttps://archive.wikiwix.com/cache/?url=https%3A%2F%2Fwww.illustre.ch%2Fmagazine%2Fsuzette-sandoz-membre-dun-parti-18-ans-suis-epouvantee
Quel que soit le fond de l’affaire à laquelle vous faites allusion, vous pratiquez exactement la mise en corner — ou même le dégagement dans la tribune — au lieu d’argumenter sur le sujet dont il est question ici et qui met en jeu le rôle, l’image, l’identité de la Suisse. De qui êtes-vous le suppôt, pour reprendre une terminologie chère aux opposants?
Le fait que Mme Sandoz, issue d’une famille de militaires, se soucie des intérêts des officiers instructeurs me semble légitime. Maintenant, quand vous affirmez que certains de ses votes auraient été défavorables aux simples soldats invalides militaires, il faudrait vérifier. Je ne suis pas convaincu car je trouve vos accusations contre Mme Sandoz trop hargneuses.
@ Citoyen soldat
Libre à vous de soutenir la démarches parlementaire d’une conseillère nationale en faveur des officiers instructeurs supérieurs et de la trouver naturelle parce que fondée sur des raisons familiales. Force est cependant de relever que la démarche était tardive et erronée, est demeurée lettre morte et est teintée de népotisme.
Libre à vous de mépriser les soldats devenus invalides en niant leur sort. Mais pour ce faire vous niez l’évidence, à savoir l’adoption de la LAM92 et de son article 47 en date du 19 juin 1992*. Et le 19 juin 1992 Mme Sandoz était Conseillère nationale.
Libre à vous de me trouver hargneux. Mais vous faites erreur, je n’ai aucune hargne envers Mme Sandoz qui n’est qu’une personnes impliquée parmi tant d’autre; et rappelez-vous que sans liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur.
@Jérôme Corboz
Je suis le suppôt des invalides militaires âgés suisses ou de leurs familles.
@CEDH
Je trouve très louable votre défense des invalides militaires.
J’ai un ami, et même deux à la réflexion, dont les pères sont morts dans des accidents milataires. Ces deux personnes ont été exemptées de service militaire, une possibilité dont l’un a fait usage et l’autre pas. Il a même tenu à devenir officier. Ces deux amis ne se sont jamais plaints que leurs familles aient été délaissées ou mal traitées à la suite de ces accidents tragiques. Mais il y a peut-être de tels cas et je vais m’intéresser à la LAM92 et son article 47 en date du 19 juin 199, dont vous nous dites qu’il aurait détérioré la condition des invalides militaires.
Concernant votre reproche de « népotisme » à l’encontre de Mme Sandoz, fille d’officier instructeur, qui a pris la défense des intérêts de cette catégorie professionnelle, il est absurde. Accuse-t-on de « népotisme » une fille d’agriculteur qui défend les agriculteurs, un cheminot ou fils de cheminots qui prend la défense des cheminots, un fonctionnaire qui défend les fonctionnaires etc?
Cette lettre ouverte pose une question qui mérite réflexion : indépendamment du contenu exact de l’initiative, l’image envoyée à l’étranger par un Conseil fédéral qui combat publiquement un texte sur la neutralité est forcément ambiguë. On peut débattre des nuances juridiques, mais le message perçu hors de nos frontières risque d’être bien plus simple, et c’est peut-être là le vrai enjeu du 27 septembre.
En lisant cette lettre ouverte, je trouve que l’argument central mérite vraiment d’être débattu : la perception à l’étranger d’un gouvernement qui recommande de voter non à une initiative sur la neutralité peut être interprétée comme un abandon de celle-ci, indépendamment des subtilités juridiques invoquées. La question de la crédibilité internationale de la Suisse et de la confiance des citoyens est posée avec une certaine gravité, et il est légitime de se demander si l’abstention serait une attitude plus prudente, comme le suggère l’autrice.
La lecture que vous faites de l’attitude du Conseil fédéral à l’étranger est intéressante, mais elle suppose que les autres États interprètent un NON comme un abandon pur et simple de la neutralité, alors qu’un vote porte d’abord sur un texte constitutionnel précis et sur la marge de manœuvre qu’il laisse au gouvernement. On peut défendre l’initiative sur le fond tout en contestant cette équivalence trop directe entre positionnement du Conseil fédéral et renoncement à la neutralité.
La lecture de cette lettre ouverte est saisissante : l’argument central, selon lequel un NON le 27 septembre serait perçu à l’étranger comme un abandon de la neutralité, mérite d’être pris au sérieux, au-delà des clivages partisans. La question de la crédibilité internationale de la Suisse face à la manière dont nos décisions sont interprétées par les autres États est souvent absente du débat public, alors qu’elle touche à la réputation et à la fiabilité du pays. Sans partager nécessairement toutes les conclusions de l’auteure, notamment sur l’idée de ne pas prendre part à la campagne, on peut reconnaître que cette interpellation oblige à réfléchir à la portée symbolique d’un vote, bien au-delà de la seule formulation technique de l’initiative.