Après la bataille

Comme 30% des citoyens ayant voté, je suis, ce matin, un peu triste et déçue, mais pas désespérée.

Pas désespérée

Pas désespérée, parce que cette campagne a été l’occasion de rencontrer des concitoyens magnifiques de courage – je pense notamment à ceux de nos anciens ambassadeurs qui sont intervenus dans la « bataille », qui ont osé, dans leurs écrits, dire la vérité qu’ils ont vécue sur le terrain. Espérons que nos ambassadeurs encore en place resteront lucides et efficaces, même si le devoir de discrétion ne leur permet pas encore de dire la vérité en public.

 

Pas désespérée, parce que nous sommes en démocratie et qu’aucun membre de l’exécutif ne se fait élire à vie et, en outre, parce que nos exécutifs sont collégiaux, le Conseil fédéral en particulier ; la constitution lui impose expressément de « prendre ses décisions en autorité collégiale » (art. 177 al. 1er). La composition du collège fédéral peut varier au moins tous les quatre ans, sinon en cours de législature déjà du fait de démission(s) anticipée(s).

J’avoue être un peu plus inquiète en ce qui concerne le Parlement dont les membres se professionnalisent de plus en plus, offrant ainsi une bien meilleure prise aux lobbies de toute catégorie, y compris d’influence étrangère, que des miliciens. Le renouvellement des Chambres tous les quatre ans n’est pas une garantie de changement vers le mieux et ce d’autant plus que les moyens techniques actuels favorisent plus le spectacle et le poids économique que la réflexion politique.

 

Pas désespérée parce que notre Pays n’a jamais été très fort en matière de politique internationale.  L’histoire le prouve. Sa petitesse et sa prospérité inversement proportionnelle excitent la jalousie, voire l’appétit de ses voisins proches ou moins proches et les pressions son parfois presque irrésistibles.  Mais il a néanmoins tenu le coup, parfois en tâtonnant, depuis plus de deux siècles, grâce à une neutralité reconnue et garantie dans l’intérêt des nations européennes toujours tentées, par orgueil de leurs chefs, d’être en désaccord belliqueux, puis probablement dans l’intérêt de toutes les nations, tant il peut être utile de garder dans le monde un petit îlot où l’on pourra toujours assurer l’accueil des chefs d’État désireux, sans être jugés, de trouver un chemin vers la paix.

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