L’Eglise confrontée à elle-même

Les accusations de violences sexuelles auxquelles nos Eglises chrétiennes (catholiques et protestantes exclusivement ?) doivent répondre depuis quelques années sont la cause d’une terrible souffrance pour les fidèles qui découvrent soudainement ces « lâchetés » ou ces « trahisons ». Et la vox populi, joyeusement soutenue par la presse, se repaît de ces scandales imputables à ceux qui « prêchent l’amour et le pardon » !!! « Faites ce que je dis, et pas ce que je fais ! »

Bon ! La dénonciation des « violences faites aux femmes » est à la mode et « les plus vieux souvenirs reviennent à la surface » d’autant plus vivaces qu’ils ont été « enterrés » plus longtemps. Laissons à la justice des hommes le soin de punir ce qui peut l’être encore après avoir – non sans peine, vu le temps écoulé – établi les faits. Cette « justice » aura d’ailleurs pris soin, tout en rappelant la présomption d’innocence, de « ternir » sans appel la réputation des accusés, avec d’autant plus de courage que ceux-ci sont, parfois, déjà morts ou au moins très âgés. Pour la justice des hommes, pas d’oubli, pas de pardon ! Mais pendant ce temps, les fidèles, eux, sont de plus en plus désemparés. Ils aimeraient que l’Eglise ne se contente pas de « faire amende honorable », de reconnaître les faits, de punir de son côté, mais qu’elle se manifeste clairement en tant que lieu de « réconciliation et de pardon ».

C’est une démarche d’autant plus difficile qu’elle sera vite prise, dans le public, pour un moyen de « noyer le poisson » alors qu’elle devrait être l’affirmation qu’en chrétienté, la recherche de la justice « passe parfois par un autre chemin ».

 

2 thoughts to “L’Eglise confrontée à elle-même”

  1. Chère Madame,
    Qu‘‘il est bon de vous lire.
    La vindicte populaire n‘a jamais sauvé personne à ma connaissance. Pourtant il est étonnant de voir comme nos institutions sont elles-mêmes si désemparées.
    Merci pour vos analyses pertinentes et tellement pleine de bon sens.

  2. La présomption de vérité dont bénéficient les accusatrices entraîne la présomption de culpabilité des accusés avant même le début de toute enquête.
    Bravo pour cet article.

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