L’Eglise confrontée à elle-même

Les accusations de violences sexuelles auxquelles nos Eglises chrétiennes (catholiques et protestantes exclusivement ?) doivent répondre depuis quelques années sont la cause d’une terrible souffrance pour les fidèles qui découvrent soudainement ces « lâchetés » ou ces « trahisons ». Et la vox populi, joyeusement soutenue par la presse, se repaît de ces scandales imputables à ceux qui « prêchent l’amour et le pardon » !!! « Faites ce que je dis, et pas ce que je fais ! »

Bon ! La dénonciation des « violences faites aux femmes » est à la mode et « les plus vieux souvenirs reviennent à la surface » d’autant plus vivaces qu’ils ont été « enterrés » plus longtemps. Laissons à la justice des hommes le soin de punir ce qui peut l’être encore après avoir – non sans peine, vu le temps écoulé – établi les faits. Cette « justice » aura d’ailleurs pris soin, tout en rappelant la présomption d’innocence, de « ternir » sans appel la réputation des accusés, avec d’autant plus de courage que ceux-ci sont, parfois, déjà morts ou au moins très âgés. Pour la justice des hommes, pas d’oubli, pas de pardon ! Mais pendant ce temps, les fidèles, eux, sont de plus en plus désemparés. Ils aimeraient que l’Eglise ne se contente pas de « faire amende honorable », de reconnaître les faits, de punir de son côté, mais qu’elle se manifeste clairement en tant que lieu de « réconciliation et de pardon ».

C’est une démarche d’autant plus difficile qu’elle sera vite prise, dans le public, pour un moyen de « noyer le poisson » alors qu’elle devrait être l’affirmation qu’en chrétienté, la recherche de la justice « passe parfois par un autre chemin ».

 

8 thoughts to “L’Eglise confrontée à elle-même”

  1. Chère Madame,
    Qu‘‘il est bon de vous lire.
    La vindicte populaire n‘a jamais sauvé personne à ma connaissance. Pourtant il est étonnant de voir comme nos institutions sont elles-mêmes si désemparées.
    Merci pour vos analyses pertinentes et tellement pleine de bon sens.

  2. La présomption de vérité dont bénéficient les accusatrices entraîne la présomption de culpabilité des accusés avant même le début de toute enquête.
    Bravo pour cet article.

  3. Maintenant, même les pasteurs protestants dégustent. Auparavant, les campagnes visaient surtout les prêtres catholiques. Mais ne nous inquiétons pas. Aussitôt que toutes ces campagnes hautement médiatiques auront produit les effets désirés de démoralisation du camp chrétien, ceux qui sont à la manœuvre relanceront la propagande pour libéraliser le sexe avec les enfants: inceste, pédophilie… On trouvera une présentation attrayante pour faire passer l’idée : les « droits sexuels » par exemple. Ben voyons, il n’y a aucune raison que l’émancipation ne se poursuive pas.

    1. @ Pas de souci….
      J ai la même inquiétude que vous..
      Un  » remake  » des années 70 ? où  » Le Monde » et  » Libération » , 2 journaux français pour bobos intellos gauchos, avaient publié une pétition lancée par des intellos bien sous tous rapports qui faisaient l’ apologie de la pédophilie et demandaient la libération de 3 hommes incarcérés pour pédophilie sur des mineurs en dessous de 15 ans.
      Ces gens- là qui faisaient l apologie de la pédophilie, n ‘ont jamais été inquiétés, ils ont pu poursuivre leur job , donner des leçons via la TV,sans risquer la moindre punition..voire la moindre critique..des intouchables…
      Je vous laisse aller voir la brochette de ces  » gens bien  » qui ont eu toute leur vie le culot de donner des leçons à ceux qui ne pensaient pas comme eux et qui étaient encensés lorsqu ‘ ils passaient à la TV.
      Taper simplement : journal Liberation, pedophilie annees 70..

  4. La question ici est surtout celle d’un abus d’autorité à l’université – en tant que professeur et autorité religieuse.
    Bien évidemment, la presse en profite pour se moquer des religions, mais il s’agit d’accusations graves si avérée.
    Je ne pense pas que le pardon ou l’âge devraient servir d’alibi préalable.
    Ne faudrait-il pas se distancier dans un premier temps de celui ou celle qui aurait abusé la confiance de la communauté?
    Le pardon ne peut venir qu’ensuite – si la personne reconnait les fait, demande pardon et fait amende honorable.
    Pour l’heure rien de tel.

    1. @Samy: Samy, vous êtes toujours très sage. La presse se moque de tout et de rien, c’est son « travail » et je ne peux pas le trouver sain et/ou serein. Personnellement, je ne crois pas du tout au pardon. Si un(e) enfant est violenté(e) durant son jeune âge, le mal est fait pour la vie entière car les images reviennent toujours, elles ne s’effacent jamais. Dans l’affaire qui nous occupe, il s’agit d’un spécialiste en religions et pour l’instant on ne sait vraiment pas grand-chose donc il faut attendre.

      A noter que les viols d’enfants ont également lieu au sein des hôpitaux publics et sur ce point le Canton de Vaud devrait vraiment faire un travail de recherche sérieux sur ce qui s’est passé dans certains établissements, je peux indiquer lesquels sur demande. J’ai noté « devrait » parce que tout le monde sait que ce Canton ne le fera jamais et que les victimes mineures de viols intra-hospitaliers mourront sans jamais avoir obtenu une quelconque justice, même infime.

      Donc question corollaire : qu’en sera-t-il dans le cadre des viols dans un cadre « religieux » ? Je ne vois aucune réponse à ce sujet et personne n’a intérêt à déterrer une quelconque « vérité » si « vérité » il y a. eab.
      « Adulator propriis commodis tantum suadet »

      1. Chère Eliane,
        Vous avez raison sur le fait que les traces du traumatisme resteront, les images, la mémoire. Je ne crois pas non plus que le pardon soit automatiquement une réussite.
        Mais selon le témoignage de victimes, le long processus pour vivre avec ce lourd passé traumatique peut passer par une forme de pardon.
        C’est à dire que la personne peut se libérer de la rancune naturelle pour les dégâts subits, pour sortir de la réaction.
        Mais cela peut prendre bcp de temps.
        D’autre part chaque personne est unique pour trouver comment vivre et survivre à de tels agissements.
        Et le processus pour établir les faits est quand même une délivrance pour les victimes, qui souvent doutent de ce qui leur est arrivé.
        Et souvent elles sont manipulées par leur abuseur, pour les empêcher de parler.

  5. A titre personnel, j’avais été profondément choquée lorsqu’une ou des personnes à la tête de l’église catholique dont je ne citerai pas le ou les noms avait/aient tout simplement déplacé un prêtre qui avait abusé d’enfants. Si je me souviens bien, ce prêtre avait été « muté » en France où il était à nouveau en contact avec des enfants. Cela s’appelle de la complicité et c’est impardonnable. En effet, les abus sexuels se produisent dans tous les milieux. Les Fédérations sportives par exemple ne sont pas épargnées par ce fléau. Et entièrement d’accord avec Eliane, ce type d’agressions laissent des marques indélébiles.

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