Postfinance a cédé à la tentation des cookies

Surprise, ce matin : en voulant accéder à mon compte de Postfinance, j’apprends que je ne peux y parvenir que si j’accepte les cookies. Pas d’avis préalable, pas de choix possible dans les cookies, juste un accès aux conditions garanties (donc imposées!), et aux promesses de protection auxquelles personne ne croit, sachant que le monde d’internet est celui de l’impunité, du vol et de la tricherie, quelles que soient les lois votées par des parlementaires aussi crédules que pleins de bonne volonté !

Quel prix Postfinance a-t-elle négocié pour nous vendre ? Apparemment pas même de quoi supprimer les 5 frs de frais mensuels puisque Postfinance n’a pas eu l’élégance de nous offrir à l’avenir la gratuité de son travail (bien fait jusqu’à présent, il faut le reconnaître) en échange du pillage de nos données.

A qui nous a-t-elle vendus ? A Google ? En tous les cas aux Etats-Unis ou à quelque autre pillard sans scrupules. Mon écran va donc être envahi de réclames pour je ne sais quoi, d’offres de voyage ou autres entourloupes, soigneusement choisies, dit-on, en fonction de mes goûts. A bon entendeur : mon goût dominant est une allergie à la pub.

Le système des cookies est d’une malhonnêteté exceptionnelle. Personnellement, je n’accepte jamais aucun cooky, ce qui m’empêche de prendre connaissance d’un certain nombre de textes ou d’entretiens, voire d’accéder à certains spectacles. Tant pis ! Je n’ai pas envie de mettre ma messagerie à la disposition des abuseurs d’énergie et du temps des autres, des rouleaux compresseurs de la variété des goûts et des opinions, des voleurs patentés d’identité.

Maintenant, je suis coincée par la malhonnêteté de Postfinance. Comment échapper à la pieuvre informatique ?

6 thoughts to “Postfinance a cédé à la tentation des cookies”

  1. C’est effectivement scandaleux. Voilà longtemps que j’ai fait le choix de quitter La Poste au profit de ma banque cantonale.
    Les banques cantonales disposent du plus vaste réseau de distributeurs automatiques de Suisse, permettant aux clients de retirer de l’argent sans frais auprès de toutes les banques cantonales du pays. De plus, elles ne facturent pas de frais minimums sur les comptes, contrairement à certaines autres institutions.
    Pendant ce temps, La Poste semble vouloir se transformer en banque d’affaires, alors que sa mission première est d’assurer un service postal de qualité. Imposer des frais minimums à ses clients et les contraindre à accepter des cookies pour accéder à certains services est une dérive que je trouve inacceptable. Une entreprise de service public devrait privilégier le respect de ses usagers plutôt que des pratiques commerciales toujours plus contraignantes.

  2. J’ai lu avec intérêt votre billet : il est presque étonnant que la demande d’acceptation des cookies n’apparaissent qu’aujourd’hui.
    En effet, j’aime à rappeler que les cookies sont nécessaires dès lors qu’une identification à un compte est nécessaire. Les autres cookies informatiques sont bien entendu à proscrire !
    En ce qui concerne la publicité, je préconise systématiquement l’utilisation d’un navigateur web sûr comme Firefox, couplé à l’extension uBlock Origin (disponible également pour d’autres navigateurs), qui est désormais incontournable, car elle bloque tout type de publicités (même au début et au milieu des vidéos youtube) et de traceurs.
    À ce propos, Postfinance semble faire figure de bon élève, puisque l’extension n’a trouvé qu’un tracker (qui plus est uniquement « interne » : sgtm.postfinance.ch), en comparaison par exemple de Bluewin (entre 20 et 40 traceurs bloqués selon les pages).

    Enfin, pour répondre très concrètement à votre ultime question : en utilisant exclusivement des logiciels libres, dont le code est ouvert (donc dont un audit est possible) et des services réellement respectueux de leurs utilisateurs (≠GAFAM). Les alternatives existent, il faut, comme souvent, sortir un peu des sentiers battus.

    1. Pas étonnant, je crains que cela ne soit maintenant la règle. C’est comme pour tout, avec des autorités qui ne sont plus de notre côté, qui nous ont trahi pour s’accrocher au train néolibéral, financier, mondialiste, et caetera, nous ne pouvons rien faire. Il reste certes la Justice, mais elle est incertaine et chère.

      En parlant de la Poste, il y en a une bien bonne : le Conseil fédéral propose de délocaliser les… boîtes aux lettres ! Oui, les enlever des entrées d’immeubles pour les mettre… Dieu sait où, quelque part dans le quartier, mais à une distance « raisonnable », promis juré ! Ce serait bon pour la planète, paraît-il ! Nos autorités sont en plus devenues folles !

    2. @AlainR: Firefox = évidemment. C’est la base, avec Tor. J’ai renoncé à expliquer comment je m’organise et comment j’ai fait « monter » mes PCs (firme très spécialisée complètement en-dehors des circuits habituels & classiques) car, quoi que l’on fasse, si on entre pas dans les « modes », on est vivement critiqué(e)s.

      Certains journaux en ligne ont tellement de trackers que j’ai aussi renoncé à lire leur prose. Même en les désactivant systématiquement.

      A noter qu’on vit très bien en s’organisant en parallèle et maintenant c’est pour presque tout qu’il faut prendre diverses dispositions pour avoir la paix. Et ne pas entrer dans un univers « fake », visant au « contrôle » et donc forcément décevant.

      Effet de troupeau: si cela plaît à la quasi majorité, pas de problème mais il ne faut pas embêter la minorité.

      Bons messages. eab

  3. Il y a déjà eu des antécédants avec Postfinance qui utilisait les données de paiements pour les revendre. Suite aux réactions des clients, il a ensuite été possible de désactiver cette utilisation.

    Concernant les cookies, je suis d’accord avec vous sur le fond.

    Par contre, j’ai réussi à me connecter à Postfinance sans être obligé d’accepter les cookies. Il y a une petite astuce: il ne faut pas cliquer sur « accepter » (qui est la seule option offerte) mais sur « modifier » qui est affiché plus haut dans le texte. Vous pouvez ensuite désactiver les cookies. A noter que les cookies de fonctionnement pur ne peuvent pas être désactivés mais pas seulement sur Postfinance mais aussi n’importe quel site. En effet, sans cookie de session, il faudrait vous ré-identifier à chaque page.

    Face à la multiplication des moyens d’identifier et de tracer les utilisateurs (scripts croisés, fingerprinting, pixel de suivi, etc), je pense que cette histoire de « cookies » est l’équivalent du « green washing » mais appliqué aux droits à la vie privée.

    Ainsi, on fait croire à l’utilisateur qu’on lui donne le choix. Il est alors rassuré alors des dizaines d’autres techniques bien plus intrusive sont mises en oeuvre à son insu pour pomper ses données (que le législateur s’est bien gardé d’interdire).

    Sans compter, l’arrivée de la future obligation européenne d’identification avant d’accéder à divers services. ça commence pas les réseaux sociaux puis ça va se généraliser à l’accès à internet pur et simple.

    Bref, ça va pas aller en s’arrangeant surtout avec la naiveté avec laquelle la population suisse a accepté le eID.

    Mais il est possible qu’un piratage à grande envergure (les techniques ont fortement évolué avec l’IA) montre à la population qu’elle s’est trompée. D’ailleurs, je crois que la mise en oeuvre de l’eID a déjà été décalée à cause de la faiblesse de la sécurité.

  4. Il me semble un peu dérisoire de se focaliser rageusement sur les cookies, alors que le traçage s’infiltre par toutes les brèches, voulues ou non, qui se présentent dans les réseaux.
    À mon sens, le véritable tournant s’est produit il y a une trentaine d’années. Avant la généralisation d’internet, j’effectuais mes paiements par le Vidéotex : les fichiers de paiements étaient créés et enregistrés localement, à l’aide d’un petit logiciel qu’on achetait sur une disquette. Pour envoyer le fichier à la banque, il fallait lancer une connexion par modem, laquelle s’interrompait automatiquement, quelques secondes plus tard, lorsque le transfert était terminé. Puis on a trouvé que ce serait bien plus pratique d’être connectés en permanence. Alors l’espèce humaine s’est transformée en un animal géant.
    Le philosophe français Gaspard Koenig a cherché à évaluer l’impact social de l’informatique, en consacrant toute une année à parcourir le monde, pour interroger les meilleurs spécialistes actuels. Le livre qu’il en a tiré s’intitule fort justement : La fin de l’individu. Désormais, un être humain n’est plus un organisme vivant indépendant : sans que nous nous en rendions clairement compte, chacun d’entre nous a cessé d’être un individu, pour devenir un nœud dans un réseau. Un peu comme les neurones d’un cerveau qui ne servent à rien d’autre qu’à recevoir et à transmettre en permanence des informations ; et qui meurt en quelques heures s’il est isolé.

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