Vous avez dit « Neutralité armée »?

Un pays neutre n’est pas crédible s’il n’a pas une armée crédible. Mais encore faut-il s’entendre sur la notion d’«armée crédible ». Ce n’est pas qu’une question de capacité militaire, c’est aussi  et avant tout peut-être, la capacité et la volonté d’être « prêt à se défendre par soi-même ».

Il s’agit donc autant d’un état d’esprit que d’une aptitude technique. Osons le reconnaître, nous ne remplissons, en ce moment, aucune des deux conditions, pollués que nous sommes, depuis des décennies, par l’état d’esprit qui règne (régnait ?) au sein des pays de l’OTAN. L’OTAN, c’était l’Oncle Sam et on pouvait dormir !

 

Prêt à se défendre par soi-même ne signifie pas ignorer les autres et la complexité européenne

Cela signifie être le premier responsable de sa propre sécurité et concevoir le risque d’être menacé, en tant que pays neutre, comme lors de la dernière guerre mondiale. La neutralité armée n’implique pas d’ignorer les réalités. Il pourrait parfaitement s’avérer nécessaire, pour notre propre sécurité, d’être capable de collaborer avec d’autres. C’est une situation particulièrement délicate, la collaboration n’ayant pas pour but de participer à une guerre concernant les autres, pour se montrer solidaire et avoir la conscience tranquille, au risque de ne servir à rien. La collaboration doit éviter d’accroître le danger pour les autres pays  et pour nous-mêmes, en devenant une sorte de « trou tactique » dans leur défense globale. La capacité – suivant la situation – de se défendre avec les autres Etats européens, exige une aptitude à collaborer avec eux sur le plan militaire. Il s’avère ainsi logique que nous ayons des contacts militaires avec l’OTAN, mais…

 

Comme toujours dès qu’il s’agit de la neutralité, la difficulté réside dans la manière de communiquer

Il ne s’agit à aucun moment de « se rapprocher de l’OTAN » comme on le lit et l’entend souvent, mais bien de chercher, en tant que pays neutre, à ne nuire ni à notre sécurité, ni à celle de l’Europe. Un matériel compatible, des exercices communs peuvent représenter un moyen adéquat – ce à quoi nous veillons déjà mais en laissant trop souvent planer un doute quant à l’étendue de notre soumission à l’OTAN. Il ne doit s’agir que d’une coopération dans des situations précises de danger comme le dit l’initiative sur la neutralité soumise au vote en septembre prochain.

 

La neutralité doit être armée pour être crédible, mais elle doit aussi être sans cesse expliquée. Or, la communication est un art mal exercé, depuis des années, par notre monde politique. Comment être honnête et nuancé dans un monde devenu binaire ?  Difficile aussi d’être clair quand on veut feinter avec la vérité. La position du Conseil fédéral et du Parlement par rapport à l’initiative « sur la neutralité » est extrêmement inquiétante. Si le peuple et/ou les cantons la refusent, ce sera un suicide et le reste du monde rigolera. Si les deux l’acceptent, quelle confiance pourrons-nous avoir en nos autorités ? Puissent alors les élections fédérales de 2027 être l’occasion d’un sérieux coup de balai !

36 thoughts to “Vous avez dit « Neutralité armée »?”

  1. La neutralité était considérée comme une grave menace pour l’OTAN durant la guerre froide. Comme une position politique qui était considérée comme une forme de défiance vis-à-vis du leadership anglo-saxon.
    Je ne crois pas que les choses aient fondamentalement changé.
    Il suffit de voir que le nombre des pays neutres ne cesse de diminuer, comme on l’a encore constaté avec la guerre en Ukraine.
    De fait, il existe une réelle pression sur les pays neutres pour qu’ils cessent de pratiquer leur neutralité activement, sous peine de subir une forme d’isolement international.
    Et donc, nos dirigeants sont contre toute forme d’affirmation de la neutralité.
    Ils ne veulent pas subir les foudres de leurs « amis ».
    Ils ne veulent pas non plus débattre à ce sujet avec la population.
    C’est triste, mais la Suisse n’a jamais eu des dirigeants courageux de ce point de vue.
    La neutralité, que la population perçoit comme un attachement à la paix, n’est pas vraiment aimée par nos dirigeants qui préfèrent s’aligner sur le plus fort, tout en utilisant la neutralité comme une carte de visite diplomatique, avec le chocolat et les montres.

    1. @Samy: Contente de vous lire Samy. Dans ce cher pays Suisse, il y a de grandes contradictions, mais aussi une épouvantable mauvaise foi et on peut commencer par la « neutralité ». Medius in bello, extra bellum positus (Huig de Groot). Bellum, bellico, belligerante, bellicose ….. la déclinaison de termes presque similaires de type « avertissements » quant à une guerre possible est surprenante et très ancienne.
      A croire que les humains ne savent rien faire d’autre lorsqu’ils sont en vie.
      PS : je ne voudrais jamais que l’on m’offre une montre mais certainement des chocolats belges (excellents et méconnus).
      Au plaisir de vous lire, eab

  2. Être «prêt à se défendre par soi-même», ou être «prêt à accepter de perdre ses enfants», comme le déclarait le chef d’état-major français Fabien Mandon en novembre dernier, suscitant une belle salve de réactions? En pratique, les deux choses ne sont pas fondamentalement différentes, si ce n’est dans la manière de communiquer…
    Cela dit, une armée est crédible (du latin credibilis, croire) si un agresseur potentiel est amené à croire qu’elle sera capable de résister, garantissant par là sa fonction dissuasive. Car le but idéal d’une armée n’est pas de combattre, mais de dissuader.
    Quant à la neutralité, elle est définie par les Conventions de la Haye de 1907, qui n’interdisent que trois choses à un État neutre: 1. d’envoyer des soldats combattre avec les belligérants (les quelques Suisses partis se battre en Ukraine, seront poursuivis pénalement à leur retour); 2. de mettre son territoire à disposition des soldats belligérants (la Suisse a refusé d’accueillir des soldats blessés, russes ou ukrainiens, pour se faire soigner chez nous car, blessé ou pas, un soldat reste un soldat); 3. de favoriser l’un des belligérants, en fournissant par exemple des équipements à l’un et pas à l’autre (pour l’instant, la Loi sur le matériel de guerre interdit toute fourniture aux belligérants. Un assouplissement de cette interdiction sera soumise au référendum).
    Dans le conflit russo-ukrainien en particulier, la Suisse a respecté ces conditions, et par conséquent sa neutralité. Pourtant elle est largement perçue comme n’étant pas neutre, surtout à cause de la reprise des sanctions, dont les Conventions de la Haie ne disent rien du tout: l’utilisation de sanctions n’a été formalisée qu’à partir de 1945 (à l’article 41 de la charte de l’ONU) et n’est devenue un instrument usuel que depuis les années 1990 (la fin de la guerre froide).
    Aujourd’hui, sanctionner à tort et à travers est une véritable marotte, souvent sans analyse sérieuse, ni de l’efficacité pour les pays qui subissent, ni de la nocivité pour les pays qui en décident! Il est donc nécessaire d’ajouter le refus des sanctions à la définition de la neutralité, comme le demande l’initiative.

  3. En effet, la neutralité de la Suisse ne doit pas dériver vers un « trou tactique » au sein de l’Europe, qui verrait une évolution possible vers une Ukraine vaincue et soumise à la Russie, ouvrant un passage vers la Suisse par une Hongrie instable (voir la période Viktor Orban, favorable à la Russie et anti ukrainienne) et une Autiche neutre, militairement très faible.
    Ce genre de neutralité stricte envers l’OTAN et nos voisins ouest européens ne peut que faire le jeu de la Russie poutinienne, revancharde et ennemie déclarée de l’Occident.

    1. C’est vraiment agaçant de lire l’argument de monsieur Ttissot. Il n’aime pas Poutine. Evidemment c’est son droit. Mais il ne se demande pas ce qui est bon pour la Suisse. Pour quelqu’un comme moi, attaché à une conception stricte de la neutralité, la sécurité de la Suisse est mieux garantie par une stricte neutralité qui signifie que nulle puissance n’a intérêt à nous attaquer. Évidemment cette neutralité doit elle-même être rendue crédible par une armée forte, sinon on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Si nous sommes faibles et désarmés, une grande puissance pourrait être tentée d’occuper notre territoire, ne serait-ce que pour éviter que l’autre grande puissance le fasse. Donc neutralité armée. Mais monsieur Tissot n’en reste pas là. Ça ne lui suffit pas de faire le nécessaire pour la sécurité de la Suisse. Pour lui, il faut encore menacer Poutine. Et ce pour une raison morale: parce que Poutine est méchant (revanchard et ennemi de l’occident). Désolé cher monsieur Tissot, mais ça, ce n’est pas notre affaire. D’accord Poutine n’est pas gentil. Il est même très méchant. Mais ce n’est pas notre rôle de punir les méchants. Notre rôle est UNIQUEMENT de préserver l’existence du peuple suisse en ne nous laissant pas entraîner dans une guerre qui ne nous concerne pas, car nous sommes neutres. Donc nous DEVONS ne pas prendre parti. Monsieur Tissot voit que si nous avions été fidèle à notre parole historique, qui est la promesse faite au monde de ne JAMAIS nous mêler des querelles des grands, cela aurait fait plutôt plaisir à l’affreux Poutine, car nous ne serions pas venus grossir la puissance de ceux qui veulent nuire à la Russie. Oui, c’est vrai. Mais voyez vous, si Poutine s’en serait réjoui ce n’est pas notre problème. Nous n’avons pas pour vocation de renforcer les coalitions militaires qui veulent entrer en guerre avec la Russie. Notre seul DEVOIR est de rester hors de la guerre, de toute guerre. Nous avons pris des sanctions contre la Russie et c’était une faute. Nous avons été trop lâches pour résister aux pressions de ceux qui voulaient la guerre avec la Russie. Nous avons même fait du zèle en prenant des sanctions encore plus sévères que les autres pays bellicistes de l’EUROTAN. Donc, alignement et surenchère belliciste, pour nous faire bien voir. Faut-il rappeler à monsieur Tissot que les sanctions sont des actes de guerre ? Alors voilà, monsieur Tissot est content. Nous avons pris une posture morale insensée, suicidaire et radicalement incompatible avec la neutralité. Cette posture irresponsable, est répréhensible car elle met la Suisse en danger. Si la guerre déborde vers l’Europe de l’ouest, les forces russes n’auront aucune raison de respecter la neutralité suisse (ce que même Hitler avait fait) puisque cette neutralité a été bazardée par nos autorités et que nous sommes effectivement un pays hostile, membre de facto d’une coalition militaire. Monsieur Tissot vous raisonnez comme un tambour et c’est très inquiétant de vous lire. Espérons que votre inconscience ne reflète pas le sentiment majoritaire de nos concitoyens-soldats. Sinon, il y aura des membres de la famille Tissot qui risquent de mourir dans une guerre où la Suisse pourrait être entraînée, simplement parce, comme vous, on ne comprend plus la raison d’être de la neutralité, son vrai sens, qui exige de lui donner une définition stricte, et pour tout dire on la méprise. C’est effrayant.

      1. M. de Muralt, la réalité est que Suisse fait partie de notre Occident démocratique et que la Russie de Poutine en est l’ennemie déclarée.
        La neutralité bien comprise d’aujourd’hui, solidaire avec les démocraties européennes, est nécessaire pour se garder des nuisances de la Russie, mais elle ne menace pas Poutine.
        Ce qui est effrayant, c’est la naïveté de votre modèle de neutralité stricte, stipulant que Poutine la respecterait. Ce serait une neutralité de soumission.
        L’histoire nous l’a enseigné, une neutralité isolée, sans collaboration avec ses voisins, n’a jamais empêché les dictatures d’envahir les petits pays neutres.
        Ainsi, vous jouez également du tambour, mais celui de la Russie qui cherche à intimider et à diviser ses voisins… On risque de mourir, comme en 1938 à Munich…

        1. Puisque vous mettez en avant la démocratie, jouons le jeu.
          Est-ce que vous accepteriez que la Suisse suive un chemin décidé par sa propre population en matière de politique étrangère?
          Car cela ne semble pas envisagée dans votre réflexion.
          En cela, le concept d’ « Occident » que vous mettez en avant paraît même anti-démocratique.
          C’est un concept qui paraît décidé à l’extérieur par d’autres autorités (appelons-les les « puissances nucléaires occidentales » ou l’OTAN) – pour éviter que la population n’aborde ce type de questions et que la politique étrangère ne devienne un enjeu démocratique.
          Rien que d’ouvrir ce débat semble tabou à vos yeux.
          Si vous êtes pour la démocratie, demandez aux populations de trancher!
          En Suisse, en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Grèce, etc.
          Or, il n’est pas du tout évident de deviner ce qui sortirait des urnes.
          D’autre part, cela n’est pas parce que Poutine est un dirigeant dangereux, que la Suisse devrait renoncer à ses valeurs pour défendre je ne sais quel « Occident ».
          C’était d’ailleurs ce même l’argument qui avait poussé Berne à collaborer avec l’Axe durant la 2e GM – à savoir lutter contre le « communisme ».
          On sait où cela nous a mené.
          Je préfère que la Suisse soit réellement neutre – ce qui ouvrirait des voies pour la diplomatie, au lieu de créer des blocs militaires antagonistes et verrouillés.
          Les alliances militaires sont par essence anti-démocratiques, car pour qu’il y ait démocratie, il faut accepter le débat en son sein.

          1. M. Samy, y a-t-il plus démocratique que la Suisse ?
            Le peuple et les cantons voteront prochainement sur une neutralité stricte et isolée ou une neutralité ouverte à la collaboration avec nos voisins, membres de l’OTAN ou non.
            Le débat sur l’armée et la neutralité se poursuit démocratiquement dans notre pays, et il n’y a pas de projet d’adhésion à l’OTAN.
            Les peuples des pays européens membres de l’OTAN n’ont, certes, pas voté directement, mails ils ont élus des représentants qui ont pris les décisions d’adhésions en leurs noms.
            La naïveté du pacifisme et de la neutralité absolue est un encouragement aux appétits des empires totalitaires.
            Et aujourd’hui, un ex empire totalitaire cherche sa revanche et sa restauration à l’Est du continent européen.
            L’heure n’est, à nouveau, plus au pacifisme naïf et à l’illusoire neutralité absolue.

          2. L’initiative ne parle en effet pas de « neutralité absolue », ce qui ne signifierait pas grand chose, mais de neutralité perpétuelle, autrement dit, pas d’une simple neutralité d’opportunité du moment et rappelle, dans deux alinéas, ce qu’implique, en droit international, une telle neutralité. Je dois avouer que le texte de l’initiative est d’une intelligence totale à la différence de ce que je croyais être un texte antérieur qui mentionnait sauf erreur une « neutralité intégrale », expression incompréhensible. Je ne vois pas ce que le Parlement (et le Gouvernement?) peut lui reprocher, car l’énoncé des règles générales des alinéas 2 et 3 laisse au Gouvernement (avec décision du Parlement) le soin et la responsabilité de déterminer quelles mesures sont, dans un cas d’espèce, celles qui seraient conformes aux exigences constitutionnelles (et donc internationales).
            Qui dit mieux? Ce ne peut être simplement une reprise servile des mesures décidées par des Etats-Tiers.

          3. Un grand merci à @Samy et à @J.-V. De Muralt d’avoir remis les pendules à l’heure !
            Cela fait du bien. eab

          4. Dans votre précédente réaction, vous parliez de la Suisse comme d’un potentiel « trou tactique ».
            Soit on l’apprécie comme un pays démocratique, et on devrait la défendre comme telle.
            Soit on la considère comme un « trou tactique », et alors on souhaitera contrôler sa démocratie, et l’on fera tout pour influencer la population dans la direction souhaitée, en prétextant que des experts militaires seraient plus à même de choisir ce qui est bon pour elle.
            Il faut choisir entre ces deux vision.
            Vous ne pouvez pas prétendre défendre la démocratie suisse en considérant que cette démocratie elle-même serait une menace pour l’Europe.
            Les menaces pour les démocraties apparaissent à mon sens quand les militaires prennent le pouvoir sur les populations civiles, ou quand on infantilise la population, ou quand on attaque les droits fondamentaux.
            Souvent cela se fait à travers la peur.
            Comme on l’a vu dans les années 30, sous prétexte de lutter contre le péril communiste, les pays européens sont devenus rapidement des régimes autoritaires, voire des dictatures abjectes, parmi les plus sanglantes de l’histoire, qui ont entraîné le monde dans la guerre et causé la mort de dizaines de millions de personnes!
            Même la Suisse s’est fait honte à travers sa collaboration avec l’Axe.
            Sincèrement, la militarisation en cours en Europe ne me plaît pas du tout. C’est un processus extrêmement dangereux pour les habitants de ce continent.
            Si cela se trouve, ce processus est bien plus dangereux pour l’Europe que Poutine lui-même.
            Car ce processus mine de l’intérieur les valeurs démocratiques, le respect des minorités, pour les remplacer par des valeurs de type impériales et militaires.
            D’autre part, l’OTAN n’est pas seulement une alliance défensive. L’OTAN mène des guerre offensives depuis 30 ans.
            Et je ne vois pas l’intérêt de nous associer à de telles politiques, qui finissent toujours par des catastrophes.
            La neutralité est de loin un moindre mal pour la Suisse.

          5. @Samy: J’ai lu avec attention votre dernier commentaire (22 juillet 2026, 19h17). Merci beaucoup.
            Les prétextes actuels comportent également une réduction massive de la population mondiale. Partout, on arrive carrément à saturation et tous les moyens seront bons pour « assurer » cette réduction.
            On nous fait constamment croire à une certaine « bienveillance », mais non l’obsession des dirigeants partout reste le « contrôle » et le « contrôle » inclut aussi « élimination de toute l’herbe qui dépasse du gazon bien uniforme ». Toutes les méthodes seront bonnes à l’usage, y compris des guerres absurdes mais utiles à un très petit « cercle » d’individus. Au plaisir de vous lire, eab

        2. Cher Monsieur Tissot, désolé mais vous feriez mieux d’avouer la vérité : vous ne croyez PLUS DU TOUT à la neutralité. Vous êtes même hostile à la neutralité puisque vous la subordonnez à un principe moral. La neutralité n’a JAMAIS admis cette subordination. Elle est AMORALE, non pas immorale. Son principe c’est la sauvegarde de l’existence suisse en étant insensible au sentiment et en rendant absolument crédible que la Suisse est résolue à se défendre contre TOUTE menace sur son territoire et on se limite strictement à la défense du territoire et pour cela nous devons rester hors de l’OTAN. Ce qui est triste, c’est que votre vision morale contraire à la neutralité est probablement très répandue, si ce n’est majoritaire. Ça me rend très pessimiste sur l’avenir de la Suisse. Lors du prochain conflit, si les combats se déroulent à l’ouest de l’Ukraine, pour la 1ère fois depuis 1815, à cause de la perte du sens de la neutralité dont vous êtes un exemple, notre territoire risque de ne pas être préservé alors qu’il l’avait été en 1870, 1914-18 et 39-45.

          1. Mais Monsieur Tissot aimerait tellement que nous allions guerroyer pour  » dégommer » ce méchant Poutine et sauver ce gentil Zelensky !

  4. M. Jean-Pierre Vettovaglia, ex-ambassadeur suisse, explique dans une vidéo d’1h46’ comment les autorités fédérales traitent la neutralité suisse.
    Voilà le lien : ttps://www.youtube.com/watch?v=j4x5HjbFVTc

  5. Les sanctions, à part celles décrétées par l’ONU, ne sont pas compatibles avec la Neutralité. Notre fricotage avec l’Otan non plus, qui va plus loin que la simple collaboration. Personnellement, je me fiche pas mal de la soi-disant « menace russe », qui est inexistante. En revanche, bien plus inquiétante est la menace de Trump, qui peut nous faire très mal avec ses droits de douane. Que dire de l’Otan, qui n’hésitera pas à nous neutraliser (envahir) en cas de guerre, si nous persistons à vouloir rester neutres…

    1. J-V De Muralt : Merci ! Comme vous le dites plus haut, et j’ai omis de le préciser, il va sans dire que toute bonne Neutralité se doit d’être armée ! Sinon, nous serions les premières victimes d’une extension de la guerre actuelle.

      Par ailleurs, le concept rocambolesque cassisso-amherdien (et certainement jansien et pfistérien, sans doute parmelinesque, bien que lui, sa spécialité soit l’horrible blond, plus tout ce que le pays compte de bien-pensants) de « neutralité évolutive » n’est qu’un enfumage ! Neutralité ou pas de neutralité, c’est tout ! Les traités, rien que les traités, seulement les traités, soit Vienne 1815, La Haye 1907 et quelques autres bricoles!

      Et j’ai aussi omis de préciser que les droits de douanes trumpiens sont illégaux, au regard de l’OMC, mais tout le monde a l’air de s’en ficher ! Les traités disais-je !

  6. L idéal serait que tous les États du monde soient neutres , ainsi  » il n y aurait pas de guerre » comme le disait la maman d ‘ Albert Cohen ( Le livre de ma mère)
    Je sais, elle était naïve ….

    1. Quand on voit la pression mise lors de chaque crise sur la Suisse officielle pour qu’elle bafoue sa neutralité au profit de tel ou tel belligérant (c’est une vieille histoire), je me demande s’il ne suffirait pas d’un seul exemple probant pour changer de dynamique…
      Car si les populations impliquées ne « croient plus » dans la guerre et ses alliances, toutes les politiques qui sont basées là-dessus seront vouées à l’échec.
      Mais la perfidie du système militariste, c’est que dès qu’une menace disparaît aux yeux de la population, le système est très imaginatif pour en dénicher une autre.
      Or si l’on regarde la fin inattendue de l’URSS: l’URSS s’est soudain écroulée parce que à ce moment-là plus personne ne croyait dans leur modèle, pas même ses propres dirigeants à ce moment précis.
      Pour le cas de la neutralité – elle sera probante, quand elle sera réellement appliquée.
      Cela n’est pas pour rien que les alliances militaires considèrent la neutralité comme une menace réelle.

  7. Ma réponse à M. Samy, 22 juillet 2026 à 19h17 sur la Suisse, potentiel « trou tactique ».
    Votre vision idéale de la neutralité et de la démocratie que vous appelez de vos vœux s’accompagne malheureusement d’une condamnation des alliances militaires, essentiellement l’OTAN et son renforcement armé de la part de ses membres européens.
    Vous allez même jusqu’à supposer que ce processus serait plus dangereux que la Russie de Poutine…
    De même les démocraties autoritaires de l’Europe des années trente sont devenues des dictatures sanguinaires ayant causé la mort de la mort de dizaines de millions de personnes.
    Sauf que la guerre à été déclarée par une seule dictature, celle des nazis d’Hitler, assurée de la neutralité apeurée et lâche des Occidentaux à Munich, puis alliée de circonstance avec l’autre dictature sanguinaire de l’Europe, à savoir l’Union soviétique de Staline, afin de se partager la Pologne.
    Sur ces dizaines de millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, 14 millions de civils, résidant dans les terres de sang (Pologne orientale, pays baltes, Biélorussie et Ukraine), occupées trois fois de suite par ces deux régimes totalitaires, ont été délibérément éliminés lors des tueries de masse perpétrées à parts égales par ces deux dictatures monstrueuses.
    Seule la dictature nazie, vaincue, à fait amende honorable.
    L’autre dictature, soviétique, triomphante, n’a pas ou si peu, fait amende honorable, et aujourd’hui réhabilite Staline, un des plus grand criminel de l’histoire.
    Donc, je le répète, pas de nouveau Munich !
    Et pas de naïveté confortant les appétits de Poutine.

    1. L’Allemagne nazie a été financée et armée par l’Occident, même si chaque pays avait ses intérêts, parfois des divergences.
      Personne ne s’est opposé à Hitler, car l’Allemagne était un marché très lucratif, et Hitler s’opposait au communisme. Il réalisait ainsi les pensées secrètes de bcp de dirigeants et hommes d’affaires occidentaux.
      Donc l’Occident des années 30 était effectivement neutre, voire engagé financièrement à l’égard de l’Allemagne.
      L’Occident n’était en revanche pas neutre vis-à-vis de l’URSS, car l’Occident convoitait ses richesses, il a financé et armé les armées blanches lors de guerre civile russe dès 1918, de même que tout mouvement qui s’y opposerait. Beaucoup de personnes partageaient aussi l’antisémitisme d’Hitler.
      L’Occident de l’époque, du moins ses élites économiques, était donc en grande partie complice d’Hitler.
      La trahison de la Tchécoslovaquie en 1938 a été comme un signal donné à Hitler par la France, l’Angleterre et l’Italie – on ne s’opposerait pas à la volonté de Lebensraum allemand à l’Est.
      Le programme d’Hitler était clair, il l’a écrit et expliqué très précisément – un programme colonial génocidaire et esclavagiste dès le début, vis à vis des Juifs, des Tziganes et des Slaves, dans son projet d’expension à l’Est.
      Ainsi que l’anéantissement des communistes.
      Staline était certes un dictateur, mais il n’est pas responsable de la 2e GM, ni des dizaines de millions de morts en Europe centrale.
      L’occupation soviétique qui a suivi la guerre a certes été dictatoriale – et personne n’oubliera les massacres abominables commis comme à Katyn, puis la création de régimes fantoches, mais l’URSS n’est pas responsable de millions de morts en Europe centrale.
      Les régions occidentales de l’URSS ont elles été complètement dévastées par la guerre, des millions de personnes y sont mortes, à cause de la folie d’Hitler. Que cela vous plaise ou pas, personne n’a oublié cela là-bas.
      Votre post n’a qu’un but – prétendre que l’Occident aurait été naïf ou pacifiste dans la 2e GM.
      Qui peut encore croire de telles sornettes en 2026.
      C’est une historiographie révisioniste, qui ferait de l’Occident apeuré la victime d’Hitler.
      Non, l’Occident estimait qu’Hitler pouvait être utile contre l’URSS. Son attitude envers Hitler était très ambivalente.
      Quant au fait que l’Allemagne nazie aurait fait amende honorable… c’est juste risible.
      La plupart de ses fonctionnaires sont restés en place. Idem en Italie ou en France.
      Beaucoup de nazis qui avaient été trop impliqués ont été exfiltrés par les Américains en Amérique du Sud.
      Pourquoi?
      Car c’étaient des alliés de circonstance. D’ailleurs l’Amérique est restée neutre durant un certain temps vis-à-vis de l’Allemagne nazie. Une neutralité intéressée par la guerre et ses conséquences, qui allaient faire des USA la seule superpuissance occidentale.

      1. Et la Russie soviétique, après avoir pressuré ses paysans, surtout ukrainiens, jusqu’à la famine génocidaire afin de vendre leurs céréales sur les marchés mondiaux, a été largement soutenue et financée par les Alliés occidentaux dès 1941.
        Si c’est bien Hitler qui a déclencher la Seconde Guerre mondiale, affirmer que les Occidentaux étaient quasiment complices est du révisionnisme répétant le récit russe.
        Vous énumérez des faits historiques et connus sur le nazisme, que personne ne conteste.
        Cependant, votre discours tend à minimiser, voire à détourner le regard sur les crimes de l’Union soviétique dirigée par le criminel Staline. Vous répétez la doxa omniprésente, dénonçant amplement , à juste titre, l’horreur et les crimes nazis, mais cherchant, un tant soit peu, à mettre sous le tapis les crimes communistes, en les regrettant comme de simples victimes collatérales, nécessaires à l’avancée de l’homme nouveau vers la Révolution mondiale…
        Dans les « Terres de sang », (Pologne orientale, pays baltes, Biélorussie et Ukraine), 14 millions de civils, surtout des femmes, des enfants et des vieillards, ont été délibérément éliminés dans des tueries perpétrées par les deux dictatures totalitaires, nazies et communistes, et cela à parts égales.
        Le nier, comme de très nombreux sympathisant de la gauche extrême et de pacifistes crypto communistes favorables à la Russie soviétique (les mieux rouges que morts allemands) s’apparente à du négationnisme s’efforçant d’innocenter le communisme totalitaire, recouvert par de beaux discours d’intellectuels rôdés à la dialectique communiste.
        Ce qui est risible, c’est se moquer de l’amende honorable de l’Allemagne tout en fermant les yeux sur la réhabilitation de Staline en Russie.
        Pour résumer, votre révisionnisme à la sauce russe vous fait perdre beaucoup de crédibilité sur la neutralité.
        Ce qui apparaît dans ces échanges sur l’histoire de la Second Guerre mondiale et la Russie d’aujourd’hui, c’est la convergence implicite entre les deux extrêmes de la politique, une gauche encore et toujours indulgente, voire fascinée par le communisme totalitaire et une droite conservatrice anti démocratique et admiratrice des régimes à poigne.

        1. En mettant sur un même plan l’Allemagne nazie et l’URSS, vous mettez sur un même plan les responsables scrupuleux de la 2e GM et ses victimes principales – à savoir les populations d’Europe centrale et d’URSS.
          Et bien sûr, vous ne mettrez jamais en lumière la collaboration entre les dirigeants occidentaux et Hitler. Tous les pays d’Europe ont collaboré, y compris la Suisse.
          Vous passerez cela sur le compte de la « naïveté ».
          Le problème, c’est qu’il n’y a jamais eu de naïveté au niveau des dirigeants occidentaux, mais un savant calcul, pour qu’Hitler détruise le communisme et l’URSS, tout en pensant tirer les marrons du feu après la guerre.
          Que Staline ait été un tyran sanguinaire ne change rien, car Staline n’est pas responsable de la 2e GM.
          D’ailleurs c’est par l’accusation de régimes « barbares » que les Américains, Français ou Anglais ont toujours justifié toutes leurs guerres impériales, comme autrefois le faisaient les Grecs ou les Romains.
          En réalité, il s’agit d’un moyen obscène pour déshumaniser les habitants d’un territoire adverse et s’accaparer par la guerre de richesses qui échappaient à leur appétit, avec des paravents de moralité.
          Bien sûr, ces acteurs se considèrent eux-même comme étant la seule vraie « civilisation ».
          Et donc, quand bien même ils feraient la guerre, ce serait toujours officiellement pour le Bien, la Civilisation, le Progrès, etc.
          Et mon constat, c’est que la Russie, qui est devenue une puissance régionale, très affaiblie (mais riche en pétrole et en gaz), reste une des obsessions des dirigeants occidentaux, de même que le seront toujours les pays pétroliers du Moyen-Orient.
          Les dirigeants occidentaux ne laisseront jamais ces territoires en paix, tant qu’ils n’en auront la maîtrise économique complète. Que ces pays soient ensuite en ruine comme la Libye les indiffèrent, du moment que le pétrole et le gaz sont disponibles à vil prix.
          Peut-être qu’ils finiront par détruire la Russie, mais jamais je ne justifierai cette attitude homicide, responsable de millions de morts dans des territoires qui sont constamment soumis à des guerres de conquête.
          Cette attitude mortifère est le prolongement des ambitions bellicistes et racistes du XIXe siècle, comme de celle de tous les empires du passé.
          Et, contrairement à vos affirmations, mon approche n’est pas de gauche ou de droite.
          Elle est que chacun devrait s’occuper de ses propres problèmes – et laisser les autres peuples s’organiser et se développer de manière autonome.
          Nous n’avons aucune leçon à donner, vu tout ce qu’il y a de crimes dans l’histoire de nos Etats, que chacun peut étudier s’il le souhaite.
          La neutralité, c’est la dernière petite valeur de la Suisse – pour ne pas participer au charnier actuel.
          Il me semble que la population est attachée à cette valeur, avec raison.
          Malheureusement, cette valeur modeste est soumises à des pressions toujours plus insistantes de l’OTAN ou de l’UE, qui ne peuvent tolérer qu’un pays voisin ne soit pas impliqué dans leurs politiques expansionnistes.
          Donc, tout sera fait pour la Suisse abandonne le sens profond de sa neutralité (à savoir ne jamais soutenir une partie dans un conflit), pour ne garder qu’une neutralité de complaisance, alignée sur les desiderata des fonctionnaires impériaux.
          Et je souhaite que la Suisse ne participe pas à ce jeu de dupe.
          Il y a assez de choses à améliorer en Suisse, pour les habitants de ce pays…
          Plutôt que de collaborer à des politiques impériales qui finiront de toute manière aux poubelles de l’histoire un jour.

          1. @Samy, j’ai lu avec votre intérêt votre commentaire du 26.06.2026 à 14h54.
            De nos jours, qui croit encore à ce que les RTS-SRF-RSI diffusent ? Pratiquement plus personne. Depuis bien trop longtemps, nous sommes noyés dans un jeu de tromperies systématiques et un jeu payant, obligatoire et très onéreux pour les citoyen(ne)s.
            Alors pour ce qui est des débats dits « démocratiques », il vaut mieux zapper sur une chaîne étrangère de divertissements et au moins on passera un bon moment !
            De toutes les façons, le rôle des RTS-SRF-RSI reste d’effrayer systématiquement la population, pour mieux la rendre encore plus peureuse et donc in fine soumise et « esclave du système ». eab

          2. Vos longs discours, s’apparentant à la dialectique bien rôdée des intellectuels marxistes, accablant l’Occident et innocentant la Russie, l’éternelle victime, vous décrédibilisent

  8. Cher monsieur Tissot. Je vous donne raison pour votre méfiance envers le régime de Poutine. Là dessus vous êtes lucide contrairement à beaucoup de droitardés. En revanche vous avez complètement tort quand vous adhérez aveuglement au narratif belliciste de l’EUROTAN, qui veut la guerre, alors que cette guerre est inutile et peut être évitée, mais elle finira par avoir lieu à cause des gens comme vous qui sont abusés par la propagande et croient le narratif. Finalement je dirais que pour être honnête intellectuellemebt vous devriez dire ici clairement que vous êtes pour l’adhésion pure et simple de la Suisse à ce que j’appelle l’EUROTAN et je dis volontairement EUROTAN et non OTAN car chacun doit savoir que l’UE n’est qu’un protectorat américain, n’a jamais été autre chose depuis le début, et que l’OTAN n’est que le mécanisme pour ligoter l’Europe et en faire l’esclave de son maître US qui actuellement mène une guerre contre la RUSSIE, une guerre provoquée par un coup d’ état et la mise en place de marionnettes qui veulent à tout prix faire entrer l’Ukraine dans L’OTAN – contrairement à la volonté du peuple ukrainien qui veut la neutralité. Tout cela est une menace réelle sur les intérêts vitaux de la Russie et un casus belli. On le savait, car la Russie le répétait depuis 30 ans. En faisant le forcing pour otaniser l’Ukraine on a donc délibérément provoqué cette guerre. L’OTAN c’est ça. C’est une alliance offensive et non défensive. L’UE c’est pareil. Ce n’est que l’autre face de la même médaille. La Suisse doit rester neutre et fortement armée, pour sa défense territoriale exclusivement, avec une défiintion stricte de la neutralité. Et elle doit refuser obstinément TOUTE soumission institutionnelle à l’UE avec reprise « dynamique » des directives de Bruxelles, ville qui est le siège d’ailleurs, tiens tiens quelle coïncidence ! tant de l’OTAN que de l’UE ces alliances de guerre.

    1. Monsieur de Muralt, je vous remercie pour votre réponse relativement modérée et je peux vous suivre sur quelques points.
      Rassurez-vous, je ne soutiens pas du tout une adhésion ou même un rapprochement de soumission de la Suisse à l’UE telle qu’elle est aujourd’hui.
      Pas d’adhésion à l’OTAN non plus, mais une collaboration.
      Si il y eut possiblement quelques erreurs de l’Occident sur l’Ukraine qui ont pu provoquer la Russie, je vous l’accorde.
      Cependant l’agression et l’occupation russe en Ukraine depuis 2022, est devenu le casus belli d’aujourd’hui, car l’existence d’une Ukraine indépendante, libre et démocratique est menacée et donc ne peut rester sans réponse de ses voisins européens.
      Et si l’UE était, peu ou prou, dépendante des Américains, leurs désengagements et la guerre russe en Ukraine, conduisent peu à peu l’UE et les autres nations européennes à se prendre en mains.

  9. Je dirais pour résumer: L’UE c’est L’OTAN. L’OTAN c’est la guerre. Donc L’UE, qui doit être appelée EUROTAN, c’est la guerre! Je répète : l’UE c’est la guerre ! L’OTAN c’est la guerre ! L’EUROTAN c’est la guerre! La Suisse doit rester en dehors de ces deux institutions qui n’en font qu’une: indépendante et neutre avec une armée forte exclusivement de défense territoriale. Tous ceux qui prônent le rapprochement de la Suisse et de l’UE et/où de l’OTAN, fût-ce pour des raisons morales qui sont hors sujet, poussent la Suisse dans la guerre et trahissent sa raison d’être et sa vocation de pays neutre où on peut se rencontrer pour tenter de résoudre les conflits par la négociation.

  10. L’ambassade russe à Berne critique publiquement la neutralité suisse … Information très intéressante publiée le 25.7.2026 sur la RTS:
    ttps://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/la-russie-critique-la-neutralite-suisse-avant-la-votation-udc-29312647.html

    1. Franchement, on aimerait que la RTS ouvre sincèrement le débat démocratique au lieu d’insinuer que ceux qui soutiennent la neutralité seraient peut-être sous ingérence étrangère.

  11. Je voudrais attirer l’attention de Samy sur un fait très intéressant : les grandes organisations patronales ainsi que les banques dans le sillage d’UBS ont pris position contre la neutralité. Elles ont mis en garde contre l’initiative en disant que cela nuirait aux intérêts économiques de la Suisse. Ceci nous démontre une réalité navrante: nos élites dans tous les domaines, y compris les élites financières, sont devenues antisuisses, donc anti neutralité. Je pense que cela vous choque autant que moi cher Samy. En l’occurrence cela provient du fait que Jean Ziegler avait raison quand il disait qu’en Suisse le vrai pouvoir était non au parlement mais dans les banques. C’est une chose que la puissance impérialiste américaine a très bien comprise et c’est pourquoi elle a mené une guerre de 30 ans contre la place financière suisse, sous prétexte d’une critique morale hypocrite du secret bancaire, pour en réalité prendre le contrôle des banques suisses. Aujourd’hui l’UBS, fusionnée de force avec le CS, est une banque américaine, et non suisse. Donc une courroie de transmission des volontés de la puissance impériale hégémonique belliciste US. Et j’ajouterais même ceci, avec quoi cher Samy vous ne serez pas d’accord: c’est qu’on regrette l’époque où la Suisse était forte, avec une armée forte et une volonté de préserver sa neutralité armée et les avantages économiques que cela permettait: notamment le fait d’avoir un secret bancaire qui générait environ 15% des recettes fiscales du pays et donc contribuait au niveau de vie de tout le monde, mais aussi la possibilité de ne pas appliquer de sanctions contre l’Afrique du sud et faire de bonnes affaires dans ce pays, ainsi que de ravir le fixing de l’or et ses bénéfices à l’arrogante City de Londres, impérialiste et hypocrite qui prétendait jouir de ce privilège tout en sanctionnant l’Afrique du Sud. Aujourd’hui la Suisse faible, désarmée, qui n’est plus neutre, et dont la place financière est devenue un appendice de Wall Street, dont la classe politique est servile envers Bruxelles, a perdu tous les avantages compétitifs que lui permettaient son indépendance et sa neutralité. Le niveau de vie des Suissesse et des Suisses se détériore à vue d’œil. Il est beau le résultat !

    1. Vous connaissez le proverbe: « Bien mal acquis ne profite jamais ».
      J’essaie de m’y tenir.
      Donc, non, je ne regrette rien. J’essaie de vivre modestement et de réfléchir modestement.
      Et bien que n’étant pas communiste dans mes motivations, je constate que certaines analyses étaient justes dans la dynamique du capital.
      A savoir que la dynamique intrinsèque du capital est de se concentrer toujours plus.
      A une certaine époque (que vous regrettez), cette concentration a passsé par l’étape nationale, lorsque les élites financières sont devenues nationales (de régionales qu’elles étaient).
      Mais la logique du système les poussaient à désirer dépasser ce stade, qui était perçu comme un corset pour le phénomène de concentration.
      Maintenant, l’économie fonctionne à un niveau multi- ou supra- national, donc les banques ont aménagé des structures adaptées à cette réalité. Et elles soutiennent les adaptations de la loi en ce sens à travers leurs lobbys.
      Je ne crois pas que ces entreprises soient plus américaines que suisses, même si la législation américaine est au coeur du processus de concentration.
      Et il y aura des Américains qui tiendront le même discours que vous sur le passé – aussi car l’économie globale ne va pas très bien en ce moment.
      C’est aussi vrai que ce phénomène de concentration tend à appauvrir beaucoup de personnes, au profit de toujours moins de bénéficiaires.
      L’Amérique en tant qu’Etat modèle a paru centrale dans cette dynamique, car c’est le premier Etat qui a été capable de dépasser en pratique le stade des Etats européens, qui étaient construits autour d’un mythe national.
      Les USA sont aussi la première puissance mondiale sur le plan diplomatique et militaire, et surtout les gestionnaires du dollar, qui est la monnaie de référence de tout le sytème jusqu’à ce jour.
      Bref, les USA ont fonctionné comme un laboratoire et un modèle pour le monde entier.
      Mais ce qui compte à mes yeux, c’est que ces processus sont et étaient par essence anti-démocratiques. Et ils l’ont toujours été.
      Ils aspirent et aboutiront toujours à une forme d’empire, à travers toutes sortes de guerres et de douleurs.
      Et il me semble évident qu’il n’existe pas d’empire démocratique, contrairement à ce que voudraient nous faire croire certains.
      Le processus avançant, il devriendra même toujours plus évident que cette logique est foncièrement anti-démocratique, voire même mortifère pour le plus grand nombre.
      La votation sur la neutralité est juste une petite épine dans le pied, comme tous les phénomènes trop démocratiques.
      On verra ce qui sortira de la votation.
      Mais il me paraît certain que la pression maximale sera mise sur la population et sur les institutions suisses (en coulisse) pour que cette initative soit refusée.
      A titre personnel, n’étant pas attiré par les empires, je me réjouis des formes diverses de résistance.
      C’est tout.

  12. La pléthore de réactions au bulletin, tout en retenue, de Madame Sandoz du 16 juillet démontre que notre pays n’est pas dépourvu de grands « spécialistes » en politique étrangère ! Nous voilà rassurés.

  13. Cher M.Tissot avec plus de 4 années de guerre tant de perte de vie humaine que de perte … la désolation totale de l’Ukraine , vous êtes incroyable M.Tissot.
    La guerre de l’OTAN du à son expansion ne résout RIEN.

  14. 1/ Un grand Merci à madame la professeur Sandoz ( savez vous que des profs parlaient toujours de vous) a traité ce sujet au bon moment, la votation
    2/ je n’ose pas dire « sourd et aveugle » M. T.craindre d’être traitée de manière grossière
    3/ la guerre de l’OTAN avec tous ses armes de 32 pays et zelen. est la marionnette de l’otan,
    4/La Suisse est neutre dans tous les sens du terme (militairement, politiquement, économiquement…). Les pressions viennent de tous côtés : des milieux économiques (banques, entreprises multinationales…) et politiques (Conseil fédéral, UE) concernant cette votation. Je crains vraiment pour son sort… l’avenir de notre petite Suisse.
    5/ Notre pays neutre n’a pas de place pour loger des guerriers, les va-t-en-guerre macron avec sa guerre virtuelle imaginaire , la Russie attaque paris que les français doivent être prêt de sacrifier leur enfant

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