Dilemme démocratique

Entendez-vous les purs et durs de la politique appeler à la destitution de Mme Dittli ? Pas un seul d’entre eux ne se demande s’il serait compatible avec la démocratie qu’un Parlement destitue une autorité politique élue directement par le peuple.

Seule une loi au sens strict du terme ou éventuellement une disposition constitutionnelle pourrait conférer cette compétence et  préciser  quelle autorité – nouveau vote populaire ?  Parlement ? – en serait détentrice et pour quels motifs précis et prouvés.

Dans le cas de Mme Dittli, non seulement une telle disposition légale ou constitutionnelle n’existe pas, mais au stade actuel le ou les motifs ne sont ni précis ni prouvés. Les rapports Studer et Meylan – parfaitement respectables – ne sont pas des enquêtes pénales à charge et à décharge, ce que, d’ailleurs, M. Studer précisait en son temps à propos de son rapport. Sachant le large soutien populaire dont Mme Dittli semble bénéficier, il ne reste qu’à souhaiter que le Conseil d’Etat se révèle capable de surmonter l’enchaînement des malaises dont l’origine remonte au mystère du bouclier fiscal et que Mme Dittli tienne bon car elle en a l’étoffe.

Il y a fort à parier que les Députés vont réclamer l’élaboration d’une « loi de destitution ». Si tel est le cas, ce sera l’occasion ou jamais de se demander si la destitution d’un élu du peuple est conciliable avec la démocratie, quel danger de manœuvre politicienne représente une telle solution, ou s’il serait peut-être souhaitable – pour échapper aux erreurs des choix populaires – d’en revenir au système électoral d’autrefois soit à l’élection des membres de l’exécutif cantonal au second degré, donc par le législatif (Grand Conseil), comme pour le Conseil fédéral. Il faudrait certes, dans ce cas aussi, qu’un texte législatif confère précisément au législatif la compétence de voter la destitution de ses élus.

Voter la destitution d’un élu n’est pas une compétence « naturelle » de l’organe qui l’a élu, car cette compétence peut favoriser les coups d’État donc mettre en danger la stabilité de l’État et la paix politique, deux qualités recherchées et favorisées par la démocratie.

 

 

 

12 thoughts to “Dilemme démocratique”

  1. Quoi? Les rapports Studer et Meylan – parfaitement respectables ?

    Avec tout le respect qui vous est dû chère Madame Sandoz, là vous êtes décevante. Ces rapports sont parfaitement critiquables, contestables, papelards, et pour tout dire infects. Ce sont des ramassis d’insinuations, de jugements moraux hypocrites et de cuistrerie qui se permettent de clouer au pilori une femme politique qui n’a commis aucun abus d’autorité ni aucune boulette, mais qui a simplement cherché à solutionner pragmatiquement des problèmes délicats qui ne pouvaient être solutionnés que de cette manière-là et pas autrement, c’est à dire unburokratisch comme on dit en allemand. Et c’est d’ailleurs exactement la manière qu’avait employée monsieur Broulis et qu’il avait eu parfaitement raison d’employer. Mais lui on n’a pas osé le blâmer, ou plutôt on l’a fait juste pour la forme en sachant qu’il y avait precription. Tandis que pour Dittli il s’agit de « character assasination », dirait-on en anglais, soit d’une sorte de meurtre politique par médisance et insinuations.

    Peut-être bien que Miss Dittli a mis en application, avec une certaine spontanéité juvénile, un style politique et une culture de la résolution des problèmes qui a cours à Zoug, son canton d’origine, dont le succès brillant, si on le compare au Canton de Vaud, prouve que ces méthodes sont bonnes. Le peuple vaudois l’a élue pour cela, pour qu’elle change de braquet et choisisse une méthode pragmatique qui fait bouger les lignes.

    On n’a pas le droit de dire que cette approche différente est condamnable. On peut tout au plus constater que cela tranche sur les habitudes locales, qui elles mêmes ne sont pas au dessus de la critique. Les sieurs Studer et Meylan feraient mieux de s’instruire de cette approche à la zougoise, dont le canton de Vaud pourrait utilement s’inspirer. Leurs rapports n’ont aucune autorité à mes yeux. Ces gens n’ont pas le droit de juger comme ils le font la manière d’agir de Valérie Dittli. Ils ont absolument tort de badigeonner d’un vernis pénal abusif, des questions de sensibilité et de style politique sur lesquelles ils est loisible d’avoir des appréciations différentes et même de les approuver. Je les approuve entièrement et une masse de Vaudois approuvent comme moi ces méthodes et ils ont élu Valérie Dittli pour qu’elle les applique.

    M. Studer représente la sensibilité et la culture politique de gauche qui a cours dans le canton de Neuchatel. M. Meylan accuse V. Dittli d’abus qu’elle n’a pas commis, ou plutôt cette qualification d’abus est contestable et fait partie d’une mentalité elle même critiquable, dont les moeurs politiques vaudoises auraient intérêt à se débarrasser au plus vite si on veut que les choses aillent mieux. M. Meylan, il me semble, a rendu un rapport pour ménager la chèvre et le chou, surtout pour faire plaisir aux partis dominants qui ont intérêt à juger et condamner injustement Valérie Dittli.

    Donc cette manière de faire de la politique en commandant à des gens sûrs, proche du pouvoir, des rapports calibrés pour atteindre un certain résultat dans l’intérêt de la coterie dominante est un procédé odieux et politiquement déshonnête. En effet c’est parfaitement antidémocratique de juger ainsi des élus du peuple dont le seul juge doit être le peuple. M. Meylan et M Studer sont sans doute des personnes honorables, c’est le procédé qui est plus que douteux et qui n’inspire aucun respect. D’ailleurs vous verrez, au fond le peuple vaudois n’est pas dupe. Beaucoup de gens ne respectent pas cette manière d’accabler hypocritement une femme politique sincère et aimée de la population qui comprend et approuve ce qu’elle a voulu faire.

    Désolé, mais vous étiez meilleure dans votre article précédent où vous fustigiez l’hypocrisie du rapport Meylan qui sert de cache sexe à la lâcheté du PLR qui en profite pour lâcher son alliée centriste.

    1. Je pense que Mme Sandoz a utilisé respectable en pensant exactement son contraire, cela s’appelle critiquer avec classe et élégance…

      1. Non! Je n’ai pas pensé le contraire, parce que le rapport Studer mentionnait clairement le fait qu’il n’était pas une enquête pénale faute de moyens spéciaux d’investigation et que je ne présume pas la malhonnêteté d’un ancien juge cantonal. Mais merci des éloges concernant la forme de la critique.

    2. @Pas d’accord! Je vous rejoins à au moins dix mille pourcents. Ces rapports sont des déchets qui pourraient éventuellement servir comme papier allume-feu. Mais d’un autre côté, ils démontrent la totale inadéquation de la politique actuelle au sein de ce très particulier et extrêmement arrogant Canton de Vaud !
      Un Canton qui devrait d’urgence réapprendre « est modus in rebus ». J’ai néanmoins de gros doutes quant à la faisabilité (avec ou sans Madame V. Dittli). eab

  2. Avec une élection du Conseil d’État au second degré, et avec le même souci qu’au niveau fédéral de s’en tenir à une formule magique qui respecte la force des partis, Mme Dittli n’aurait eu aucune chance dans le Canton de Vaud.

  3. Les citoyennes et citoyens vaudois ayant voté pour Mme Dittli, beaucoup plus nombreux que prévu, espéraient enfin des changements à la politique des petits copains. La réaction épidermique des députés désirant évincer Mme Dittli, sans se soucier de la démocratie …, prouve qu’ils vont tout faire pour que l’opacité perdure. Et c’est consternant.
    Merci Mme Dittli de tenir bon, car vous avez très rapidement effectué un travail qui manifestement dérange énormément. Félicitations à Vous.

  4. Madame Dittli fait preuve de beaucoup de courage et il ne faudrait pas faire semblant d’oublier que cette dernière n’est pas à l’origine des savants calculs élaborés par ses prédécesseurs. On apprend par ailleurs que les jeunes du Centre Vaud ne soutiennent pas leur Conseillère d’Etat. Le courage n’est en tout état de cause par leur qualité première.

    1. Par bonheur, vous l’aurez certainement appris aujourd’hui, le comité des jeunes la soutient, même si ce n’est pas à l’unanimité, ce que l’on peut parfaitement comprendre et dont on peut même se réjouir car cela signifie qu’il subsiste une certaine liberté!

      1. Désolée d’avoir mal interprété la position du comité des jeunes du Centre Vaud et merci à vous Madame Sandoz d’avoir rectifié.

  5. Les jeunes du « Centre » sont des dégonflés. Ils devraient avoir honte.

    Mais les témoignages de M. Zweiacker, de Michèle Herzog, de Chantal, de « Ras le bol! », de Mme Sandoz etc, nous montrent bien que l’électorat de Mlle Dittli n’est pas seulement démo-chrétien ou « centriste »: Elle a été élue de l’ensemble du peuple vaudois qui voulait rompre à la fois avec la tendance gauchiste antisuisse wokiste incarnée par la non-regrettée Communauté des états socialistes latino américains (Cesla) Amarelle ainsi qu’avec les cuisines politiques des petits copains des autres partis d’ici.

    Le peuple vaudois est littéralement tombé amoureux, et il reste amoureux, de cette jolie petite suisse allemande docteur en droit, grâce à qui ils ont retrouvé un peu de bon sens helvétique. Maintenant les vieux crocodiles des partis bourgeois, alliés aux gauchistes haineux et revanchards, se sont réconciliés pour persécuter cette jeune femme qui porte les espérances du peuple vaudois majoritaire et qui est dans son coeur.

    Attention au choc en retour mesdames, messieurs les politicrasseux-ses. Nous aimons Valérie Dittli. Nous observons vos vilenies, vos mensonges, vos lâchetés, vos hypocrisies, vos calculs, vos reniements, vos trahisons. Nous enregistrons tout dans notre mémoire, nous vous jugeons et le jour des élections venus, nous nous souviendrons.

  6. Je veux insister pour que mon message soit bien compris.

    Les politichiens ont un grand défaut: ils ne calculent pas l’élément sentimental dans la politique. Entre Valérie Dittli et son électorat, qui s’est entiché d’elle et qui vient de tous les horizons politiques, il existe un lien sentimental. Une cote d’amour. Maintenant ces supporters, qui ne s’expriment pas beaucoup, observent que leur femme politique préférée est piétinée par une bande de malhonnêtes (au sens vaudois du terme, gens sans éducation et aussi parfois au sens propre). Ils n’aiment pas ce spectacle.

    L’amour envers la victime de cette curée aura des conséquences, électorales, que la meute des chiens aboyants ne soupçonnent pas.

  7. Bonjour et merci pour ce billet. Je suis absolument opposé à toute destitution, sous quelque forme que ce soit, d’une personne élue par le Peuple ! En tant que Souverain, seul le Peuple peut défaire ce que le Peuple a fait, à savoir ne pas réélire la personne ! Reste encore la démission, mais cela ne semble pas être envisagé par Madame Dittli, ce qui est tout à son honneur.

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