La guerre a toujours été un fléau causé par les êtres humains, tuant, détruisant, violant, pillant, mais elle est en train de devenir encore pire : elle devient un « jeu » technique où la mort n’a qu’un rôle statistique. Ce qu’il faut, c’est être le plus fort en technologie de destruction et de renseignement. Peu importe les morts et les blessés. Ceux-ci ne représentent qu’une sorte de dommage collatéral, source de joie ou de fierté pour le belligérant qui a réussi à « liquider » un « chef adverse ». Des enfants, des femmes, des civils tués ou blessés, on ne retient qu’une statistique – preuve de l’excellence du matériel technique utilisé -, on ne voit qu’éventuellement, parfois, une ou quelques « rangées » de cercueils ou de « grands sacs noirs ».
La menace de destruction brandie par chaque Belligérant concerne des installations techniques vitales, des bâtiments indispensables, des joyaux architecturaux ou historiques ; et si des humains s’y trouvent, c’est à leurs risques et périls. Si ces destructions plongent la population civile de l’adversaire dans la misère et le dénuement, peu importe : la technique a fait la preuve de son excellence ; les nouvelles du monde « s’enrichissent » des images de colonnes de fumée noire, de gigantesques gerbes de flammes, de monceaux de ruines. Le ciel s’anime de mille feux de drones et de fusées, le spectacle est « magnifique », chaque Belligérant se gonfle de fierté. Au mieux, « récupérera-t-il » une victime de son pays pour justifier plus de vengeance et plus de haine, pour mieux vanter la perfection technique de son matériel de guerre.
Quand la guerre n’est plus qu’une compétition technique entre des chefs d’Etat gonflés de certitudes fanatiques, la civilisation agonise.