L’art difficile de se taire en public

Plusieurs anciens conseillers fédéraux avaient jugé nécessaire de s’exprimer publiquement au sujet de l’initiative populaire relative à la 13e rente AVS. Pour quelle raison ?
Ils ont certes, chacun, le droit d’avoir une opinion et ils sont, chacun, un citoyen à 100 %, mais était-ce élégant, voire correct, de prendre une position publique, celle-ci fût-elle analogue à celle de leurs collègues en fonction ? Quand on ne peut pas échapper à son titre officiel (ici, d’ancien membre du Collège fédéral) on ne peut pas prendre une position publique où précisément ce titre joue un rôle.
Et si, à une autre occasion, ces mêmes anciens conseillers fédéraux sont en désaccord avec la position du Collège exécutif en fonction, leur simple refus ou silence donnera lieu à des exégèses variées, à des interprétations fantaisistes ou à des spéculations trompeuses ou erronées.
Une fois de plus, la discrétion – si peu conciliable avec la notoriété – aurait été une qualité : « servir et disparaître ».

Cette attitude de quelques « anciens » met en évidence une grosse faute politique que je ne cesserai jamais de dénoncer : le fait que le Conseil fédéral continue à vouloir engager l’un ou l’autre de ses membres dans la campagne précédant une votation fédérale, oubliant que ce n’est que la décision du Parlement, éventuellement celle du peuple, qui est sujette au vote, jamais directement celle du Conseil fédéral. Lui, le Conseil fédéral, il devra tirer les conséquences de la décision populaire finale et, éventuellement, la mettre en pratique. Point final.
Il n’est jamais favorable à la confiance en l’Exécutif que le peuple se sache en désaccord flagrant avec cet Exécutif, à cause du résultat du vote. Le désaccord avec le Parlement n’est pas grave, car le Parlement n’exerce pas le pouvoir, il assure (plus ou moins bien) la représentation populaire. Quand la majorité du Parlement est désavouée, après un vote, c’est l’Exécutif qui en subit les conséquences. C’est la règle du jeu dans une démocratie comme la nôtre. C’est bien là l’exceptionnelle difficulté de notre système constitutionnel, qui échappe totalement aux Etats européens et à la vanité de certains membres ou anciens membres d’exécutifs et qui déplaît à la Presse, avide toujours de personnes de pouvoir à encenser ou assassiner.

Cette fois, ce sont les auteurs de l’initiative pour une 13e rente AVS qui ont gagné. Les opposants, comité d’opposition, majorité parlementaire, ont perdu. Le Conseil fédéral, lui, devra proposer au Parlement la manière de mettre en œuvre le texte voté et d’assurer le financement de l’AVS tout en tenant compte de l’état des finances publiques. Et si la solution proposée par le Conseil fédéral n’agrée pas au Parlement et que celui-ci en vote une différente, ou même si la solution du Conseil fédéral est acceptée par le Parlement, le peuple pourra toujours lancer un referendum et le Conseil fédéral puis le Parlement devront, éventuellement, remettre l’ouvrage sur le métier. Pourquoi le Conseil fédéral perdrait-il du temps à défendre les décisions du Parlement – éventuellement contre la volonté populaire – pendant la Campagne référendaire ?

« Négocier avec le diable »

C’est sous ce titre que M. Pierre Hazan a publié, en 2022, aux éditions «Textuel », un passionnant petit fascicule dont il a été question à l’émission « Géopolitis » de la RTS du dimanche 14 janvier dernier.
Cette émission – et le livre de M. Hazan – devraient être étudiés par nos parlementaires et nos conseillers fédéraux avant les débats concernant la future éventuelle « loi interdisant le Hamas et les organisations apparentées » et mieux encore par tous ceux qui entendent répondre à la procédure de consultation en cours.
M. Hazan ne m’en voudra certainement pas de citer trois courts extraits de son livre :

P. 15 : « …en quittant le journalisme, puis les Nations Unies, où je fus même brièvement conseiller politique de la haute-commissaire pour les Droits humains, je me retrouvais impliqué dans des processus de paix et je m’entretenais courtoisement avec des gens qu’auparavant je vilipendais de ma plume…. La recherche de la paix avait désormais pris le pas sur la recherche de la justice. J’abandonnais l’éthique de conviction et la dénonciation des criminels de guerre pour l’éthique de responsabilité. L’idée d’être forcément du côté du bien dans l’éthique de conviction ne me satisfaisait plus, car elle me semblait détachée de la nécessité d’affronter la réalité de la vie internationale faite de compromis insatisfaisants et de pragmatisme, alors que je voulais continuer d’agir conformément à ma conscience. Cela supposait de se tenir sur un chemin de crête sans verser ni dans le pragmatisme cynique ni dans un angélisme naïf qui aurait été contre-productif. Pour reprendre une expression anglaise, la paix est un messy business ».

P. 17 : « … Depuis longtemps, j’ai abandonné le confort de l’éthique de conviction, ce luxe d’être cohérent avec soi-même, pour assumer l’éthique de la responsabilité. Une éthique de la responsabilité tournée vers l’efficacité qui encourage le compromis et le pragmatisme, selon les aléas de l’action, au nom de la finalité recherchée. ».

P. 19-20 : « Dans ce livre, je n’ai pas cherché à répondre à [d]es questions insolubles, mais à cartographier les zones éthiques les plus dangereuses et les dilemmes qui s’y rattachent pour établir quelques repères. Avec l’ambition assurément démesurée de contribuer à fournir une boussole morale pour les médiateurs dans un monde violent et en pleine recomposition. »

M. Hazan décrit peut-être dans ces pages – et dans tout son ouvrage d’ailleurs – ce qui devrait être la réflexion fondamentale d’un pays neutre conscient de ses responsabilités internationales dans la recherche systématique de la paix, responsabilités qui exigent le courage et l’humilité de renoncer à l’éthique de confort qui se contente de crier avec les loups, pour passer à l’éthique de responsabilité qui exige une grande force morale.

Plaidoyer pour les personnes et les peuples

Un marchand de Davos a donc cédé à la tentation de l’antisémitisme. C’est désolant ! Cela ne fait malheureusement que confirmer la confusion constante opérée entre les chefs d’Etat et leur politique, d’une part, et les peuples qu’ils gouvernent, d’autre part.
Cette confusion, on la vit chaque jour et elle est malheureusement entretenue par les pouvoirs publics eux-mêmes souvent qui cherchent à plaire ainsi à une partie de la population.
N’a-t-on pas vécu au début de l’invasion de l’Ukraine, une hargne contre les artistes russes, les athlètes russes, les soupçonnant tous d’être des suppôts de leur chef. Les sanctions prises contre les avoirs russes dans les pays européens sont d’ailleurs de la même nature : je n’arrive pas à comprendre que des pays qui se disent démocratiques et respectueux des personnes aient pu prendre des sanctions financières ou simplement des mesures ostracisantes contre des personnes présumées coupables parce que russes in casu. Sans parler évidemment de la volonté de confiscation des biens que défendent certains. A la limite, que des fonds d’Etat russes soient gelés, on peut le comprendre – sauf de la part d’un Etat neutre – car le chef de l’Etat représente bien l’entité publique. Mais plus, NON ! En tous les cas pas sans un procès équitable préalable.
J’en reviens à la vague d’antisémitisme qui semble déferler depuis la guerre contre Gaza. Mais pitié, M. Netanyahou n’est pas « tout le peuple juif » et même si beaucoup de juifs orthodoxes le soutiennent politiquement, chacun ne représente que soi-même et non pas l’ensemble du peuple dont il fait partie.
De même d’ailleurs, le Hamas n’est pas l’ensemble du peuple palestinien.

Certes, on nous a beaucoup dit, quand j’étais gosse, qu’on devait se souvenir qu’on est ambassadeur de son pays quand on voyage à l’étranger, ce qui devait nous inciter à nous conduire convenablement, à titre personnel. Mais nous savions bien que nous ne représentions pas la politique de notre pays.

Malheureusement, l’atmosphère de haine que distillent les nouvelles de tous les conflits qui se déchaînent actuellement dans le monde attise les manifestations les plus violentes que justifie cette mode actuelle d’affirmer que chaque conflit est une lutte du bien contre le mal alors qu’un conflit n’est jamais qu’un conflit où souffrent et meurent les « bons » comme les « mauvais ».

Le désastre à venir des élections américaines

Comment expliquer qu’un pays comme les Etats-Unis, de plus de 300 millions d’habitants, ne soit pas capable de proposer à ses citoyens d’autres candidats à la présidence que MM. Trump et Biden ? Je ne trouve qu’un seule explication : cette élection est devenue une parodie de démocratie. C’est en fait un achat de siège dans une vente aux enchères entre deux groupes de pression financiers.
La catastrophe mondiale qu’engendre la politique étrangère américaine louée aveuglément par une majorité des Etats européens incapables d’assumer leur propre indépendance fait sans doute le beurre de ceux qui vendent les deux candidats aux élections américaines.
Et pendant ce temps, on se réjouit qu’en Suisse, l’anglais devienne quasiment la 2e langue parlée (cf les nouvelles d’hier soir, 9 février, à la RTS). Un esprit de soumission vénale !
Quand nous réveillerons-nous ? C’est en vain que des historiens ou des spécialistes du renseignement rappellent l’histoire des relations russo-ukrainiennes ; aveuglés par la propagande américaine, les Etats européens veulent continuer à envoyer des armes à M. Zelensky afin qu’il fasse tuer ses hommes et détruire son pays pour «protéger » l’Europe.
C’est en vain que les humanitaires demandent un cessez-le feu à Gaza et la fin des massacres de la population civile palestinienne, M. Biden tient un double langage à l’égard de M. Netanyahou, attentif qu’il est à la pression d’une partie des électeurs israélites des Etats de son pays.
A cela s’ajoute le fait qu’on ignore quel jeu jouent exactement les Anglais.
Comment les pays européens ont-ils pu si rapidement se laisser « coloniser » par les groupes d’influence américains ? Ils ne peuvent plus maintenant que contempler la catastrophe à venir quel que soit l’élu. Les Etats-Unis les ont mis « hors jeu » de la politique mondiale.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire…

« … et pour réparer les torts éventuels ». Nestlé a passé aux aveux concernant son eau « naturelle ». A-t-elle causé des torts ? Je l’ignore, à moins que le contenu de ses bouteilles n’ait provoqué des empoisonnements ou n’ait coûté moins cher que le produit faussement garanti, ce qui aurait alors nui aux acheteurs. Le dommage ne doit toutefois pas être considérable pour les consommateurs.
Le dégât d’image, lui, est total. L’aveu tardif – spontané ? – ne l’évitera pas. Mais au moins, la « triche » est terminée. On peut espérer « repartir » à zéro. Comme en son temps, pour volkswagen.

Si seulement on pouvait en dire autant à propos de la récente « pandémie » du covid, des incompréhensibles secondes vagues de commandes de vaccins, des tromperies médicales ou/et scientifiques, des mesures de confinement et de fermeture des écoles toujours fortement déconseillées par les « Plans- pandémies » minutieusement préparés par des Commissions spéciales jamais consultées mais remplacées, en Suisse, par exemple, par une Task Force mystérieuse, nommée on ne sait vraiment par qui, selon des critères très discrets, avec un mandat confidentiel.
Et ces millions de vaccins périmés, comment les a-t-on détruits ? Ils ne contenaient pas des « virus » morts, puisque c’était là une de leurs grandes nouveautés par rapport aux vaccins classiques.

Quand rendra-t-on enfin publiques les recherches et révélations sérieuses de médecins, scientifiques de maints pays qui lèvent le voile sur l’énorme mise en scène. Quand organisera-t-on un vrai et honnête débat public avec des intervenants d’avis différents, sérieusement documentés, capables d’expliquer pourquoi ils ont suivi telle recommandation plutôt que telle autre.
Les erreurs sont compréhensibles, notamment quand il s’agit de prendre rapidement des décisions de nature politique car ces décisions-là sont toujours influencées par les sentiments et doivent tenir compte d’éléments impondérables liés à la nature humaine et aux mouvements citoyens.

Si les autorités politiques avouent ne pas savoir que faire, elles engendrent la panique. Mais ont-elles alors le droit – pour « rassurer » – de forcer à l’obéissance par la peur et la menace de sanction, et d’effectuer un véritable chantage aux dépens de la santé ?

La douloureuse expérience vécue avec la « pandémie » pourrait se renouveler avec l’IA et la numérisation. Et comme pour la pandémie, la pression internationale et la colonisation par l’économie mondialisée rétrécissent la marge de liberté et l’indépendance de la réflexion des autorités nationales. L’école et « le bien-être des enfants » sont un si touchant et généreux prétexte.

Réflexions après la grand’messe

Les prostituées sont parties vers d’autres rives, les hôtels changent leurs cartes de prix et j’ai compris pourquoi, il y a une année et demie, mettant – pour la première fois – les pieds à Davos, j’ai trouvé l’endroit si peu sympathique. Il y flotte comme un air artificiel et prétentieux. Rien à voir avec Zermatt.
Mais passons aux choses sérieuses.

Au WEF, les hommes politiques sont de petits nains
Ils arrivent les uns après les autres, avec quelque pompe, mais nettement moins qu’à une COP ou à l’ONU ou s’ils rendaient une visite « officielle » au pays hôte du WEF. En fait, ils halètent devant les milliardaires, espérant une manne pour leur pays. Ils distillent quelques propos pour la presse, ils profitent de la haute sécurité mise sur pied pour protéger les capitaines de l’économie mondiale. En deux mots, ils sont nettement des seconds couteaux. Mais cela offre un énorme avantage :
Au WEF, les contacts entre les hommes politiques qui y défilent peuvent être plus discrets, donc plus efficaces.
Il est fort possible que les échanges politiques qui peuvent avoir lieu au WEF, loin des feux de la rampe – car la rampe est réservée à l’économie – portent plus de fruits ultérieurement que les débats théâtraux à l’ONU ou dans d’autres enceintes très politiques. Et rien que pour cette raison, il vaut peut-être la peine d’accueillir le WEF.
Espérons que nos propres conseillers fédéraux et nos diplomates savent, eux aussi, profiter de ces espaces d’intimité relative.

L’OMS prend-elle les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages?

Gros titre en p. 22 du Temps du dernier week-end (13-14 janvier) : « Il y a eu 10’000 morts dus au covid en décembre ».

Quelle horreur, Pully, ma chère commune aurait-elle été décimée ?

Je me précipite sur le début de l’article pour y lire : « En décembre, 10’000 personnes sont officiellement mortes du covid à travers le monde, selon Maria von Kerkhove, responsable technique à l’OMS ». Et l’article de poursuivre : « Le chiffre pourrait être bien plus élevé. Les Etats ont pour la plupart baissé la garde et ne surveillent plus l’évolution du virus. Inquiétant au moment où ils négocient un accord pandémique à Genève ».
Ouf ! 10.000 personnes à travers le monde ! Me voilà rassurée quand bien même « le chiffre pourrait être bien plus élevé ». Constat, on n’en sait au fond rien du tout ! J’ai envie de suggérer : vous nous reviendrez, Madame, quand vous aurez quelque chose de sérieux à dire !

L’OMS voudrait-elle entretenir une panique pandémique pour faire passer son accord qui lui conférerait tout pouvoir en lieu et place des Etats en cas de pandémie ?

Mais la responsable technique de l’OMS citée plus haut ne s’arrête pas là (et l’article non plus !).
Rappelant que, depuis le début de la pandémie en 2020, le SARS-CoV-2 a tué 7 millions de personnes, selon l’OMS, mais que « les chiffres réels sont sans doute multipliés par trois » (sic ), notre responsable OMS en rajoute : « Le monde doit comprendre que le covid reste un grand risque de santé publique. Le taux de positivité au SARS-CoV-2 va de 8 à 18 %. Le taux d’hospitalisations a augmenté de 42 % et celui des admissions en soins intensifs de 62 % ».
Je m’arrête là car les citations chiffrées des mises en garde continue. On ignore toujours d’où proviennent les statistiques, comment on comptait les morts, s’il y avait parmi eux des personnes avec poly-morbidités, quels étaient les âges, etc…, etc…
Mais ajoutons encore une louche d’inquiétude ; notre responsable technique de l’OMS y met du sien : « nous ne savons pas encore tout au sujet du virus et nous demandons quelles seront les conséquences et les déficiences que nous constaterons peut-être un jour au niveau du système cardiaque, pulmonaire et neurologique même auprès d’athlètes ».
On attendrait les mêmes constats au sujet des nouveaux remèdes ou vaccins de toute catégorie, des conséquences humaines, sociales, économiques des confinements. Mais rien !……

Merci au journaliste qui a rapporté sans commentaires les déclarations de Mme van Kerkhove. En citant ces chiffres qui ne veulent rien dire, ces résultats dénués de toute valeur scientifique faute de véritables références ou comparaisons précises, ces menaces gratuites, il a fait éclater au jour la totale nullité scientifique, médicale, sociale etc de l’OMS dont il est grand temps de se débarrasser avant qu’elle ne se prenne pour Dieu, Allah ou Jéhovah.

Ni M. Biden, ni M. Trump!

Plus de 320 millions d’habitants et seulement deux candidats plausibles pour la présidence ? Il y a des cauchemars dont on souhaite se réveiller rapidement !
Une fois de plus on se rend compte que l’élection à la présidence des Etats-Unis dépend de deux choses : l’argent et la propagande. Le premier coule on ne sait trop d’où et un président sortant peut en trouver assez facilement dans la mesure où ses très proches collaborateurs ont un intérêt manifeste à le rester pour quatre ans de plus. Les faucons qui entourent M. Biden ont donné un sérieux coup de pouce à l’industrie américaine de l’armement ainsi qu’à toutes les industries qui peuvent profiter des difficultés économiques causées à l’Europe par les sanctions contre la Russie, sanctions au respect desquelles Oncle Sam veille jalousement.
La propagande, elle, est assurée par la technique de la numérisation. Le livre de Giuliano da Empoli (« Les ingénieurs du chaos » 2019, aux éditions Lattès ; 2023, foglio chez Gallimard) détaille et explique magnifiquement le rôle et l’usage des trolls dans la campagne précédente de M. Trump (qualifiant M. Trump lui-même de troll) et, d’une manière générale le rôle décisif que ces trolls vont jouer de plus en plus lors des campagnes électorales. Aux USA : Troll Biden contre Troll Trump ! Bel avenir ! Un espoir toutefois : peut-être que les autres candidats, plus discrets, seront plus crédibles.
Malheureusement, on ne le dira jamais assez, à cause de la numérisation, l’élection par le peuple des membres de l’exécutif (moins nombreux et beaucoup plus puissant que les membres du législatif) est en train de devenir le contraire absolu de la démocratie. Et quand ce n’est pas au moyen des trolls et de l’argent (récolté aussi en partie grâce à eux) qu’un(e) candidat(e) l’emporte c’est grâce à la peur (Russie, Chine, etc.. où les trolls ne sont pas nécessaires mais néanmoins utiles car ils peuvent faire croire à la liberté d’opinion !).
Calomnie, haine, mensonge, invectives, tous les moyens sont bons pour « tuer » l’autre électoralement parlant. Débat d’idées, esprit critique, néant ! Et cette plaie menace de sévir chez nous aussi. Par bonheur, l’Europe n’est pas constituée d’une seule entité étatique, ce qui morcelle un peu le pouvoir et limite les dégâts. Mais l’éducation à la détection et à la méfiance des trolls n’y est pas encore développée non plus. Et ce ne sont pas les conflits armés actuels qui développent cette éducation !…

Ces guerres nourries par des ambitions personnelles

M. Biden est en pleine campagne électorale, M. Netanyaou veut sauver son siège, M. Zelenski a annulé les prochaines élections, M. Putin s’espère immortel, et tant d’autres chefs d’Etat qui ne pensent à leur peuple et aux victimes possibles des guerres qu’ils entretiennent – quand ils ne les ont pas eux-mêmes causées – qu’à travers la lunette de leurs ambitions personnelles… C’est vraiment épouvantable.

Les deux conflits actuels les plus frappants sur ce point, sont ceux d’Ukraine et d’Israël. M. Biden est lourdement impliqué dans les deux, M. Netanyaou, dans le second. Et les deux chefs d’Etat sont incapables de penser à autre chose qu’à eux-mêmes et se laissent peut-être facilement influencer par quelques faucons qui les entourent.

Ils commettent les deux la même faute grave : sous-estimer l’intelligence et la résistance de l’ennemi et vouloir l’éradiquer.
M. Biden a, au début de l’invasion russe en Ukraine, empêché M. Zelenski d’aller de l’avant avec le plan de paix que ce dernier avait immédiatement concocté, conscient de la force en hommes et en matériel de la Russie. Mais M. Biden avait déclaré qu’il fallait « écraser la Russie » et s’engageait à soutenir l’Ukraine sans limites. Sans doute se voyait-il déjà en sauveur du monde. Maintenant, il doit freiner le soutien en matériel car les Républicains trouvent la facture inquiétante. Et de toute manière, la livraison de matériel de guerre ne permet pas à M. Zelenski d’en faire tout l’usage qui pourrait lui paraître utile, puisqu’il ne faut pas – et c’est une condition indispensable pour éviter une 3e guerre mondiale – que ces armes soient utilisées pour contre-attaquer l’ennemi sur son propre territoire.
Et avec le conflit israélo-palestinien, M. Biden découvre peut-être que M. Putin est d’une intelligence diabolique et que la Russie n’est pas vraiment « écrasable ». Mais comment ne pas « perdre la face » ? Et en période électorale ? Après tout, laisser l’Ukraine cuire dans son jus et envoyer tous ses hommes à la boucherie, manifester sa déception devant l’échec de la contre-offensive annoncée pendant des mois, et peut-être mettre la faute sur M. Zelenski pour finir (ce n’est pas encore le cas, mais rien n’est impossible quand on a le goût du pouvoir !) ce sera peut-être une manière de se « tirer d’affaire ».

M Netanyaou, quant à lui, est un exemple de mauvais chef : si, comme on a pu le lire et l’entendre de la part de personnes dignes de foi, il avait connaissance du plan de l’attaque horrible du 7 octobre du Hamas, mais ne l’a pas pris au sérieux parce qu’il estimait l’ennemi incapable de le réaliser, il a commis, ce faisant, la première faute impardonnable d’un responsable de la sécurité de son peuple : sous-estimer l’intelligence de l’ennemi.
Et maintenant, il commet l’autre faute grave : vouloir éradiquer l’ennemi, en ignorant que cet ennemi n’est pas «une armée et un Etat », mais une haine et une ambition « détruire Israël », donc une idée qui se propage indépendamment des frontières et qui s’entretient notamment par la violence inouïe déployée sur Gaza au risque d’ailleurs de tuer des otages israéliens eux-mêmes comme cela s’est déjà produit. Le responsable de ces morts, de tous les morts civils en outre, ce n’est pas l’armée israélienne, ce sont les ordres donnés par M. Netanyaou qui doit prouver qu’il a raison, qu’il défend bien son pays après l’avoir, en un sens trahi, par mépris de l’ennemi. S’il perd, M. Netanyaou devra laisser sa place et peut-être un peu plus !
Quant à M. Biden, lui, tiraillé entre l’obligation morale de mettre fin au massacre dans la bande de Gaza et le désir de faire plaisir à une partie de l’électorat américain, il incite ses ambassadeurs à l’ONU à refuser une résolution de cessez-le-feu ou à encourager des résolutions qui ne débouchent sur rien, comme la dernière en date. « Il boîte des deux pieds ».
Par vanité et ambition, deux hommes sont principalement responsables d’une somme de souffrances incalculable.
Cela ne supprime pas la responsabilité du Hamas et de M. Putin, mais devrait éclairer d’un autre jour les efforts de paix.

Il n’y a pas de guerre juste

Mais qu’est-ce qu’une guerre ? C’est un conflit armé entre Etats, selon une définition très classique et première. Si un Etat envahit le territoire d’un autre Etat, il lui déclare la guerre dans les faits, quelque prétexte qu’il puisse invoquer et l’Etat envahi a le droit de se défendre par les armes. Il entre en guerre ; sa guerre de défense est légitime. Cette légitimité lui permet-elle de « contre-envahir » le territoire de l’autre pour l’affaiblir sur son propre terrain ? Pour vaincre, il va toutefois chercher à repousser l’envahisseur non seulement jusqu’à sa frontière, mais éventuellement en empiétant sur le territoire de l’autre, afin d’inquiéter sa population et d’avoir éventuellement une monnaie d’échange. Sa guerre est-elle encore légitime s’il sort de ses frontières pour commencer à envahir l’envahisseur ? S’agit-il d’une double guerre de conquête ou seulement d’une tactique de défense ? La 2e guerre mondiale n’a pris fin qu’avec l’envahissement de l’Allemagne par les Alliés.

Dans le grave conflit russo-ukrainien, les alliés de M. Zelenski lui interdisent d’utiliser les armes qu’ils lui donnent pour porter le conflit sur sol russe par crainte – fondée – d’une escalade. La conséquence, c’est que l’Ukraine doit se limiter à une guerre défensive sur son propre territoire à moins de n’utiliser exclusivement ses propres armes qu’elle n’a pas en suffisance.
Pourquoi, mais pourquoi M. Biden a-t-il mis dans la tête de M. Zelenski « d’écraser la Russie », tout en lui interdisant de sortir de son territoire pour contre-attaquer ? Après l’échec russe devant Kiev, au début de la guerre, les conditions d’une paix honorable étaient réalisées. M. Biden et M. Zelenski – et peut-être aussi les vassaux européens des USA – ont cru que la Russie serait vite à genoux. Ils se sont mis dans la tête qu’il s’agissait d’une guerre sainte du Bien contre le Mal ; ils ont commis la grande erreur de fatuité qui consiste à sous-estimer l’intelligence et la force de l’ennemi. Et maintenant, la situation s’est nettement péjorée pour l’Ukraine. Le temps est venu de mettre tout en œuvre pour faire cesser la boucherie du front, la souffrance de la population civile, la destruction systématique de l’Ukraine, le dépeuplement du pays. Pour cela, il faut évidemment reconnaître qu’il n’y a pas de guerre juste mais que toute guerre est horrible et que la seule utilité des pays qui ne sont pas en guerre est de faire tout leur possible pour aider les belligérants à trouver une solution de paix durable en respectant les morts et les survivants de part et d’autre.