Santé: mot dangereusement ambigu

Quel est votre état de santé : êtes-vous en bonne ou en mauvaise santé ? La politique de la santé est un vrai casse-tête pour les Etats.

Le moins que l’on puisse dire c’est que, dans les expressions ci-dessus, le mot « santé » n’a nettement pas toujours le même sens.

Dans les deux premières questions, on s’adresse à une personne qui répondra de manière très « individuelle », selon qu’elle est ou n’est pas atteinte d’une maladie, qu’elle souffre ou ne souffre pas d’un handicap, qu’elle se sent moralement ou/et physiquement bien ; deux personnes différentes, atteintes éventuellement d’une même maladie ou d’un même handicap, peuvent s’estimer, l’une en bonne santé, l’autre non, selon des critères d’appréciation très personnels. Chacun l’apprécie en fonction de l’entier de sa personne.

Quant à la politique de la santé, bien fol est qui pourrait la définir exactement. Cette tâche étatique implique la capacité, pour un Etat, d’assurer des lieux de soins suffisants, même en cas de crise, pour sa population, des formations médicales excellentes et assez nombreuses, du personnel soignant (médecins en toutes spécialités compris) en nombre suffisant. Il va de soi que lorsqu’une population est en bonne santé, elle ne coûte pas très cher. Ce n’est pas la santé qui coûte, en effet, mais la maladie ou le handicap. La politique de la santé devrait en réalité s’appeler politique de lutte contre les maladies et les handicaps.

En conclusion de ces différents constats, il est évident que :

1. définir la « santé », ainsi que le fait l’OMS, comme un « état de complet bien-être physique, mental et social ne consistant pas seulement en une absence de maladie et d’infirmité » est une pure et simple utopie. La santé est en fait indéfinissable. Mais une des atteintes les plus courantes à la santé est en effet la maladie ou l’infirmité dont la cause peut être mentale, voire sociale et non seulement physique.

2. état indéfinissable, la santé ne saurait être « un droit fondamental de l’être humain » contrairement à ce que dit également l’OMS ; un droit sans contenu clair n’est pas un droit et à plus forte raison n’est pas un droit fondamental !

 

Mais  il reste encore à dissiper un malentendu

Celui qui est atteint dans sa santé doit être soigné en pleine connaissance de l’entier de sa personne. C’est ce qui fait que la médecine est un art, c’est-à-dire une science humaine, et non pas une science dure réservée à ceux que l’on appelle « les scientifiques. » En conséquence, la politique de la santé doit favoriser ou faciliter et non pas entraver l’exercice de la médecine par les médecins. Or des règles universelles et contraignantes en matière de santé comme voudrait en établir l’OMS notamment en cas de pandémie sont inconciliables avec le respect de la spécificité de l’art médical et de la nature humaine.

Pendant la dernière pandémie, on a ignoré ces réalités, et les souffrances morales, psychiques, physiques, sociales, économiques causées par cette ignorance sont encore bien présentes et douloureuses aujourd’hui.

9 thoughts to “Santé: mot dangereusement ambigu”

  1. La politique de santé est souvent de la prévention. Les nombreux médicaments pour le coeur, pour prévenir. Les nombreux vaccins et j’en passe … ll faut absolument baisser le prix de ceux-ci (et tous les privilèges des pharmas) Merci aux élus et autres le peuple se ruine !

    1. La prévention, c’est d’abord une alimentation saine, un sommeil de qualité, une activité physique et un cadre de vie sain, de la joie, etc.
      Les médicaments peuvent jouer un rôle pour équilibrer les paramètres de la santé de chaque personne, mais on ne peut pas parler de prévention.
      Quant aux vaccins, ils sont basés sur des théories désormais anciennes – à savoir que l’augmentation des anticorps produirait forcément une augmentation de l’immunité de la personne. Or si les vaccins augmentent effectivement le taux d’anticorps, ils ne produisent par forcément un augmentation automatique de la santé de la personne, sans parler des effets indésirables.
      A mes yeux, les vaccins font partie d’une médecine du passé. Ils ont eu leur utilité, ont fait avancer la recherche, mais ils n’ont plus vraiment d’avenir sur un plan scientifique.
      Leur avenir financier est lié à la politique de l’État et à leur remboursement, ce sont des monopoles de facto.
      Sont-ils pour autant efficaces?
      Personne ne finance d’études critiques à leur sujet et c’est là le signal que la théorie à la base des vaccin est dépassée.

      1. @Samy, vous êtes très clairvoyant, comme toujours. La prévention avec protocoles ad hoc (liés à la pathologie de base et la spécialité qui s’en occupe), je connais par cœur depuis de longues décennies. Mais ce n’est pas chez moi en Helvétie que j’ai appris cela. C’est à l’extérieur du pays que la prévention m’a été imposée. Avec toutes les interdictions y relatives. Car ce n’est pas un jeu, c’est du concret, du style « vous devez faire ceci, vous devez oublier cela, vous n’avez aucun choix, etc. etc.). Lorsque je parle en Suisse de mes « contraintes » (liées à ma GNCM avec MDRD dans le rouge), on se moque toujours de moi et là je l’écris poliment car la réalité est beaucoup, vraiment beaucoup plus vulgaire !
        A titre de revanche, je ne divulgue pas une bride de ce protocole de prévention et des motifs de mes exemptions.
        Au plaisir de vous lire. eab

    2. @Sylvie RG. La prévention, ce n’est pas forcément des médicaments. Bien au contraire, c’est un groupe d’actions que nous devons entreprendre dans le cadre de protocoles spécifiques (liés à la maladie ou un groupe de maladies).
      La Suisse, mon propre pays, a un retard phénoménal en matière de prévention, car la prévention ne rapporte pas un kopeck.

      Hélas, seule une petite minorité de patient(e)s chez nous ose s’adresser ailleurs, déjà rien que pour voir comment les autres s’y prennent avec la même pathologie de base par exemple ….. C’est si typiquement suisse, ce pays qui continue à se croire le nombril du monde dans bien des domaines. Or c’est faux. eab

  2. Vaste problématique! Dans les tâches de l’État, vous parlez « d’assurer des lieux de soins suffisants même en cas de crise » et du « personnel soignant en nombre suffisant « . On serait tenté d’ajouter: une prévention efficace. Car on limiterait bien plus efficacement la morbidité et la mortalité générales en réduisant les risques (personnels et environnementaux), et à bien moindre frais, qu’on ne peut le faire par la débauche de technologies sophistiquées qui remplissent nos hôpitaux. Seulement voilà… la prévention conduit tout droit à deux contradictions fondamentales de notre société.
    1. La rentabilité des infrastructures. Que deviendraient ces lieux de soins et ce personnel soignant en nombre suffisant, si tout le monde se portait mieux? La plupart des hôpitaux suisses bouclent déjà leurs comptes en rouge. Et en avril 2024, le directeur des hôpitaux fribourgeois expliquait son important déficit en invoquant un manque de patients!
    2. Le vieillissement de la population. Une population en meilleure santé implique sans doute une longévité plus grande, davantage de rentiers et des « charges supplémentaires pour l’État et pour les entreprises ». Là encore, en définitive, une question de rentabilité.
    Quant à la question de savoir si la médecine est une science ou un art, il faut distinguer la recherche médicale qui est une science (démarche visant à établir une connaissance) et la pratique médicale qui est un art destiné à améliorer l’état d’un patient. Lors d’une interview de 2016, le Dr Bertrand Kiefer, directeur de la Revue médicale suisse, affirmait que dans la pratique d’un médecin généraliste, il n’y a que 20% des actes dont l’efficacité est prouvée, au sens de la preuve scientifique.

  3. Madame, Merci pour votre article. A la fin vous écrivez: « Pendant la dernière pandémie, on a ignoré ces réalités … ». J’estime qu’il faudrait écrire que les autorités ont ignoré ces réalités. Heureusement une partie de la population n’a pas fait confiance et s’est débrouillée pour se soigner en évitant les « vaccins » proposés, très rapidement testés … Les médecins ayant essayé de soigner leurs patients sans suivre les obligations imposées par les autorités ont eu de très graves ennuis. En Suisse, en France et dans d’autres pays.
    Mais pourquoi les autorités, en Suisse et ailleurs, ont-elles eu des réactions si agressives pendant la pandémie et ont-elles soudain ignoré les réalités ? Ont-elles paniqué ou ont-elles appliqué un plan imaginé bien avant la pandémie? Voilà la réponse d’une experte venue témoigner le 9 mars 2026 au procès intenté aux Pays-Bas par des victimes des « vaccins anti-Covid » contre Bill Gates et d’autres personnes importantes.
    ttps://essentiel.news/experte-recherche-developpement-industrie-pharmaceutique-expose-indices-crime-organise/

    1. @Michèle Herzog, si j’ose un petit ajout « les médecins en milieu académique qui ont protégé leurs patients chroniques n’ont jamais été inquiétés par qui que ce soit lorsqu’ils ont rédigé des exemptions vaccinales définitives ». Ces mêmes médecins spécialistes n’ont également jamais été cités dans la presse (tant mieux !), comme beaucoup d’autres qui se sont fait maladivement remarquer, a contrario ils sont restés très discrets dans leurs spécialités respectives. eab

  4. Vous avez raison, le mot « santé » n’a pas le même sens pour tout le monde et en effet, la médecine est un art. Malheureusement, ces dernières années, la tendance est à la culpabilisation. Lorsqu’on parle de prévention, on recommande à la population de se nourrir correctement, ce qui n’est pas une mauvaise idée, de ne pas fumer, de ne pas consommer d’alcool, de pratiquer une activité sportive et également de dormir suffisamment. Ben voyons c’est si simple. Par contre, le stress n’est que très rarement mentionné. Pourtant, il conduit à toutes sortes de comportements dits malsains. On confond bien trop souvent l’effet et la cause et c’est dommageable. De plus, et c’est un peu subversif mais je me demande si il y aurait une obligation à être en bonne santé. Certaines personnes, souvent des musiciens ne se sont pas trop préoccupés de leur santé, ils ont brûlé la chandelle par les deux bouts. Pourtant par leurs magnifiques compositions, ils ont amélioré notre santé. Ils ont contribué à notre bien-être. Il y a une tendance actuelle à s’économiser. Y aurait-il un droit à ne pas s’inquiéter pour sa santé ? Vous me direz que lorsque nous souffrons, nous sommes très contents que la médecine nous soigne ou nous soulage.

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