L’Europe suicidaire?

Après avoir été vassalisée par les Etats-Unis, l’Europe est-elle devenue suicidaire?

Viser des cibles sur sol russe, c’est évidemment une technique tout à fait légitime pour un pays qui se défend, mais le problème, c’est que ce pays, in casu l’Ukraine, ne peut se défendre que moyennant la fourniture d’armes par des pays de l’OTAN et que si ces armes sont utilisées pour attaquer des cibles sur sol russe, l’escalade de la guerre est engagée. La Russie sera alors fondée à considérer qu’elle est attaquée par l’OTAN et les conséquences pourraient être terribles pour l’Europe et en premier lieu pour les pays les plus proches de la Russie. N’imaginons pas un instant que M. Poutine – qui est un homme intelligent même s’il n’est pas sympathique – croirait la déclaration de M. Antonio Tajani, chef de la diplomatie italienne qui aurait dit, selon le Temps du samedi 1er juin  (p. 4) :  « On ne se bat pas contre la Russie. On défend l’Ukraine et ce n’est pas la même chose ». Apparemment M. Tajani n’avait pas entendu M. Biden proclamer haut et fort après le 22 février 2022 : « il faut écraser la Russie ». Je doute que M. Poutine, lui, l’ait oublié !

Soyons claire : en décidant, dès le début de l’invasion de l’Ukraine, de fournir des armes à celle-ci et en lui interdisant de les utiliser pour viser des cibles sur sol russe, M. Biden et ses vassaux européens avaient condamné M. Zelensky à perdre la guerre. Mais M. Biden, très soucieux d’éviter une montée en puissance du conflit, avait exclu d’utiliser les armes fournies par les pays de l’OTAN pour viser le sol russe et s’y tenait, comme les autres membres de l’OTAN. Quelques escarmouches avaient eu lieu que M. Poutine avait eu la sagesse de ne pas trop analyser, désireux qu’il était, lui aussi, de ne pas favoriser une escalade destructrice.

Mais au moment où les pays de l’OTAN décideraient – devant les supplications de M. Zelensky – de lever la mesure de protection et où, de surcroît, M. Macron, pour oublier ses difficultés en politique intérieure, incite ses collègues à jouer les matamores, on a le sentiment terrible que l’Europe, vexée par la découverte de son incompétence, a perdu tout instinct vital.

Il est moins une pour annuler le Bürgenstock et organiser une vraie recherche de paix à laquelle seraient invitées sérieusement la Russie et l’Ukraine. Malheureusement, la Suisse n’est plus crédible pour ce faire.

 

 

 

55 réponses à “L’Europe suicidaire?”

  1. Merci pour cette position claire. En effet, la Suisse perd sa crédibilité et la Conférence du Bürgenstock ne va rien arranger, au contraire.
    Bien cordialement à vous:
    André Durussel, 1464 Chêne-Pâquier VD
    P.S.: j’ai un roman inédit qui passe en feuilleton dès janvier 2024 dans le mensuel « Le Regard Libre ». L’action se situe à Lucerne durant les années soixante, non loin du Bürgenstock.

  2. Merci Madame pour cet excellent billet auquel je souscris du début à la fin. Rien à rajouter.
    Seulement une question : en lisant la presse , je n ai pas compris si c ‘ est Poutine qui refuse de venir à la conférence sur la paix en Ukraine organisée par la Suisse à Burgenstoch ou si c ‘ est la Suisse qui ne l’a pas invité ?

    1. Il semble qu’en effet, M. Poutine n’a pas été invité, mais, comme vous, je trouve que la presse n’est pas très claire. Qu’est-ce qui est clair d’ailleurs dans les deux grands conflits actuels où M. Biden ne fait pas grand’ chose d’efficace bien que les USA soient pourvoyeurs d’armes dans les deux cas.

  3. Pour détruire l’Ukraine, la Russie ne se gène absolument pas de se fournir en armes auprès d’États dictatoriaux, la Chine, voire voyous comme la Corée du Nord et l’Iran.
    Et il faudrait que l’OTAN continue à faire la fine bouche pour, enfin, autoriser l’Ukraine à utiliser des armes occidentales dans sa défense contre l’envahisseur russe, en ciblant également des installations militaires russes ou contribuant à l’effort de guerre russe, en territoire russe ?
    Toujours ces vieilles réminiscences de Munich : ne pas irriter l’agresseur dans le vain espoir de le calmer, lui céder quelques territoires en pensant qu’il s’en contentera…
    Ne pas se coucher par peur et ne rien céder aux gesticulations russes.

    1. Monsieur Tissot, je crois que vous êtes le seul à ne pas avoir compris que l’Amérique fait la guerre à la Russie au travers de l’Ukraine « Elle fera la guerre aux Russes jusqu’au dernier des Ukrainiens. »
      ttps://www.europe1.fr/emissions/vincent-hervouet-vous-parle-international/lamerique-fera-la-guerre-aux-russes-jusquau-dernier-des-ukrainiens-4099950

      1. Madame Marie-France, malheureusement, la plupart des commentateurs de ce site, naïfs, aveuglés, voire carrément futurs collabos de l’empire russe, ne veulent pas comprendre que « la Russie fait la guerre à l’Occident au travers de l’Ukraine ».
        Munich ! Munich !

        1. Décidément, la propagande fait des dégâts: « collabos », « Munich ». L’imprécision peut devenir manque de respect.

          Les accords de Munich et les collabos, c’est l’Allemagne nazie, dont l’Ukraine était l’alliée et la Russie l’ennemie. Une des pires pages de l’histoire de l’humanité animée par une doctrine qui amena aux pires crimes contre l’humanité dont un génocide.

          La guerre en Ukraine est une triste histoire qui découle d’une mauvaise gestion de la chute de l’URSS. Il s’agit essentiellement d’un problème territorial et de voisinage entre l’Occident et ses voisins. En 1961, à Cuba, les américains avaient réagi exactement de la même façon par une invasion militaire qui violait les lois internationales.

          Les USA se sont ensuite fait les champions de diverses guerres « préventives » pour assurer leur sécurité.

          D’autre part, le terme « collabo » est utilisé en cas d’occupation du territoire. Par exemple, lorsqu’un gouvernement ou une partie de la population capitule et fait le jeu de l’ennemi.

          Or, à ma connaissance, l’armée russe n’occupe aucun pays de l’UE ni la Suisse actuellement. En cas d’agression sur son territoire, elle se contentera de riposter. Elle n’a de tout de façon pas la capacité militaire à faire plus comme nous l’avons constaté en Ukraine (sinon cette guerre serait déjà terminée et un gouvernement pro-russe serait déjà au pouvoir).

          Par contre, elle peut anéantir tout le continent y compris une partie de son territoire si sa sécurité est menacée. C’est pour cela que nous avons connu une « guerre froide » dans le passé.

          De plus, une grande partie des territoires où le conflit fait rage était déjà occupé en grande partie par une population russe et russophone. Les deux peuples sont réunis depuis des générations. Le terme de collabo est assez mal venu: suggérez-vous qu’un enfant doive choisir son père ou sa mère ?

          Mais tout cela fonctionnait tant que l’Ukraine jouait le rôle de « tampon » entre l’Occident et la Russie (Etat neutre).

          Bien sûr, tout cela ne justifie pas une invasion militaire ni des crimes contre les civils. Mais je pense qu’il faut éviter les comparaisons malsaines.

          Et, vu le contexte, contrairement à l’invasion de l’Europe par l’Allemagne nazie et ses alliés (on oublie un peu vite Mussolini ainsi que d’autres dictateurs) qui ne pouvait que déboucher sur un conflit mondial, il y a encore une solution pour mettre fin au conflit en Ukraine pour les bien de l’humanité toute entière.

          1. M. Will, donc votre solution pour mettre fin au conflit serait donc de sacrifier l’Ukraine pour calmer Poutine, comme a on sacrifié la Tchécoslovaquie, où effectivement, vivaient ne nombreux germanophones en 1938, afin de calmer Hitler.
            Décidément, « Munich » et « collabos », on n’en sort pas du côté des russophiles, si nombreux en France au tropisme pro russe prononcé et essaimant ailleurs en Europe, y compris en Suisse.
            C’est parmi ces admirateurs de l’empire russe que se trouveront les futurs collabos d’une possible Europe soumise, voire occupée par la Russie, l’Ukraine n’étant que la première étape de Poutine.
            La moindre faiblesse, réelle ou simplement argumentaire, devant les prétentions impérialistes russes, ne peut que faire le jeu de Poutine.

          2. Merci Monsieur WILL pour votre réponse à M. Tissot pleine de bon sens… je cherchais comment le faire, mais la prose de ce Monsieur m’avait mis le mors aux dents et je risquais d’être trop agressive….

          3. Votre phrase laisse songeur, car elle semble se contredire:
            « La guerre en Ukraine est une triste histoire qui découle d’une mauvaise gestion de la chute de l’URSS. Il s’agit essentiellement d’un problème territorial et de voisinage entre l’Occident et ses voisins.  »
            Si vous connaissez le déroulement de dèsintégration des républiques, royaumes, et autres unions faites de pays aux divers langues et cultures, vous ne pourriez pas parler de « bonne gestion » de la chute », car par nature et par définition, les phénomènes de dissolution de telles alliances sont causés par des amalgames composés d’intérêts, moyens économiques, langues, histoires, etc etc très différents. Alors oû allez-vous chercher ceux qui peuvent prétendre à « gérer la chute »?? C’est du nonsense…tout au plus comme en Catalonia et l’Espagne propre actuellement, mais là, on gére avec des cultures très similaire. La Russie voudrais forcer une sorte de similarité sur l’Ukraine et autres voisins, notion pas partagée, et maintenant elle semble chercher à le faire avec ses autres voisins comme la Géorgie et autres états du Caucase, mais sans aucune idée de « gestion » ni souci de voisinage, sauf la force. Avec de tels pays qui ont un soif incontrôlable de pouvoir, la « gestion » ne passe pas par le planning et diplomatie, donc elle sombre dans une violence primitive et ingérable.

          4. @M.E.Chatwin,

            Vous n’êtes décidément que très peu informé sur cette page de l’histoire. Avant la chute, il y eu des ouvertures vers l’occident. Gorbachev, ça ne vous dit rien ?

            Un atterrissage en douceur était possible mais l’occident a été trop gourmand. Si je carricature, ça donne: « on veut bien vous aider mais à condition que tout nous appartienne ».

            Bien sûr, les futurs oligarques qui avaient trop à perdre ont refusé. Eltsine prend alors le pouvoir et romps avec la politique de Gorbatchev. Poutine lui succèdera ensuite.

            C’est très résumé. Je n’entre pas dans le détail du pourquoi et du comment. C’est pour vous donner des pistes.

            Je vous suggère d’ouvrir des manuels d’histoire ou de retourner à l’université.

          5. @Pierre-Alain Tissot,

            Je n’ai jamais écrit qu’il fallait sacrifier l’Ukraine pour calmer Poutine mais que comparer l’Allemagne nazie avec la Russie, qui était son adversaire, est hors propos. Tout ce qui excessif est insignifiant.

            Régurgiter de la propagande hors de son contexte, c’est l’opposé de la démarche de l’historien.

            Par contre, j’ai déjà donné en référence l’article du monde diplomatique qui reprend de « Die Welt »:

            ttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/06/BREVILLE/67067

            Un projet d’accord entre l’Ukraine et la Russie était sur le point d’être signé en 2022: le document a fuité et été publié. La seule exigence de la Russie était la neutralité de l’Ukraine donc l’interdiction d’entrer dans l’OTAN. Il n’y avait pas d’exigence territoriale de la part de Russie.

            Cet accord a été refusé par… l’Angleterre et les USA !

            Une solution pacifique était pourtant encore possible: plutôt que de refuser, l’Occident aurait pu demander des garanties supplémentaires et des réparations. Il y avait donc des pistes possibles qui ont été fermées dès le début.

            Est-ce que cette guerre est vraiment celle des Ukrainiens ? Et, si oui, lesquels ? Cela expliquerait peut-être pourquoi autant ont quitté leur pays alors qu’ils étaient en âge de défendre leur patrie ?

            Mais si une 3ème guerre mondiale vous séduit, alors prenez votre paquetage et portez vous volontaire.

      2. Non, Non, Marie-France, Mr Tissot n’est de loin pas le seul à avoir compris que la guerre mondiale tant redoutée passe par l’échec du plan terroriste de Poutine, et de son insatiable volonté d’expansion. Poutine a déclenché une guerre et s’est rendu responsable d’un nombre invraisemblable de crimes de guerres. Si l’Ukraine veut se prémunir du funeste destin que lui réserve son voisin, la moindre des choses est bien de l’aider à résister. Poutine a voulu la guerre, a violé de droit international. C’est assez triste de penser, par pure idéologie anti USA, que Poutine n’est pas entièrement responsable de la mort des Ukrainiens. Il lui suffit de mettre les pieds hors d’Ukraine pour que le carnage, autant Russe qu’Ukrainien d’ailleurs, se termine. Alors que lui céder l’Ukraine, c’est nous soumettre à se fantasmes expansionnistes. Chaque char, avion ou soldat Russe détruit est une menace en moins pour l’Europe. Et je préfère largement le mode de vie qui m’est offert que la « paix » Russe. Et si vous pensez que par mes propos j’essaie de défendre en quoi que ce soit les USA, c’est que vous n’avez rien compris.

        1. @Monsieur Tissot et @Monsieur ou Madame AH BIN NON ALORS
          Poutine, une IIIème guerre mondiale ? La propagande des va t’en guerre: entretenir la peur plutôt que rechercher la paix. Vous propagez des informations ou des rumeurs ? Quelles sont vos sources ? Avez-vous seulement pris la peine d’écouter ce que dit le méchant Poutine ? Il l’a dit et redit: il a besoin d’une Ukraine neutre entre la Russie et l’OTAN mais l’OTAN, en fait les gentils USA, veulent l’anéantissment de la Russie. Poutine l’a dit: si un pays membre de l’OTAN le menace ou l’agresse, il répondra. Croyez-vous vraiment que la Russie première puissance nucléaire mondiale avec un armement et une population 4 fois supérieure n’aurait pas pu occuper l’Ukraine en quelques jours si cela avait été son intention ?
          Tant que l’OTAN reste à distance de ses frontières, la Russie est en mesure de prévoir une riposte à une initiative nucléaire hostile et la guerre ne sera que froide. Dans l’alternative, la Russie n’en aura pas le temps. Mais ses ogives sont pointées sur les capitales de tous les pays occidentaux qui la menacent. Si l’un d’eux attaque, alors ce sera la guerre nucléaire, à son initative et non à celle de la Russie ! N’oubliez pas que la population de l’Occident ne représente qu’un quart de la population mondiale et que la puissance économique du reste du monde dépasse aujourd’hui celle d’un Occident en faillite !
          Bouchez vos orielles et ouvrez le yeux !

          1. Monsieur Wohlwend, je ne sais pas si vous vivez dans un monde parallèle….

            Est-ce que je crois que la Russie pourrait envahir l’Ukraine à l’envi? Je me le demande: les convois de blindés parti de Biélorussie, fonçant sur Kiev au déclenchement de la guerre, étaient-ils en réalité en mission pour trouver des nouveaux coins à champignons? En fait, probablement pas: « Un document russe, consulté par la BBC, montre le calendrier de l’attaque. Après que le 1er bataillon soit entré en Ukraine à 04h00 le 24 février, leurs ordres étaient d’avancer directement vers Kiev pour y arriver à 14h55. » Leur lamentable débâcle pourrait représenter un condensé de l’âme Russe. Article truculent à lire ici: ttps://www.bbc.com/afrique/monde-64799035. Et ce n’est pas comme si ça fait deux ans que votre valeureuse armée rouge ne tente pas lamentablement de se frayer un chemin en Ukraine, en rasant le moindre édifice (civil) à portée de tir, et en perdant en masse ses pauvre diables de soldats, traités comme de la chair à canon, pour des avancées plus que mesurées.

            Mais revenons-en à votre protégé, qui, s’il n’avait pas envahi la Crimée ni s’était employé à déstabiliser le Donbass, n’aurait jamais provoqué l’inscription dans la constitution Ukrainienne son but de rejoindre l’europe et l’OTAN par le parlement Ukrainien. L’Ukraine était jusqu’alors un pays non aligné. (« Supporters of the move, which passed by a 303-9 vote, said it was justified by Russian aggression toward Ukraine, including the annexation of its Crimean Peninsula in March and Russian support for a separatist insurgency in eastern Ukraine, where some 4,700 people have been killed since the spring. : ttps://www.france24.com/en/20141223-ukraine-parliament-votes-scrap-non-aligned-status-russia-nato).

            Et comme vous semblez considérer les mensonges de ce cher Mr Poutine comme paroles d’évangile, prenons le au mot. En plus de conserver tout ce qu’il a acquis par la force, il souhaite, contrairement ce que vous dites en ne retenant uniquement ce qui vous arrange, la neutralité, le désarmement et la dénazification de l’Ukraine. On a vu plus haut à cause de qui l’Ukraine s’est distancée de la première proposition. Pour la démilitarisation, cela a été partiellement fait, puisque l’Ukraine a renoncé à son arsenal nucléaire, et bien mal lui en a pris. Tout comme la Géorgie ou la Moldavie, se trouver dans la zone d’influence de la Russie, cela revient à placer un nouveau né sans défenses dans une pièce avec un Pitt Bull et espérer que cela va bien se passer. Même les Finlandais et les Suédois n’ont plus voulu prendre le risque. Reste la fameuse dénazification. La noble cause. Sauf que dans les faits, c’est de Russification dont il est question. Une répression abjecte des identités non Russes est à l’œuvre dans les territoires occupés par la Russie: Disparitions, torture, meurtres, voilà le projet de votre despote. Prenez le temps, monsieur Wohlwend, de lire le sort réservé aux Ukrainiens en territoires occupés par les Russes (liens ci-dessous), et peut-être comprendrez-vous pourquoi il n’est pas question de va t’en guerre, mais d’un soutien indéfectible à la résistance du peuple Ukrainien contre un agresseur aux objectifs macabres.

            ttps://www.hrw.org/fr/news/2022/07/22/ukraine-torture-et-disparitions-dans-des-zones-occupees-dans-le-sud-du-pays,

            ttps://www.courrierinternational.com/depeche/dans-le-sud-de-l-ukraine-occupe-une-vie-entre-exactions-pillages-collaboration-et-resistance.afp.com.20220503.doc.329c9mx.xml,

            ttps://www.amnesty.ch/fr/pays/europe-asie-centrale/ukraine/docs/2024/une-decennie-de-repression-des-identites-non-russes-en-crimee-occupee

  4. Vous avez tout à fait raison Professeure.
    La situation actuelle m’a fait penser à « Dum Romae consulitur, Saguntum expugnatur » et forcément donc à « Casus belli ».
    Le comble de tout serait qu’à cause d’un très mauvais acteur (au propre comme au figuré) une troisième guerre mondiale soit incessamment sous peu déclarée. Alea iacta est (?).
    Bien sûr que le « Bürgenstock » est une farce du plus mauvais goût, avec d’autres acteurs devenus incapables de jouer correctement leurs rôles respectifs. A suivre.

  5. Merci de ce propos qui tombe sous le sens! L’Europe de l’ouest sera le terrain de jeux divers et meurtriers… Nous sommes aux prémices d’une nouvelle guerre mondiale! De part et d’autre ils le savent mais ils ont leurs arguments pour cet abject projet! L’Amérique de Trump ne sera en rien touchée par cette future boucherie mais bien au contraire vendra ses armes et son commerce fleurira!

    1. Pourquoi l’Amérique de Trump ? Il est en bien mauvaise posture et pour l’instant c’est bien l’Amérique de Biden ! C’est bien lui qui décide…

  6. Merci Madame pour cet excellent billet auquel je souscris entièrement. Cela fait des mois que certains dirigeants occidentaux préparent le bon peuple à une guerre de grande ampleur, voire à une guerre nucléaire comme si il n’y avait aucune autre alternative pour contrer Monsieur Poutine dans sa guerre d’agression contre l’Ukraine. On pourrait tenter une analyse psychologique. Serait-ce l’échec de leur politique intérieure ou peut-être la nostalgie de la guerre 1939-1945 qui conduit certains dirigeants et experts militaires à espérer l’escalade ? Peut-être devrait ils aller visiter une maternité afin de retrouver un esprit sain ! Qu’on ne me dise plus que l’on a les dirigeants que l’on mérite car à l’évidence, il faut avoir tué père et mère pour subir un tel degré d’incompétence.

  7. Chère Madame,
    Je ne peux qu’adhérer à votre propos. Vous dites à juste titre « on a le sentiment terrible que l’Europe, vexée par la découverte de son incompétence, a perdu tout instinct vital ». J’ajouterais qu’à l’exception de la Hongrie et de la Serbie, les va t’en guerre occidentaux sont les responsables volontaires du suicide, non seulement de l’Europe, mais du monde occidental tout entier. Heureusement que cela ne concerne qu’un quart de la population mondiale !

  8. Pour espérer la paix, tous les belligérants doivent être présents au Bürgenstock.
    Poutine, intelligent et/ou impérialiste terroriste?
    L’Europe manque peut-être d’unité mais essaie de se protéger.

  9. L’objectif de cette conférérence de « paix » est de préparer l’opinion publique à une entrée en guerre des pays européens contre la Russie. Donc d’engager une 3ème guerre mondiale. Le but est de réunir une coalition puis de décréter que la Russie refuse de se soumettre aux conditions de pays: la guerre sera alors la seule issue possible.

    La Chine n’y participera pas et les USA garderont leurs distances. Il s’agira donc d’une guerre Chine-USA par procuration sous la forme d’un conflit direct Europe-Russie. Les dégâts seront considérables. Les Européens ont oublié ce qu’implique une guerre de cette ampleur. Le niveau de vie va reculer de plus d’un siècle sur tous le continent.

    Emmanuel Macron devrait annoncer prochainement la préparation d’une conscription obligatoire pour les pays Européens pour engager des troupes sur le terrain. L’envoi de militaires français est déjà en cours. La déclaration de guerre sera faite avant le résultat des élections européennes pour mettre les Etats devant un fait accompli.

    Comme pour la crise Covid, on utilise la technique de la cuisson lente de la grenouille pour qu’elle ne s’échappe pas en début de cuisson. Et donc de faire accepter l’inacceptable.

    Car, il y a deux ans, faire accepter d’envoyer des soldats européens en Ukraine par la population n’aurait eu aucune chance. En deux ans, on a donc fait des petits pas dans cette direction et habitué le peuple à l’inacceptable. Tout était donc planifié depuis le début.

    A ceux qui doutent et me traiteront de complotiste-espion du Kremlin, je propose la lecture du Monde Diplomatique du quotidien allemand de Juin 2024 qui reprend l’article du quotidien allemand « Die Welt » du 28 avril dernier:

    ttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/06/BREVILLE/67067

    « La piste d’Istanbul

    Deux semaines de tractations qui ont transformé les grandes lignes fixées à Istanbul en un texte détaillé, long de dix-sept pages. À sa lecture, on mesure les priorités des deux camps, et l’ampleur des compromis auxquels ils étaient disposés pour faire cesser les combats.

    Plutôt que des conquêtes territoriales, la Russie cherche à obtenir des garanties de sécurité à ses frontières, en posant dès le premier article la « neutralité permanente » de l’Ukraine, qui accepterait de renoncer à toute alliance militaire, d’interdire la présence de troupes étrangères sur son sol, de réduire son arsenal, tout en gardant la possibilité d’adhérer à l’Union européenne. En contrepartie, Moscou se serait engagé à retirer ses troupes des zones occupées depuis le 24 février, à ne plus attaquer l’Ukraine, et aurait consenti pour garantir cet engagement au mécanisme d’assistance réclamé par Kiev : en cas d’agression de l’Ukraine, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies seraient engagés à la défendre. »

    La paix était possible mais l’Europe n’en a pas voulu et forcé l’Ukraine à poursuivre la guerre.

    Tout ce qui se passe, c’est du cirque et de la propagande pour justifier l’injustifiable. Il faut vraiment être totalement stupide pour croire à ces fadaises.

    Plus que jamais, la Suisse devrait revenir à sa neutralité pour ne pas se laisser entraîner dans ce désastre.

    Car, cette fois-ci, nous ne nous laisserons pas faire.

    1. Qu’entendez-vous par nous ne nous laisserons pas faire ?
      Revenir à la neutralité, est-ce encore possible??
      Bien à vous.

      1. Tout d’abord: exercice des droits populaires (intiative et référendum). Je crois que quelque chose a été lancé sur la neutralité.

        Ensuite, si ceux-ci sont bafoués en invoquant une urgence: désobéissance citoyenne et résistance sous toutes ses formes.

        Le danger c’est le fatalisme. Je m’étonne que la population ne soit pas déjà dans la rue. Car, le coup du méchant Poutine, ça a ses limites: c’est pas un virus mortel qui tue en une semaine et se propage comme la foudre dans votre entourage direct !

        Les gens ne sont préoccupés que par leur sort personnel. Dès que ça va les toucher directement, les choses peuvent s’inverser rapidement. D’ailleurs les politiques ont senti une première ligne rouge: le porte-monnaie ! Le crédit spécial armée-Ukraine a été balayé.

    2. une conscription obligatoire pour les pays européens… mais les pays européens n ont plus d armée dignes de ce nom depuis que la conscription a été supprimée… en tout cas en ce qui concerne la France pour parler de ce que je connais , l ‘ armée de métier sert à aller batailler dans les ex colonies .
      Depuis le chantier de la construction de l’ UE , les idéologues au pouvoir étaient persuadés, et ont persuadé les peuples de notre vieux continent , que l ‘ UE c ‘ est la paix et la prospérité…

      1. L’important, c’est de ne pas faire peur à la grenouille tant qu’elle peut encore sauter de la casserole.

        Macron a déjà rétabli la conscription en catimini il y a plus d’un an dans une mise à jour de la loi militaire.
        Il savait déjà où il voulait en venir. Plusieurs pays de l’OTAN ont déjà rétabli l’obligation de servir (ou sont en train de le faire).

        Tout ça, c’est plié.

        La conscription viendra ensuite via l’OTAN: la loi européenne prendra le relais sur les lois nationales.

        Quand à l’envoi de troupes françaises, elles seront d’abord labélisées « instructeurs » pour rassurer. Mais vu que l’Ukraine manque d’hommes (ceux qui peuvent se tirent à l’étranger), c’est pas des ukraininens qui seront formés mais des « bleus » venant de l’UE.

        J’aimerais me tromper mais tout cela semble trop bien structuré et coordonné pour être un simple hasard.

        Je garde un peu d’espoir car un imprévu est toujours possible. Tout se jouera entre les USA et la Chine. Il est temps que la population se bouge un peu mais il y a un mélange de déni et d’optimisme béat. Les gens ont oublié qu’une guerre, c’est la pire des choses et qu’il faut l’éviter à tout prix.

        1. Je peux vous dire Monsieur- ou Madame- Will D que les jeunes Français ne sont pas prêts à  » mourir pour Kiev » ! .. Quand on observe la démobilisation civique d un grand nombre de Français
          et surtout de jeunes lors de votations…De plus , une grande partie de la jeunesse française est indisciplinée, rebelle ,même violente; quels moyens pour lui faire accepter de « rentrer dans le rang » ? Elle n’a pas été habituée à « marcher au pas »… il y a longtemps que l’école ne lui apprend plus., d’ailleurs elle ne lui apprend plus non plus le patriotisme, l’amour de la Nation.. qui est devenue un gros mot…
          De plus, financièrement cela va coûter « un saladier » , ce qui va augmenter la dette déjà « énôôôrme » ; car ces recrues faudra les loger; les casernes ont été abandonnées, vendues à des entreprises, ou transformées en logement . Je parle de casernes en ce qui concerne le coùt de cette idée marconienne, mais c’est encore une infime partie de l’investissement nécessaire!!
          Je ne suis pas opposée à un « service militaire », au contraire, mais il est trop tard pour revenir en arrière; Chirac a fait une énorme faute en le supprimant en 1995.. 3 ans après avoir dit « oui » au Traité de Maastricht qui assurait aux Français que la « Nouvelle Europe » ne connaitrait jamais plus la guerre….

          1. Les jeunes français sont devenus de doux moutons.

            On l’a vu durant le Covid: pas un seul ne s’est révolté: vaccin et pass sanitaire pour pouvoir continuer à sortir.

            Quand au budget, 413 milliards d’ici sont prévus dans la loi du 2.8.23 de Macron. Un doublement des effectifs est prévu. Une réquisition peut avoir lieu sur simple décrêt du 1er ministre. L’accord d’entre-aide militaire entre la France et l’Ukraine est suffisant pour justifier une urgence.

            Quand aux sanctions pour les réfractaires, elles sont dissuasives !

            C’est plié je vous le dis. En plus, Macron vient d’inviter Zelenski à l’Assemblée Nationale à la veille des élections européennes.

            Tout le monde va filer doux sinon étiquette complotiste et banissement social.

          2. @MARIE-FRANCE
            Il faudrait ajouter qu’un nombre non négligeable de jeunes ukrainiens ne désirent pas non plus se battre pour leur patrie et cela préoccupe beaucoup le Président Zelensky. Certains d’entre eux ont quitté leur pays au début du conflit. Notez que l’on peut tout à fait comprendre ces jeunes hommes qui n’ont pas envie de perdre la vie pour leur patrie. Le Président Zelensky a déjà exprimé à maintes reprises qu’il ne désire pas que des troupes étrangères viennent se battre en Ukraine.

          3. Je ne crois pas que les Français désirent mourir pour l’OTAN. Ni les Allemands. Ni même les Polonais.
            Et je ne crois pas que non plus que les Russes souhaitent mourir contre l’OTAN.
            Et de moins en moins d’Ukrainiens souhaitent mourir – ni pour la Russie, ni contre la Russie.
            Malgré cela, tout est fait pour que la situation en Ukraine dégénère toujours plus.
            C’est donc une forme de maltraitance des gouvernants contre leurs propres peuples – afin que l’Etat d’urgence soit rétabli, maintenant que la crise du Covid est terminée.
            Les gouvernants actuels ne semblent plus capables de gouverner autrement que par l’Etat d’urgence. Chaque occasion est donc entretenue volontairement.
            Les caisses sont vides, avec la récession en ligne de mire. Les idées sont vides depuis longtemps.
            Reste la maladie, la guerre, la stimulation des ambiances de fin du monde – afin de sécréter encore un peu de peur de tenter de faire passer les abus de pouvoir pour des vertus.
            Drôle d’époque.

    3. @WILL Q.
      Le comportement de Monsieur Macron est plus que préoccupant ces derniers temps. Je ne serais en effet pas du tout surprise qu’il profite de la date du 6 juin pour annoncer l’envoi de troupes européennes en Ukraine. J’espère vivement me tromper. En tous les cas, de nombreux observateurs s’y attendent. Certains le redoutent et d’autres que je ne citerais pas seraient très heureux. J’ai écouté ce jour une interview de Monsieur Henri Guaino, homme très cultivé et surtout très intelligent et ses propos ont trahi une certaine inquiétude. Je dois dire que j’ai beaucoup de mal à imaginer que le Gouvernement allemand accepterait d’envoyer des soldats se battre contre la Russie. Mais qui sait ? Toutefois gardons un peu d’optimisme car le président Macron n’a pas du tout l’adhésion de son peuple ni de la plupart des responsables de partis. Sauf erreur plus de 70% des citoyens français sont totalement réfractaires à cette perspective. Bien entendu, Monsieur Macron n’a nul besoin de l’approbation de son peuple. J’espère que l’avenir ne vous donnera pas raison et j’imagine que vous aussi.

  10. Et oui, la date du 6 juin, 3 jours avant les élections européennes tombe à pic pour Macron qui n’a pas saisi l’occasion pour inviter M. Poutine à la commémoration du 80è anniversaire du débarquement en Normandie afin d’ apaiser les tentions. Un nouveau camouflet pour Poutine infligé par des incompétents… Et l’on s’étonne que Poutine se tourne vers l’Asie..
    Monsieur Macron fait semblant d’ignorer- ou peut-être l’ignore-t-il ? -que la grande majorité des troupes nazi étaient sur le front de l’Est ( de juin 1941 à mai 1945 ) au moment du débarquement .. La bataille victorieuse de Stalingrad fit plus d’un million de morts de soldats soviétiques et environs 100 000 civils. Au siège de Léningrad (de 1941 à 1944 ) 800 000 personnes moururent de faim, dont, selon une chaine info , le frère ainé de Poutine. On comprend son obsession à « chasser  » les nazi
    Il me semble que la Russie aurait bien eu droit à ‘être représentée en Normandie le 6 juin prochain.
    Evidemment , l’Europe doit une fière chandelle aux Américains , mais « le front de l’Est » a largement contribué à la réussite du débarquement… Ah.. l’Amérique, l’Amérique !!!!

  11. Beaucoup de dirigeants actuels souhaitent la guerre ici et là pour toute sorte de raison – la première étant sans doute de ne pas assumer les dettes accumulées depuis 20 ans par les principaux Etats.
    Une bonne guerre avec scénario qui prévoit un gros méchant et toutes les conséquences financières seraient mises sur son dos.
    Quant aux dirigeants qui souhaitent éviter l’extension de la guerre vers une guerre mondiale, comme celui de Slovaquie, ils risquent malheureusement de finir assassinés.

    1. @SAMY
      Je partage vraiment votre point de vue mais j’entends tout de même quelques voix discordantes en France comme ailleurs et cela me rassure quelque peu. C’est notamment le cas de femmes et d’hommes politique ou d’observateurs qui ont de l’expérience. Je citerais encore une fois Monsieur Henri Guaino qui s’est exprimé très récemment. Une phrase m’a interpelée que je cite de mémoire : « Lorsque l’on a franchi la dernière ligne rouge, on s’en rend compte lorsque c’est trop tard ». On espère que l’intelligence gagnera sur la bêtise crasse qui a contaminé une bonne partie de la classe politique française.

  12. La propagande anti-Russe se déchaîne dans les medias subventionnés. Elle touche les bas de front qui en font leur grande peur, trop indigents pour réaliser qui sont nos véritables ennemis. Si la science pouvait nous fournir les bombes qui ne tuent que les cons, le monde serait tellement meilleur.

  13. M. Wiil Q. je vous cite :
    « Comparer l’Allemagne nazie avec la Russie, qui était son adversaire, est hors propos. »
    Cependant, que nous apprend l’histoire sur « comparer l’Allemagne nazie avec la Russie est hors propos. »
    Tous les deux étaient des régimes totalitaires, criminels, dont le but était de forger un Homme nouveau et de dominer l’Europe.
    Et que nous apprend cette même histoire sur l’Allemagne et la Russie, « qui était son adversaire » ?
    Que d’août 1939 à juin 1941, l’URSS, en fait la Russie soviétique, et l’Allemagne nazie s’étaient alliées pour se partager la Finlande, la Pologne, les pays baltes, la Bessarabie et la Bucovine du Nord.

    1. L’Allemagne nazie était ontologiquement pire que l’URSS – son idéologie n’était basé que sur la violence, le ré-armement, la guerre, le racisme. La guerre mondiale était la conséquence inévitable du nazisme.
      On ne peut pas en dire autant du communisme, bien que l’URSS se transforma très vite en un régime totalitaire.
      D’autre part, beaucoup en Europe ou aux USA soutenaient le nazisme ou le communisme ou d’autres formes de dictatures.
      Je note que c’est la pensée européenne du XIXe siècle qui a produit toute ces idéologies. Pas celle des autres continents.
      Il ne me paraît également incorrect d’idéaliser les régimes occidentaux de l’époque: la France et la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, le Portugal étaient des empires coloniaux, avec des territoires et populations qu’ils exploitaient sans vergogne dans les colonies, avec des politiques raciales. Idem pour les USA dans leurs rapports avec l’Amérique du Sud ou les populations afro-américaines.
      Plus personne aujourd’hui ne s’en réclame ouvertement, par honte.
      Si l’on veut être honnête, il faut reconnaître cela.
      Enfin, sans le sacrifice soviétique de millions de personnes pour arrêter Hitler, l’Europe serait restée toute entière sous occupation nazie. Sinon, il faut nous expliquer comment Hitler aurait été vaincu sans l’URSS?

      1. De Staline ou d’Hitler, je ne sais pas qui était le pire. Le tort qu’a eu Hitler, c’était d’attaquer la Russie après s’être allié avec elle. Ce n’était pas contre le national-socialisme (en tant que doctrine) que les Russes se sont battus, mais contre leur agresseur et ils ont contribué à la victoire parce qu’ils l’ont combattu jusque sur son propre territoire.

        1. Je n’ai aucun respect pour Staline, qui était un tyran sanguinaire et machiavélique – mais ce n’est pas lui qui est responsable de la 2e guerre mondiale et de ses millions de victimes, avec ses horreurs inqualifiable.
          La responsabilité en incombe en premier lieu à Hitler et à l’idéologie nazie, et à tous ceux qui les ont favorisés (financièrement, idéologiquement, militairement).
          Un déversement de haine absolument inouï dans l’histoire européenne.
          Quant aux soviétiques: si l’URSS ne s’est pas effondrée en 1941 – alors que bien des citoyens soviétiques haïssaient secrètement Staline, – c’est qu’ils ont rapidement compris que Hitler était bien pire.
          Les soviétiques ont donc combattu le nazisme, contrairement à ce que vous affirmez. Ils l’ont fait aussi après 1945, ce qui est moins évident avec les Américains qui ont recyclé quantité d’anciens cadres nazis dans la lutte contre le communisme.
          Le temps passe, et la mémoire du XXe siècle est de plus en plus instrumentalisée par la géopolitique actuelle, comme on le voit aujourd’hui.
          C’est dommage.

          1. Si l’URSS ne s’est pas effondrée en 1941, ce n’est pas parce que les citoyens soviétiques haïssaient Hitler – dont ils n’avaient peut-être même jamais entendu parler – mais parce qu’ils sont de vrais patriotes.

          2. Je vous l’accorde, il y avait aussi une notion patriotique, de défense de la terre.
            L’URSS était un pays multi-ethnique. Il n’y a pas que des Russes qui ont combattu les nazis.
            Petite remarque: malgré le stalinisme, les Soviétiques n’étaient pas non plus des ignares complets. Il y a toujours eu des gens instruits là-bas comme ici.
            D’ailleurs, les Suisses, les Français ou les Américains étaient-ils mieux informés que les Soviétiques sur qui étaient Hitler et Mussolini?
            Quant on lit la presse suisse jusqu’en 1943, on peut en douter.
            C’est uniquement quand la défaite de Hitler devenait inévitable que la Suisse officielle commença à mettre un peu de nuance dans ses communiqués concernant le front de l’Est.
            Il faut se rappeler que la neutralité suisse concernait en premier chef l’Allemagne, la France, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, les USA, etc.
            La Suisse officielle n’était pas neutre avec l’URSS. Elle était foncièrement antisoviétique dès 1918, et l’est restée jusqu’en 1943.
            La Suisse attendit 1946 pour établir des relations diplomatiques avec l’URSS.
            Alors qu’elle n’avait jamais renoncé aux liens diplomatique et commerciaux avec l’Allemagne nazie sous prétexte de neutralité!
            Et, à l’heure, où l’on nous reparle de « neutralité active », il est intéressant de se renseigner sur qui en usa de cette expression en premier:
            ttps://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Pilet-Golaz

      2. M. Samy, si l’Allemagne était peut-être ontologiquement pire que l’URSS, l’ontologie du communisme, même avec l’incantation de Staline inlassablement proclamée « La vie est devenue meilleure, la vie est devenue plus gaie ! » cette idéologie a bien peu à envier au nazisme…
        – La violence : le communisme responsable de 100 millions de victimes dans le monde dont 40 millions en URSS.
        – le réarmement : l’URSS, avec son immense Armée rouge en expansion continue, ressemblait-elle au pacifique Danemark, neutre et sans armée ?
        – la guerre : l’URSS a agressé dans le dos et occupé plusieurs de ses petits voisins…
        – le racisme : certes, rien ne dépasse la Shoah perpétrée par les Nazis, mais les Grands Russes ont toujours regardés de haut leurs cousins petits russes et russes blancs ; ces Grands Russes ont aussi détestés, réprimés, voire déportés leurs voisins finnois, baltes, polonais, tatars de Crimée et autres « peuples punis » du Caucase, donc un certain racisme caché ; le véritable racisme des Grands Russes s’appliquait à l’encontre des nombreux peuples colonisés d’Asie centrale, tels que les Ouzbeks, les Turkmènes ou autres Kazakhs…
        Dans son ouvrage « Terre inhumaine », l’officier polonais Joseph Capski, raconte son voyage en Ouzbékistan au printemps 1942, accompagné d’un sympathique jeune sous-officier soviétique en congé. Le train, était bondé d’Ouzbeks, dignes et silencieux, tous chargés de petits sacs ou de petits paquets attachés dans un mouchoir. Ceux qui n’arrivaient pas à entrer dans le wagon voyageaient accrochés sur les marches. Sous leur portière, s’était installé un vieil Ouzbek, accroupi sur les marches ; il montra son billet par la fenêtre au contrôleur. Soudain, sans aucune raison, le sous-officier ouvrit la portière, tandis que le train roulait à toute allure et se mit à donner des coups de pieds au vieillard pour le jeter à bas du wagon. « Saleté d’Ouzbek, criait-il, fous le camp, fous le camp ! »
        Mais le vieil homme était très fort. Il se cramponna encore plus solidement à la rampe et refusa de se laisser jeter dehors. Il ne prononça pas un mot et ne changea presque pas de figure. Peut-être y avait-il un peu plus de rides aux coins de ses yeux bridés. Mais il fallait voir l’expression de ses yeux !
        Je tentai de séparer mon héros de l’Ouzbek en lui expliquant qu’il n’avait pas le droit de le malmener ainsi, que j’avais vu son billet. Sans faire la moindre attention à moi, mon compagnon continuait à frapper le vieillard…

        1. Vous nous repassez sans aucune critique les théories de Stéphane Courtois, qui ne sont pas faits historiques, mais l’expression de sa vision politique pro-américaine, avec beaucoup d’approximations.
          ttps://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Courtois
          Auteur qui justifiait Abou-Graïb, l’invasion de l’Irak, etc.
          Avec un parti pris si prononcé pour l’oncle Sam, l’analyse de l’histoire est biaisée.
          Les horreurs commises par les soviétiques et le totalitarisme stalinien sont très importantes. Loin de moi l’idée de réhabiliter cette idéologie funeste. Mais cela n’est pas comparable avec le nazisme.
          Comme sont très importantes les horreurs de vos amis américains contre les populations autochtones, contre les esclaves venus d’Afrique, contre les Japonais, les Vietnamiens, les Afghans, les Irakiens, etc. Mais cela n’est pas comparable avec le nazisme.
          Vous faites une fixation essentialiste sur les Russes, qui confine à la mauvaise foi.
          Le racisme existe partout malheureusement – également chez vos amis.
          Et à vous lire, on ne se demande si vous ne pensez pas que les Russes seraient un peuple inférieur aux autres.
          Ce type de pensée ne me semble ni intéressant, ni valable.
          Chacun devrait balayer devant sa porte, le monde s’en porterait mieux.

          1. M. Samy, J’observe la réalité de l’histoire à travers de multiples auteurs, y compris Wikipédia.
            Si M. Courtois vous gène tant c’est probablement parce qu’il vient du communisme et qu’il a eu le courage de le dénoncer, alors que certains continuent à y prêter foi.
            Le nazisme n’est certes pas comparable au communisme, j’ai dénoncé plus souvent qu’à mon tour la « solution finale » dans des milieux conservateurs qui préféraient regarder ailleurs, mais les conséquences de ces deux idéologies totalitaires, mortifères, sont cependant assez semblables dans l’espace et le temps, sauf que le nazisme est aujourd’hui proscrit, tandis que le communisme a toujours droit de cité dans nos démocraties et qu’il est encore au pouvoir dans quelques pays, et pas des moindres.
            Je n’ai pas des « amis américains » mais des amis démocrates de tous pays…
            Si vous faîtes une fixation sur l’oncle Sam, comment ne pas en faire aussi une sur l’ours russe, à l’heure de l’agression de la Russie contre l’Ukraine et des menaces grandissantes de Poutine contre les démocraties et l’Occident ?
            Bien à vous.

          2. Votre lecture de l’histoire, comme celle de Stéphane Courtois est toute façonnée par votre opinion politique très arrêtée.
            Et je me demande si ce type d’approche à charge est finalement très différente de ceux qui pensent que Poutine va sauver le monde.
            Poutine est certes un personnage politique effrayant, mais il n’est pas le seul dans notre monde actuel de plus en plus inhumain et réducteur.

    2. C’est bien, vous avez commencé à consulter des bouquins.

      Alors ne vous arrêtez pas au traité de non agression de 1939 de Molotov et continuez à lire jusqu’en 1945… vous saurez alors qui combattait en Ukraine et en Crimée contre les nazis en 1942.

      On considère que la Russie faisait partie des alliés. Rappelez-moi d’ailleurs quel était la position de l’Italie et du Japon ?

      Le fond de ma pensée est assez clair: l’amalgame qui est fait par la propagande actuelle pour faire passer la situation actuelle de la Russie à celle de l’Allemagne nazie pour justifier une entrée en guerre est intolérable.
      Je ne trouve d’ailleurs pas plus tolérable que la Russie utilise ce terme pour justifier son agression de l’Ukraine.

      La doctrine nazie a été une horreur absolue et unique en Europe.

      La situation géo-politique entre la Russie actuelle et l’Ukraine n’a rien à voir.

      Cela n’excuse pas l’agression de la Russie mais ne permet par des comparaisons malsaines.

      1. M. Will Q. Vous êtes certes très bien informé et soulevez des questions intéressantes, pourtant la suffisance n’aide en rien la crédibilité.
        On peut aussi comprendre l’histoire sans être universitaire.
        Ainsi, j’ai lu des milliers de livres et ma bibliothèque compte des centaines d’ouvrages d’histoire.
        Si vous êtes si sûr de vos affirmations, pourquoi vous cacher derrière un pseudonyme ?
        Et je me répète, l’agression de la Russie en Ukraine pousse certains à une posture munichoise, céder des territoires et sacrifier un pays pour avoir la paix…
        Refuser cette alternative n’est pas entrer dans une guerre offensive, mais résister efficacement.

        1. Résister efficacement, c’est sûrement exactement ce que se dit Monsieur Poutine !!
          ps, non , je ne suis pas collabo ou autre chose de tel. Juste objectif !
          Cordialement.

  14. ttps://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/DESCAMPS/59053
    Quand la Russie rêvait d’Europe
    « L’OTAN ne s’étendra pas d’un pouce vers l’est »
    Quelques extraits pour ceux qui n’auraient pas envie de lire tout l’article :
    « Ils nous ont menti à plusieurs reprises, ils ont pris des décisions dans notre dos, ils nous ont mis devant le fait accompli. Cela s’est produit avec l’expansion de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord [OTAN] vers l’est, ainsi qu’avec le déploiement d’infrastructures militaires à nos frontières. » Dans son discours justifiant l’annexion de la Crimée par la Fédération de Russie, le 18 mars 2014, le président Vladimir Poutine étale sa rancœur envers les dirigeants occidentaux. »
    « Le 10 février 1990, Kohl vient à Moscou pour rassurer M. Gorbatchev : « Nous pensons que l’OTAN ne devrait pas élargir sa portée, assure le chancelier d’Allemagne occidentale.  »

    « Rien n’avait été couché sur le papier. Ce fut une erreur de Gorbatchev. En politique, tout doit être écrit, même si une garantie sur papier est aussi souvent violée. Gorbatchev a seulement discuté avec eux et a considéré que cette parole était suffisante. Mais les choses ne se passent pas comme cela ! » ( « Conversations avec Poutine * de (Oliver Stone Albin Michel )

    1. Merci Madame, de relever ce fait. Rien n’avait été couché sur le papier en effet et la confiance de Monsieur Gorbatchev était fautive.
      Bien à vous.

      1. Oui Gorbatchev a fait preuve de naïveté..trop confiant.. en matière de politique faut se méfier.. même de ses amis..
        Je crois l’avoir dit dans un autre billet de Mme Sandoz, la réunification de l’ Allemagne , l’ OTAN étant en embuscade, faisait peur non seulement à Gorbatchev mais aussi à la France et à la GB.. mais l’ OTAN, c a d les USA ont dit : non non soyez tranquilles, on ne s’ étendra pas vers l ‘ Est …

  15. « La guerre à l’Est a eu pour vainqueur l’Union soviétique. Le rappeler? A l’heure où la Russie redevient pour nous le diable sur terre, on peut s’en passer. Et puis, rendre à l’adversaire la justice qui lui est due, cela ne se fait plus.
    Naguère , cela se faisait.
    Le président Kennedy :  » Aucune nation n’a autant souffert que l’Union Soviétique au cours de la seconde guerre mondiale. » (Juin 1963 )
    Le général de Gaulle dans une lettre à Joseph Staline :  » La glorieuse Russie et vous-même avez mérité la reconnaissance de l’Europe tout entière » ( mai 1945) Laissons. Et oublions l’Armée rouge stoppant la Wehrmacht à Stalingrad, la démontant à Koursk, puis allant annihiler le Reich à Berlin. Oublions l’héroïsme des multiples peuples soviétiques, leu sacrifice (entre 26 et 29 millions de morts ) leur rôle décisif dans la destruction de l’aigle national-socialiste.(…) La Russie n’est pas invitée au 80 è anniversaire du Débarquement. Dans les cérémonies du 6 juin, l’Allemagne a droit depuis longtemps à tous les égards.. Hum. Pareil cette année pour l’Ukraine.Hum! Pourquoi pas ? L’Occident a beaucoup ironisé sur les régimes communistes et leur propension à réécrire l’histoire. Cette manie gagne aujourd’hui le Paradis atlantiste. Soit! Seulement sauf à brûler toutes les archives, c’est ainsi : l’humanité a une dette envers tous ceux qui ont combattu le nazisme. Russes y compris »
    ( extraits d’un article paru dans le quotidien La Liberté, le 6 juin et intitulé : Là où les Russes n’y sont pour rien »)

    Je rajoute mon grain de sel : Macron, un gamin ignare à l’égo démesuré, en ignorant la Russie, a fait une faute qui aura des conséquences graves sur la suite de l’Histoire.

    1. Madame Marie-France, si l’on ne peut oublier que l’URSS a bien supporté l’essentiel de l’effort de guerre en Europe, il faut tout de même préciser les chiffres que vous rapportez de La Liberté.
      Ce sont environ 9.5 millions de combattants soviétiques tués au combat sur le front européen, plus 3 millions de prisonniers de guerre morts dans des camps, auxquels s’ajoutèrent plus de 7 millions de victimes civiles, dont les Juifs, les victimes collatérales du chaos de la guerre et les ennemis internes des territoires nouvellement conquis en Union soviétique occidentale.
      En outre, 2 millions de soviétiques sont morts sur le front d’Extrême-Orient.

      1. Monsieur Tissot, ce soir sur ARTE, un film documentaire « Les usines de Staline face aux armées d’Hitler »,
        film qui confirme les chiffres que je donne : quelques 20 millions de morts chez les militaires soviétiques et 11 millions chez les civils….

        1. Madame Marie-France, en effet le nombre de morts militaires soviétique est, aujourd’hui, revu à la hausse, bien que les chiffres officiels varient encore entre 8,7 et 22 millions (si l’on compte les blessés et les malades irremplaçables).
          Ma phrase sur les « 2 millions de soviétiques morts sur le front d’Extrême-Orient » est fausse,
          c’est une mauvaise interprétation, car très peu de soldats soviétiques sont morts au combat en Extrême-Orient, seulement 12.000 pendant la guerre de Mandchourie en 1945.
          Ma phrase erronée se rapportait aux prisonniers de guerre soviétiques qui, en plus des 3 millions morts dans les camps allemands, concerne les 2 millions PG libérés par l’Armée rouge ou renvoyés de force en Union soviétique par les Alliés de l’Ouest après la guerre. Ces PG de retour en URSS furent nombreux, entre 1 et 2 millions, à être exécutés ou déportés en Sibérie où ils moururent dans les camps du Goulag « car la reddition était interdite au soldat soviétique, considéré comme coupable de haute trahison s’il était capturé par l’ennemi ».
          En été 1945, même la Suisse a renvoyé en URSS, où les attendait un sort funeste, 10 000 réfugiés soviétiques, dont les 1800 militaires évadés et accueillis au Palais de Beaulieu en avril 1945… (La Liberté, 22 septembre 2013)

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