La grève des services publics ou l’art des prises d’otage

A quoi servent les services publics ? A accomplir pour les citoyens les tâches que ces mêmes citoyens ont demandé dans la loi aux pouvoirs publics d’accomplir au moyen des impôts payés par ces mêmes citoyens.

Conséquence : quand les services publics font la grève, ils prennent en otage les citoyens qui n’y peuvent « mais » pour faire plier les autorités. La grève des services publics est fondamentalement un acte lâche. Ce sont les otages qui en souffrent le plus car eux n’ont pas de moyen de forcer les autorités à changer d’avis, sinon par un referendum éventuel ou les élections (moyens également à disposition des citoyens membres du service public, mais non pas à la disposition d’éventuels membres non citoyens qui deviennent alors de simples traitres au pays qui les abrite). L’inconvénient c’est que ces moyens ne sont que très rarement efficaces dans l’immédiat qui seul intéresse les grévistes.

Ce qu’il y a de particulier en outre, en ce qui concerne les otages, c’est que ce sont souvent  des personnes en état de faiblesse : les malades dans les hôpitaux, les enfants et les adolescents dans les écoles. Même si des grévistes font en sorte d’assurer un « service minimum », pendant la grève, les soins vont être moins bons, voire défaillants et des élèves  laissés sur le carreau s’inquiètent du retard pris sur le programme annoncé en début de trimestre et craignent la surcharge d’un  rattrapage nécessaire voire l’échec en  relation avec des carences.  Enfants et adultes peuvent voir leur programme totalement chamboulé. Et on ne parle pas de l’exemple catastrophique que les enseignants en grève donnent à leurs élèves. Qu’ils ne se plaignent pas, après cela, ces mêmes enseignants, de l’indiscipline croissante de leurs élèves qui ont évidemment « compris la méthode » !

Tristes services publics qui  font la grève !

 

18 thoughts to “La grève des services publics ou l’art des prises d’otage”

  1. Chère Madame,

    Merci pour ce billet. D’ordinaire je serais plutôt d’accord avec votre constat: un employé n’a pas à prendre sa clientèle en otage pour obtenir une augmentation de salaire.

    Mais le contexte est un peu différent et je pense que les fonctionnaires et la population ont ce qu’ils méritent.

    C’est un peu brutal ? …alors je m’explique.

    La RST, notre cher média national au service du citoyen, nous apprend que: « Les comptes du canton de Vaud ont plongé dans le rouge en 2024 avec un déficit de 369,2 millions de francs. Pour la première fois depuis 22 ans, des mesures d’assainissement doivent être prises, à hauteur de 94 millions. »

    Mais il est aussi dit que: « Les charges ont dépassé la prévision budgétaire de 568 millions de francs (+4,9%). Un écart dû principalement par les mesures prises en lien avec les crises en Ukraine et énergétique (+226 millions). Ainsi que l’asile hors Ukraine à hauteur de 83 mio. »

    Et, vu que les finances ont commencé à se degrader nettement dès 2020, on peut y ajouter la gestion hystérique de la crise Covid et la dette qui en résulte (fermetures, aides, traitements, report de soins sur les années suivantes, etc).

    Ainsi, la Covid, la transition énergétique et la guerre en Ukraine expliqueraient pourquoi il faut couper ailleurs et que les fonctionnaires en souffrent.

    Or, la Suisse, contrairement à l’Europe dispose du droit à l’initiative et au référendum.

    Durant la Covid, le peuple a confirmé à 3 reprise qu’il était ravi de dépenser inutilement (y compris pour des traitements qui sont partis à la poubelle).

    Puis, les partis qui, d’ordinaire, ne sont pas des grands supporters des dépenses militaires, se sont mis à traiter des partisants de la paix de « traitres-pro-Poutine-platistes-antivax-extrêmistes » (c’est très lourd à porter). Oser remettre en question les status S qui se promenaient en 4×4 BMW faisait de vous un hérétique.

    Alors peu de partis ont osé lancer des référendums.

    Quand à la crise climatique, elle a surtout fait augmenter massivement le prix de l’électricité qui devait remplacer les énergies fossiles (cherchez l’erreur).

    Là aussi, le citoyen a accepté pour sauver la planète qui brûle.

    Alors, aussi bien les fonctionnaires, les partis politiques et la population ont accepté indirectement que ces coupes se fassent dans les rares postes qui restent.

    Les Suisses, d’ordinaires plus mesurés et neutres, ont visiblement décidé que participer à massivement aux efforts de guerre qu’ils soient sanitaires, géopolitique ou énergétiques.

    Il faut maintenant vivre avec les conséquences de nos choix.

    1. Je rejoins parfaitement l’analyse d’Odette quant aux causes des déficits publics: gestion calamiteuse de la crise Covid, délire des dirigeants européens et suisses dans le conflit ukrainien et «  intégrisme » écologique dans le cadre du réchauffement climatique. Je dis ceci tout en étant de base de sensibilité ecolo- centre gauche, mais de plus en plus critique envers la pensée dominante actuelle!!
      P.Flouck
      P. Flouck

      1. @Dr Pierre Flouck: ce qui m’amuse le plus, c’est l’octroi du titre « Dr honoris causa » à l’individu le plus faux et le plus suspect, également massivement responsable de la gestion calamiteuse de la crise Covid…….
        A l’extrême opposé de la publicité politico-médicale, les vrais professeurs, spécialistes dans divers domaines pointus, n’ont pas besoin du titre honoris causa pour publier dans des journaux médicaux avec politique éditoriale très stricte/sévère ….. et facteurs d’impact extrêmement élevé.

        Les motifs de mon exemption vaccinale définitive sont comme un diamant brut très bien et très discrètement protégé, via plusieurs méthodes (on ne sait jamais ….il y a tellement de mauvaises langues dans mon cher pays). eab

    2. D’accord sur la mauvaise gestion du Covid et de la crise énergétique et ses conséquences réelles, mais je n’ai pas l’impression que les citoyens soient vraiment aux manettes pour ces décisions.
      Donc rendons à César ce qui appartient à César.
      Ce sont les parlementaires qui sont les premiers responsables de leurs actes législatifs et l’Etat de la propagande organisée, avec l’aide de la télévision et la proclamation continue de l’urgence absolue.
      Bien évidemment, la population pouvait théoriquement s’opposer. Théoriquement.
      Mais c’est dur de tenir avec des arguements rationnels, quand l’autre bord utilise constamment l’argument de l’apocalypse et du complotisme et refuse de débattre rationnellement et publiquement.
      Qui s’est opposé au Parlement?
      A part quelques caricatures de l’UDC, et encore.
      Sans parler du manque de transparence des organes de décision.
      Donc devant un tel spectacle de démission, en l’absence quasi totale de débat public et médiatique, c’est un peu trop facile d’apparenter la conséquence de choix parlementaires et administratifs (et médiatiques), comme un choix de la population.
      Non, c’est un choix qui vient d’en-haut!

      1. Nous avons voté sur le Covid, Et le bon peuple a accepté à plusieurs reprises. Il s’est même déchaîné contre les complotistes-antivax. Peut-être par bêtise mais cela ne change rien: on n’a que ce qu’on mérite.

        Dans le cas du Covid, il y avait la peur, l’inconnu et la sidération au début. On pouvait comprendre.

        Mais le bon citoyen a récidivé sur l’Ukraine et le climat en parlant de Poutine et de Trump à longueur de journée qu’on leur a tendu comme pretexte à l’acceptation d’autres absurdités. Et là, il n’y a ni peur ni d’inconnu. C’est de la pure bêtise ou le besoin de se placer dans le « bon » camps.

        Et, grâce à la démocratie directe, le peuple a un contrôle sur le parlement.

        Bien sûr que le peuple est influencé par les médias et les « élites » mais ce sont bel et bien la bêtise ou la lâcheté qui nous amenés dans cette situation. Car de nombreuses personnes ont compris mais ont peur d’être exclues socialement ou de perdre certains privilèges.

        Etre libérale, c’est être adepte de la liberté indiduelle et l’auto-determination. Aucun choix ne vient d’en haut. L’Etat ne pense pas à ma place pas plus que ses rélais dans les médias. Cela implique d’accepter les conséquences quand on s’est trompé: on va pas se plaindre.

        Alors, ceux qui sont très content que l’on dépense des milliards sur l’Ukraine (socialistes et écolos en tête) n’ont qu’à assumer qu’on dégarnisse ailleurs.

        1. Vous ne pouvez pas mettre sur un même plan des preneurs d’otages et des victimes.
          Cela ne tient pas.
          Tromper sciemment avec l’appui de la force de l’Etat, des institutions et des médias, c’est une autre situation.
          Une situation dans laquelle la démocratie elle-même est en danger, tout comme les droits fondamentaux.

          1. Je pense que vous m’avez comprise sur le principe: on ne paie pas ses ravisseurs.

            L’attitude de la gauche sur ces dossiers me rappelle le très vieux film avec Belmondo qui met en scène un milliardaire déprimé qui paie un tueur à gage pour l’éliminer car il s’ennuie. Il finit par réaliser alors que la vie est la chose la plus précieuse.

            Traduction: la gauche a oublié que son premier combat, c’était les inégalités sociales et la population. Elle s’est lancé dans des centaines de combats qui vont de « la transition de genre (obligatoire ?) pour tous » à « vive le guerre et les dépenses militaires » en passant par « Merci Pfizer » (sur un air de Merci Patron) et le financement des « vendeurs de tapis » anticarbones. Il est temps que chacun reprenne sa place dans l’échiquier politique car les gens sont un peu perdus.

            Ce qui met en danger la démocratie, c’est la corruption car elle finit par détruire tous les contre-pouvoirs. Et elle sévit aussi bien à gauche qu’à droite (en passant par le centre).

          2. Nous sommes d’accord sur la corruption et ses résultats, peu importe les partis.
            Pour le reste, quand une personne est violée, il lui faut parfois des années, voire décennie pour appréhender ce qui s’est déroulé. La personne passe par la stupéfaction, l’oubli, le déni, la colère, etc. C’est un long processus, avec des retours en arrière.
            Il en est de même pour une collectivité qui subit un traumatisme (guerre, terrorisme, Etat d’urgence, etc.).
            Donc, votre approche de mettre la responsabilité principale sur les victimes me semble tout à fait déplacée.

          3. Drôle de comparaison: un électeur de gauche qui continue à soutenir un parti qui fait n’importe quoi, c’est assimilable à un viol ?

            Le viol est une chose bien trop grave pour faire une telle comparaison,

            Moi, j’appelle cela tout simplement de la bêtise et malheureusement ça peut conduire au pire.

            Et quand l’Etat demande de franchir certaines lignes rouges, il faut donner tort à Milgram et exercer son devoir de désobéissance. Rappelons que dans l’histoire de nombreux tortionnaires n’avaient pour défense que l’argument du « je ne faisais qu’obéir aux ordres ».

            Et c’est en train de se reproduire sur des animaux en France actuellement. Prélude au pire quand on parle de sacrifier les enfants pour la patrie prochainement ?

          4. La bêtise, elle existe certes.
            Mais existe aussi l’abus de pouvoir et la manipulation, qui est actuellement très orchestrée pour fabriquer des personnes soumises ou révoltées.
            Donc, avant d’affirmer que le « bon peuple » n’a que ce qu’il mérite, il faut s’assurer d’avoir bien décrit la situation.
            Et votre description de ce qui s’est passé ces dernières années ne correspond pas à ce que j’ai vécu.
            Effectivement, je considère que la trauma collectif que nous avons vécu durant le Covid s’approche d’un viol.
            Pour les éleveurs en France, c’est un nouvel exemple de prise en otage d’une population en difficultés par un l’Etat qui abuse de ses prérogatives avec pyromanie.
            Résister n’est pas si simple, car l’Etat a le monopole de la force et peut facilement amener vers la ruine des personnes sédentaires qui dépendent de ses subventions.
            D’autre part, l’Etat utilise aussi ces images terribles pour décourager toute forme de résistance dans la population en général. C’est comme demander à tous d’être des témoins passifs face à cette violence inacceptable.
            Donc voilà ma description de la situation.
            Quant à la réaction de survie, elle sera là, quand les personnes auront pris conscience de ce qui se passe. Le plus tôt sera le mieux, mais c’est un travail qui prendra un certain temps.
            Nous vivons une époque pénible, mais à la fin, la vie finit toujours par l’emporter!

      2. Pourquoi » quelques caricatures de l’ UDC ».. Pourquoi caricatures ? Vous regrettez qu il n y ait pas eu d ‘ opposant au Parlement..et  » en même temps » vous vous moquez des seuls qui ont eu le courage de le faire.. faudrait savoir !!!???

        1. Parce que, à ma connaissance, personne n’a fait preuve de courage au Parlement fédéral.
          Personne.
          A la limite, le courage était chez les citoyens qui ont fait le travail dans la rue pour que l’on vote.
          Mais cela ne suffit pas pour obtenir 50% des votes.

      3. @Samy: par rapport au Covid (et aux délires officiels qui ont méchamment contaminé la population), il fallait immédiatement alerter et en toute discrétion quelques professeurs issus de quelques spécialités pointues. Et donc obtenir très vite des écrits par rapport aux doutes et réserves puis des exemptions vaccinales pour 1. ne pas devenir un cobaye pour la « science » et 2. ne pas augmenter encore et encore les réserves financières des Pharmas.

        Les parlementaires: je garde la conviction que c’est une occupation pour celles et ceux incapables de trouver un vrai travail (utile si possible). Le parlement est donc rempli d’étranges individus dont il ne faut jamais croire la moindre parole ni adhérer à la moindre prise de position. D’ailleurs, si nous suivons les discours des uns et des autres, mais aussi les siestes impromptues en sessions, on remarque vite toutes sortes de contradictions. Donc le Parlement reste (pour moi) un grand supermarché d’idioties et de bêtises. Et perso, je trouve qu’aller au supermarché est une réelle perte de temps & d’énergie.

        Manque de transparence des organes de décision = Maladie incurable, sans espoir en Suisse. Dès que nous recevons des lettres officielles de Berne, il est très facile de démontrer les contradictions au fil du texte, dont les rédacteurs(trices) ne se rendent même pas compte ! Un comble mais c’est la Suisse qui est hélas devenue « vite fait mal fait » plutôt que « fait correctement mais plus lentement ».

        NB: trouver les contradictions dans les textes officiels, c’est très amusant, mais cela prend du temps !

        Au plaisir de vous lire. eab

  2. Que des écoliers, parents d’élèves, et autre usagers des services publics et parapublics soient pris en otages par des grèves à répétitions est une situation inadmissible, se rapprochant des dérives de nos voisins français.
    S’il est nécessaire que l’État fasse quelques économies, chacun doit faire sa part, et l’effort demandé aux fonctionnaires est tout fait raisonnable.

    1. Absolument dd votre avis! Je ne supporte pas que l on se serve des élèvent pour manifester, alors que la plupart d entre eux ne savent même pas la réalité du pourquoi ils manifestent.. en plus faire  » comme les Francais » c est être  » dans le coup » c est valorisant.. moderne !!

    2. @Pierre-Alain Tissot. Tout à fait d’accord avec vous pour 1. Dérives si typiquement françaises et 2. Petit effort. Situation vraiment inadmissible en Romandie à cause de ces agitateurs-influenceurs indignes venus d’ailleurs.
      Car nous avons d’une part cette épouvantable et endémique influence française mais aussi, d’autre part, ces mauvaises manières systématiques au travail qui sont, hélas, exportées chez nous depuis bien trop longtemps (laxisme extrême, horaires jamais respectés, tricheries sur les gardes, dérives langagières, faux arrêts de travail, pour ce citer que la pointe de l’énorme iceberg) et qui empoisonnent tout.

      A noter que j’ai supporté tout cela durant des décennies à Genève avant de prendre des décisions drastiques, juste pour pouvoir travailler normalement, positivement (presque « sainement » disons-le carrément) et selon les habitudes helvétiques qui me sont chères. Car, à un moment donné, devoir toujours remplacer ces « pirates » qui ne veulent pas respecter nos méthodes et rigueur suisses tout en touchant de (trop) gros salaires, ce n’est plus possible.

      Et pour l’éducation et les études (sérieuses, sans grèves et/ou « agitations » universitaires stériles) de ma progéniture, quitter définitivement Genève puis la Romandie resteront les meilleures décisions que j’aie prises. Avec un résultat bien au-delà de mes espérances. eab

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